‹ Histoire de FlorenceChapitre 6 sur 102 · A LÀ PORTE SAN-GÂLLO · texte numérisé non relu

A LÀ PORTE SAN-GÂLLO

igré les arbalétriers génois dont les flèches, du haut remparts, pleuvaient comme grêle. Au loin, à la lur des incendies, on voyait Hcnnequin de fiongart revoir, puis donner lui-même à plusieurs des siens le inluron de chevalerie, et, le soir, célébrer aux flamiaux, sur les hauteurs, la bruyante fête des nouveaux levaliers. Jusque sous les murs de la ville s'avançaient es bandes en gaieté, qui proféraient par dérision cerlÎDS mots de la langue ofGcielle des prieurs : Guardia^ iuiia % collegij manda per richiesti *. Composées de lÎDgt-cinq à trente hommes, elles allaient à la rencontre fune de l'autre, se jetant leurs torches embrasées, tournovant à la file et dansant en rond, au son des instruments, avec les cris d'une joie insultante. D'autres enToient devant la porte alla Croce un trompette et un tambour, comme pour appeler au combat, et voilà toute la population debout, qui se figure déjà les murailles enlevées, prises par surprise ou d'assaut*.

Aux réjouissances, aux vaines bravades, succédaient de trop réelles dévastations. La plaine de San-Salvi et de Roîezzano était brûlée, puis, sur l'autre rive de TArno, Bellosguardo et ses riches propriétés, incomparable parure de cette riante colline. Les Florentins, du haut de leurs remparts, contemplaient les dévastateurs, ce en si grand nombre qu'on eût dit des fourmis', mais trop connus désormais pour qu'on ne sût pas qu'ils étaient

* Fil. YiUani, XI, 89. Ammirato ne reproduit pas ces mots, mais il en ^ne la traduction : • Gridando continuamenle che i signori mandassero pcr i collegi e per lo consiglio de' richiesti, e che studiassono bene il par- »ito(XU,604). •

' FU. ViUani, XI, 88, 89; Donato Yelluti, p. 103; Diario dtl Monaldi, pS23;Anuninito, XII, 658.

'tHmatoVeUuU, p. 103.

46 VALNES HOSTILITÉS (Ah. 1564)

des hommes, non des lions ^ » Contre eux on armait un couvent de nonnes, on dressait des barricades; à l'occasion même, on engageait le combat, et on les forçait à s'éloigner de Florence, non, à vrai dire, sans financer : Bongart aurait reçu dans des amphores à vin neuf mille florins d'or, ses hommes trente-cinq mille, les Anglais soixante-dix mille, sous la condition secrètement consentie de ne plus attaquer la République pendant cinq ans*. Hawkwood et un millier des siens résistèrent seuls à la corruption. Ils avertirent loyalement les anziani de Pise, et quand y revinrent, par le chemin des écoliers et des ravageurs, les défection naires ', on ferma devant eux les portes de cette ville, car on craignait qu'encore payés par elle ils ne tournassent contre elle leurs armes en disponibilité.

Ils la laissaient du moins exposée, avec une poignée d'hommes restés fidèles, aux attaques de l'ennemi, et l'ennemi était trop habile pour n'en pas profiter. Parti le 21 mai de San-Miniato al Tedesco, ralliant sur son chemin toutes les forces florentines disséminées dans les châteaux, Henri de Montfort s'avançait jusqu'à San- Piero in grado, en vue de Pise, que sauvèrent peut-être

* Fil. ViUani, XI, 89.

« Sozomène, R. I. S., XVI, 1078. Selon la Cron. PU, (R. I. S., XV, 1045), les deux condottieri qui se laissèrent gagner furent Abretto Tedesco, c'est évidemment Albert Sterz, et un certain Andréa Dubramonte. 11 n*y est pas question de Bongart. Roncioni (1. XV, p. 874) les nomme tous les trois. Cf. Ammirato, XII, 641. Dans ce que nous avons de Fil. Villani, il n'est pas parlé de ce traite, mais on a conservé le titre du cliap. xcv : « Corne i Fior. con la forza del danaio ruppono la compagna de' Tedeschi e Inglesi e lev3h renia da provisione de* Pisani. »

3 Us firent une pointe sur Tlncisa, passèrent par le territoire deCortoDet de Sienne, et le val d'Eisa (4-10 mai 1564). Fil. Villani, XI, 89; Dooato Velluti, p. 104; Diario del Monaldi, p. 524; Ammirato, XU, 659-641 i Roncioni, 1. XV, p. 872.

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