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I. <S78) CONFLIT AVEC LA SEIGNEURIE

lier que ces Huil et leurs assistants se réuniraient au lais de la seigneurie et que toute délibcralion des scileurs leur devrait être soumise avant de l'élreaux coljes et aux conseils. Si énorme que fût la prétention, s seigneurs ne crurent point qu'ils la pussent dédailer : ils n'étaient pas sur un lit de roses. Ils envoyèrent i couvent dominicain deux négociateurs qui en furent mv la honte ^ Mal accueillis, on leur fit attendre deux îures une audience, et ils durent s'en retourner comme j étaient venus. L'insurrection ne discutait pas, elle ctait ses lois.

Très-vif en était le dépit des seigneurs. — Allez aux uit de Santa Maria Novella! — disaient-ils imprudementà Bartolommeo de San Séverine, qui les harcelait )ur leur faire accepter ses services*. Aveugles qui ivoyaient à des gens suspects de vouloir un maître iventurier qui rêvait de tyrannie! Après l'imprudence,

faiblesse. C'est dans l'ordre : par l'une on croit répa- T l'autre. Le 29 août, devaient, selon l'usage, être tirés }s bourses neuf noms pour une nouvelle seigneurie, ir Michèle de Lando et ses collègues n'avaient été nomlés que pour tenir la place de celle qui s'était dispersée 3vant l'émeute, jusqu'au jour où expireraient ses pou- )irs. Mais que dirait l'émeule si le sort ne désignait as ses préférés? Infailliblement elle contesterait la sin- M'ité du tirage. C'est pourquoi l'on crut devoir, contre iules les règles, opérer sur la place, pleine de gens rmés. Aussi à chaque nom qui sortait des bourses, l'asstance exprimait-elle son approbation ou son blâme.

Mardi, de Coppo (X, 802) dit deux des Huit de la guerre; Ammirato lIY, 75a) deux consuls ou artisans.

* Narch. de Coppo, X, 802.

282 TffiAGE AU SORT DES OFRCES. (As. i57S)

— Bon ! bon ! — ^ s'écriaient des voix par centaines, ou:

— Nous ne le voulons pas; déchirez-le! — El cela, souvent par caprice, sans seulement connaître celui dont le nom était proclamé*. L'opération par là prolongée dura ainsi tout le jour. Quelque régularité parait toutefois dans ce pêle-mêle : chacun des trois groupes d*arts obtint les trois prieurs que lui attribuait la provision récemment adoptée. Le seul privilège nouveau qu'emporta le menu peuple, grâce à ses tumultueuses clameurs, c'est qu'on prit dans ses rangs le gonfalonier de justice*. Ce n'était pas, il est vrai, peu de chose. Dans cet officier, jadis le dernier des prieurs et comme leur instrument, on s'habituait, surtout depuis que Salvestro en avait occupé le poste, à voir le chef, sinon nominal, au moins effectif et permanent de la seigneurie '.

Par le tirage au sort des prieurs et des gonfaloniers de compagnies ^, les pouvoirs publics n'en avaient pas moins repris quelque vigueur. Il semblait que la force initiale de ceux qui allaient entrer se communiquât à ceux qui allaient sortir. Les Huit de Santa Maria Novella qui venaient de peser sur l'élection ne s'opposaient pas

< March. de Coppo, X, 803 ; Ammiralo, XIV, 733.

* « A cui era toccalo per furia e volontà il gonfaloniere di giustizia. » (March. de Coppo, X, 805.) Voici les noms : Agnolo Tigliainochi, lanajuolo; Michèle Carelîi, tonnelier; fienincasa de Francesco, tondeur de drape; Giovanni d'Ugolino, forgeron; Taddeo de Neri, brodeur; Giovanni de Donienico, cardeur; Domenico de Gilio, marchand; Francesco de Michèle, forgeron ; Bartolo de Jacopo, dit Baroccio, cardeur, gonfalonier de justice. (March. de Coppo, X, 8u3.)

3 Les listes ofiicielles continuent à donner au gonfalonier le dernier rang parmi les prieurs ; mais les auteurs contemporains conunencent k le mettre au premier. Voy. d*une part March. de Coppo, et de Tautre le Diario (Tanonitno.

^ Voy. la liste d'après le priorista authentique dans les Delizie^ etc., XV, ^5.

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