LES CHRONIQUEURS
quants témoigne d'un esprit élevé et curieux, quoique morose et trop ami du passé. Sismondi le loue trop sans aucun doute* ; mais il mérite d'être loué. Filippo, son ûls, qui essaye de le continuer, est bien le troisième de la race, par le mérite comme par l'âge. C'est d'ailleurs en langue latine qu'il écrit la vie des Florentins illustres, où quelques maximes générales, quelques brèves leçons de politique montrent dans Tenfance la philosophie de Machiavel*. Le texte italien de cet ouvrage n'en est qu'une traduction inGdèle. Mais en somme, dans une certaine mesure, Filippo Villani est encore un écrivain; aux autres chroniqueurs on ne saurait guère donner ce nom. Donato Velluti, très occupé des petites choses, n'a de prix que parce qu'il tente d'introduire la diplomatie dans la chronique, et qu'il y représente la bourgeoisie d'origine inférieure, de condition moyenne, que dédaignaient trop les Villani. Marchionne de Coppo, qui est de même condition, fut trop mêlé aux affaires pour n'être pas sérieusement utile; mais il manque de clarté, de bonheur dans l'expression, et, pour tout dire, de talent. Lucade Panzano, Simone de la Tosa, Goro Dati, Giovanni Morelli, ser Naddo, l'anonyme du Diario n'en sont pas moins dépourvus, et s'il y a de la vivacité dans les souvenirs personnels de Buonaccorso Pitti, la vivacité sufQt à faire lire, non à faire admirer.
Plus lettrés sont les clercs. Quand ils daignent user de la langue vulgaire, ils font beaucoup pour ses progrès. Dans un précédent volume nous avons nommé
« Hist. des Rép. ilal, IV, 349.
* Yoy. Gebhaii, les Origines de la Renaissance en Italie^ p. 360. Paris,
ISTÎ).