‹ Histoire de FlorenceChapitre 51 sur 102 · GOUT NAISSANT DE L'ÉRUDITION · texte numérisé non relu

GOUT NAISSANT DE L'ÉRUDITION

el s'en prît au purisme de la Crmca. Battue dans cette lutle de la parole et de la plume, la Crmca eut recours à des arguments sans réplique : sur sa demande, le grand duc de Toscane mit (in à la querelle par Fexil du belliqueux éditeur. Des sbires, comme des moines, on en trouve plus aisément que des raisons. Moins puissante aujourd'hui, et surtout plus éclairée, seule échappée au juste naufrage des autres académies, ses rivales, la Crmca ne conteste plus son rang de bon écrivain à Tignorante Siennoise qui n^y avait jamais prétendu.

Par son exemple, Catherine avait prouvé, comme Franco Sacchetti, que le génie italien pouvait atteindre aux grâces du style, sans les emprunter à l'érudition. Mais sans l'érudition fAt venue la décadence, telle que nous la voyons en France au quatorzième siècle. Pour mieux dire, elle avait déjà commencé. Si l'infériorilé de Pétrarque et de Boccace comparés à Dante n'en esl pas une preuve, parce que l'esprit humain ne saurait se soutenir longtemps aux hauteurs vertigineuses, la preuve est péremptoire quand on descend de Pétrarque et de Boccace à leurs faibles imitateurs. Les lettres ne pouvaient se relever qu'en passant par cette aride et ingrate période où l'érudition, avec ses recherches patientes et tout ensemble passionnées, allait remonter aux sources, aux modèles éternels.

En ce sens, c'est bien l'Italie qui inaugure la Renaissance. Le réveil, après les temps barbares, est peut-être antérieur dans notre pays; mais en faisant de la pensée la servante de la théologie, en l'astreignant aux abstractions de la scolastique, la France avait rendu stérile un mouvement de Tesprit qui pouvait être fécond, et qui le fut en Italie. I^e goût du concret y était trop dominant

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