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LA RENAISSANCE INAUGURÉE PAR PÉTRARQUE

science a confirmées. Indépendant et libre en ses appré* ciations, il attaque ralchimic', la médecine', Tastrologie, l'argumentation syllogislique, Aristote même, ce « maître de ceux qui savent' », et dont il ose dire qu'après tout c'est un homme, qui a bien pu ne pas tout savoir\ Sortant des profondes ornières de l'école, ce qui n'est pas une médiocre preuve de force et de courage, il donne à ses contemporains des leçons de langue, de style, de goût et d'art; il met chaque auteur en sa place et marque les distances. Par une propagande de tous les instants, il procure à Gicéron, dont le docte Dante connaissait à peine quelques rares écrits, des milliers de lecteurs. C'est donc grâce à Pétrarque, en grande partie, que la péninsule italique devança d'un siècle au moins les autres peuples dans l'admiration des anciens et le réveil de la Renaissance. Eût-il élé seul, il marquerait encore une grande époque dans l'histoire de l'humanité *.

Hais il ne fut pas seul, et l'on doit s'en réjouir, car, à l'étude du grec, qu'il ne savait guère, il n'aurait donné qu'une impulsion insuffisanle. 11 en avait pris le goût tardivement, et comme par hasard : de Byzance, par mégarde, on lui avait envoyé un Sophocle, un Homère, en place d'un Gicéron qu'il demandait. Un peu interdit devant ce grimoire sacré, il l'admirait et le véné-

* De remediis utritaque fortunœ, lib. I, dial. cxi, p. 93.

* FamiL, V. 19; XII, 17 ; XV, 5, 6; XXll, 12; SeniL, III, 5; V, S, 4; XU,l,2;Xm,8;XV,8,14;XVl, 5.

» Dt». C<mi.,lnf., IV,131.

* De 9ui ipiiui et multorum ignoranUa, p. 1042.

* Pétrarque est moins entendu aux monuments de pierre qu'aux manuscrits. Voy. à cet égard À. Gcffroy, VHuloire monumentale de Romef Bévue da Deux-Mondee, 15 sept. 1879, p. 368.

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rait pourtant, sur la foi des latins. C'est son éternel honneur d'en avoir voulu propager la connaissance, qu'il désespérait d'acquérir et qui pouvait amoindrir sa gloire. Boccace Ty aida de son amitié et de sa compétence. Par un long séjour à Naples, durant sa jeunesse, Boccace avait pris du grec quelque teinture. On ne pouvait ignorer le grec dans la Grande Grèce; on le parlait aussi à Venise, où le portaient les navires de TÂdriatique. Bien des mots et des phrases qu'avaient retenus les marchands napolitains et vénitiens, se répandaient par eux dans toute Tltalie, quoique sans profit pour la littérature \ On avait même traduit Aristote, Galien, quelques pères de TËglise d'Orient*. Mais il fallut les relations fréquentes de Pétrarque et de Boccace avec des Grecs lettrés pour agrandir le cercle des connaissances helléniques, comme leur forte volonté et leur puissante action sur des compatriotes, pour en inspirer le goût auK Italiens.

Que le petit moine calabrais Barlaam, devenu à Byzancc le favori de l'empereur Andronic et auprès du Saint-Siège l'ambassadeur de ce prince pour procurer la réunion des deux Églises, eût fait connaître à d'autres qu'à ces deux délicats Homère et divers classiques grecs, la lumière eût couru grand risque de rester sous le boisseau. Grâce à eux elle illumine le monde. Pétrarque obtient de Clément YI pour Barlaam Tévêché de Gerace'. Boccace fait grand accueil à Nicolas

* D'une rive à Tautrc les deux races se pénétraient. L*eiDpereur Cantacozène (1520-1560) se vante d'avoir prononcé un discours en italien et de savoir très bien celte langue (iaruptûv B(^txA',t.III, p. 303, éd. éaCorjnu scriptorum hisioriœ byzantinœ, pars XX, Cantacuz., t. II, Bonn, 1851 .)

• Tiraboschi, 1. III, c. i, t. V, p. 395 sq.

s Barbara avait renoncé à TËglise grecque à la foife det qiN^esèi

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