SES SENTIMENTS ITALIENS
pcndance', il leur adressait de plates flatteries, il acceptait d'eux des missions à l'étranger*. L'affection, le patriotisme de Boccace en souffraient. Il n'admettait pas que l'injustice même des pouvoirs publics fît oublier à un Florentin les dangers que Tarchevêque de Milan faisait courir à Florence'. 11 devait peu goAter la banale excuse de Pétrarque, alléguant que la tyrannie d'un homme est préférable à celle d'un peuple, et qu'il se trouvait suffisamment libre auprès des Visconti*. Ainsi parlent, dans tous les temps, les âmes courtisanes, à qui manque le sens de la liberté.
On veut pourtant voir dans le poète un patriote. On allègue qu'indifférent au clocher, il avait une notion plus large de la patrie, et qu'il l'étendait à l'Italie entière'. Sans doute, ses écrits de langue latine, et môme de langue vulgaire, font paraître un cœur italien ; mais il n'y a dans ce cœur que découragement et incohérence'. C'est pour la forme qu'il frappe à toutes les portes, qu'il va de Cola le tribun^ à Robert le monarque',
« 5em7.,XVI.2
• Voy. FamiL, I, 3; IV, 6; XIX, 3, 12; XXH, 14; Senti., II!, 1 ; X, 2, 15; XI, 8.
» Baldelli, Yila del Boccaccio, 1. I, p. 51 ; Flor., 1806, 1 vol in-8\ ^ fl Persuade tibi me hactenus dum durissimo etiam jugo subditus riderer,
libcrrimum semper hominem fuisse.... Pâli hominem credo facilius quam
tyrannum populum. • (SeniL, VI, 2, p. 807.)
• Voy. Botta, lettre publiée dans VArch. $tor., nuova série, t. I, p. 76 ; Fracasselli, III, 482 ; Capponi, I, 316. — « Cum nec hominem dedeceat humanis, nec italicum ilalicis malis tangi. » (FamiL, XIV, 5. Frac, U, 295.)
« U déclare mortelles les plaies qui couvrent le beau corps de Tltalie. (Canzone 4, Italia mia, édit. Lemonnier, p. 450.)
» Famil. Appendix liltcrarum, cp. 2 (Frac, III, 504); Variarum, 58 (Frac, Uï. 400).
• Famt/., III, 7 (Frac, I, 151).
niST. DB FLORENCE. — V 26