REPOUSSE DU TERRITOIRE
, avec licence de chevaucher partout» sauf sur les ires pisans ^
e licence ne lui devait guère profiter. La vanité ivades, l'inaction prolongée, avaient rendu le cœur )pulations. Quand la neige eut fondu sur le sol, Sterz et les siens partirent en expédition vers Lamporecchio , Garmiguano, Mentale, lieux (, abondants en vivres. Repoussés par les habitants, liaient l'étroit défilé du val de Marina pour pénéins leMugello; mais, informés que quinze cents mi en armes les y attendaient de pied ferme, ils ssèrent chemin par Seravallc, ayant perdu plus is cents des leurs. Le doux ciel de la Toscane les I sitôt amollis? Pise le crut sans doute, car elle ivec enthousiasme (15 mars 1364) les trois mille de Bongart qu'envoyaient les Yisconti, en paix, i, avec le Montferrat et l'Église *. Forte dès lors de le chevaux, la guerre semblait devoir lui sourire; se tenant pour vengée, elle ne pensait plus qu'à i. Elle avait obtenu d'Urbain V, successeur d'In- YI *, l'envoi d'un légat, Marco de Viterbe, géné- \ Franciscains, chargé de la procurer.
Tilkni, Xr, 79.
II, 81, 82. Cette paix est du 3 mars 1364. Les Visconti renonioutes leurs prétentions sur Bologne et le Bolonais, mais en exigeant neot d'Albornoz. Voy. Cron, d'Orvieto, R. I. S., XY,686; Cron. I. S., XVIII, 473; Ghirardacci, 1. XXIV, t. Il, p. 274. cent YI était mort le 12 septembre 1362. Le 31 octobre suivant, Te avait proclamé Guillaume Grimoard, des seigneurs de Boureou I Languedoc, abbé de Saint-Victor de Marseille, bénédictin et non Igé de soixante ans, honnête, religieux et d*esprit pratique. Il orence quand son élection fut décidée. On la tint secrète jusqu'à Rkt arrivé en Avignon. C'était le sixième pape qui résidait dans 8 achetée à Jeanne de Naples, comtesse de Provence. Yoy. M. Vilcconi, Reumont, Sismondi.
43 NÉGOCIATIONS POUR LA PAIX. (Ah. 156i)
A ses ouvertures Florence ne ferma point l'oreille; mais elle voulait des conditions avantageuses et se défiait des Pisans. Un conseil des richiesti fut réuni, auquel prirent part plus de mille citoyens. L'usage s'élablissait de ces assemblées, qu'on ne peut plus appeler conseils, tant elles sont nombreuses, mais qui, Tétant moins qu'un parlement, devaient être plus propres aux délibérations politiques. C'était d'ailleurs le choix, non le hasard, qui en désignait les membres. Un des prieurs exposa l'état des choses. Il fit connaître que la proposition venait, non de la seigneurie, mais du Saint- Siège. Un des Huit de la guerre rendit compte ensuite des actes et des ressources de la République. Au prix de soixante-dix mille florins, elle avait engagé, en Provence, quatre mille barbues de la compagnie de l'Étoile, dont cinq cents gentilshommes, et en Allemagne deux mille lances parmi lesquelles deux comtes de la maison de Souabe *. Ces recrues devaient rejoindre, aux premiers jours d'avril, les trois mille mercenaires de la commune, et c'étaient là des dépenses, ajouta l'orateur, que la paix même ne permettrait pas de supprimer. Spinello € de la chambre, » un des trésoriers, en fit, sur l'ordre des prieurs, connaître le chiffre, ainsi que celui des recettes, pièces en main. Il montra qu'après avoir payé tous ces gens d'armes la dette ne serait que de cent soixante-six mille florins d'or, une bagatelle pour Florence.
* On peut voir dans VArchivio itorico (\^ série, t. XV, p. 45 sq.) des documents sur les enrôlements des compagnies, publiés par feu Ganestrini. Voy. en outre un indiqué plus haut, page 33, note 5 : Convenzioni per li condotla di Rodolfo a Giovanni délia casa d'Habsburg, formate a Costaoïa, 6 janvier 1364 (p. 53). — Patti délia condotta délia nuova compagnia del Fiore, tedesca, comandata dai sudetti, 13 février 1364 (p. 55).
[As. 1564) NÉGOCIATIONS ROMPUES. 43
Ces calculs dictèrent les résolutions. On ût entrer le frate^ c'est-à-dire le légat. On apprit de lui les propositions des Pisans. Quoiqu'on s'attendît à les trouver inacceptables, elles surpassèrent l'attente. Elles auraient paru exorbitantes, écrit Fiiippo Yiliani, alors même que l'ennemi eût tenu la commune en prison. La discussion fut rouverte. Beaucoup d'autres citoyens prirent encore la parole, et il fut décidé c à l'unanimité, » ce qui est beaucoup dire, que Florence, pour accepter la paix, attendrait de plus honorables conditions'.
Un grave incident aurait pu ébranler cette fermeté : Galeazzo Yisconti retenait au passage la compagnie de l'Étoile; mais la seigneurie n'en resta pas moins inébranlable. Elle déclara que les deux mille barbues qui arrivaient d'Allemagne lui suffiraient. La lutte reprit donc de plus belle. Le 14 avril, mille Pisans, six mille chevaux allemands et anglais d'Hennequin de Bongart et de John Hawkwood *, parurent devant la porta al frato^ où quatre d'entre eux vinrent insolemment frapper. La mort d'un de ces téméraires ayant mis en fuite les autres, ils emmenaient, pour tout trophée, quelques bœufs et quelques habitants du faubourg. Mais ils annonçaient leur retour prochain, et réitéraient leur fanfaronnade, désormais ridicule, d'ordonner un prêtre à San-Salvi.
* Fiiippo Yillani, XI, 82; Âmmirato, XH, 634.
' John Hawkwood est appelé Âcuto, Agulo, Âuguto, Aucud, par les auteurs italiens, mais uniquement pour le besoin de leur oreille. Ils connaissaient son nom, que les documents écrivent Haukeuuode (Provvis., I. XIV, 59^, ilaukebodde et d*aulres manières encore plus ou moins rapprochées <le la Téritable orthographe. M. Trollope (II, 143) Tappelle Sir John Hawkwood et le déclare de naissance noble, mais non distinguée. Voy. Manni, Commentario délia vita del famoso capitano Giov. Aguio, Inglese, condottiere de' Fiorenlini, R. ï. S., suppl. II.
4i BRAVADES DES ANGLAIS (Ak. 1364)
D'un médiocre secours était contre eux PandolfoMalatesta. Toujours relégué aux frontières, et suspect plus que jamais, il n'avait su rien protéger. Parlait-il de chevaucher vers le Mugello, les Huit de la guerre s'y opposaient, ou,. lui cédant à la fm, ils chargeaient de le surveiller le comte Henri de Montfort, un des condoUieri de la République ^ L'apparition de ces deux chefs suffit à dissiper les Anglais % et le plan de Pandolfo s'en trouvait justifié. Fier de son succès, persuadé que le veot lui revenait en pouppe, ce capitaine résolut de jouer le tout pour le tout, de renouveler la comédie de ses plaintes et de son départ. Mais, cette fois, on le prit au mot, et, quand il voulut retirer sa demande de congé, on lui fît entrevoir les outrages de la populace, si bien qu à contre-cœur il partit'.
Les Anglais de Pise crurent-ils que, sans ce chef astucieux, Florence ne leur saurait résister? Ce qui est certain, c'est qu'ils se rapprochèrent. Des pentes du mont Morello, qu'ils ravageaient, ils vinrent occuper les hauteurs de Montughi * et de Fiesole (30 avril). Le 2 mai, ils sont devant la porte San-Gallo ; ils y prennent deux barricades, malgré Henri de Monfort qui, une masse d'armes à la main, ne se laissait point approcher,
* On trouve aui registres des Provisions la mention suivante : « Expectabiles viros Kericum comitcm de Montesforte, nominatum de Tetuang militem, et Kericum de Monteforte nominatum de Ilelekileli. » (5 avril 1564. Prowisioni, LU, 125.) Ce document contient encore bien d*aulres noms de condottieri estropiés.
« Filippo Villani, XI, 84-86; Cron. Pis,, R. I. S., XV, 1045; Ammirtio, Xn, 635; Roncioni, J. XV, p. 872.
5 Fil. Villani, XI, 87; Ammirato, Xïï, 637.
^ Montughi, à près d'un mille de Florence, colline qui tire sans doute son nom de Tancieune famille des Ughi, et non loin de laquelle passe li route de Gareggi. Fiesole est tout près. (Repetti, II, 604.)