LA CONNAISSANCE DU GREC
Sigeros, à Léonce Pilate, qui vont aussi en cour d'Avignon. Pila te a beau êlre un monstre de laideur, sale d'aspect, misanthrope et plein de mépris pour l'Église latine, il l'héberge, il le ûxe à Florence, il fait créer pour lui une chaire de grec, et se place, presque quinquagénaire, au premier rang de ses disciples. Trois ans, il étudie sous lui les deux poèmes homériques^; il en voit faire sous ses yeux, par ce maître médiocrement habile, qui lui enseigna plus d'une erreur, la première et la plus informe des traductions*.
Cinq auditeui*s seulement s'asseyaient au pied de cette chaire, et, en dehors de ces fidèles, Pétrarque ne compte que cinq hellénisants dans toute Tltalie : deux à Vérone, un à Bologne, un à Mantoue, un à Sulmona'. Si le nombre s'en accroît à la longue, c'est sur ses plaintes réitérées, et plus encore par les efforts de Boccacc. Trop pauvre pour acheter, comme son ami et son modèle, de coûteux manuscrits, le frivole conteur, qui était bon copiste\ en copie sans cesse, tantôt pour son usage, tantôt pour les donner, et quand la misère le force à vendre sa réserve, c'est Pétrarque qui la lui achète, en lui laissant le soin d'en fixer le prix*.
Ainsi leur zèle généreux forma toute une école d'éru-
Mont-Athos, 1542. — Voy. sur tous ces faits Boccace, De geneaL Deor.f 1. XV, c, XTi; Pétrarque, Famil., XXIV, 12 (Fi-ac. III, 502); Sismondi, IV, 182-185.
« Pélr., Senii, III, 6 ; V, 5; Bocc, Degeneal. Deor,, XV, 6, 7.
« SeniL, VJ, 1, p. 806, 817, janv. 15G5.
» Fami/., XXIV, 12. (Frac, 111, 501.)
^ Fami7.,XVIlI,4; XXI, 15. Fracassctti(IV, 405) déiaontre quelemaouscrit de Dante, si correct et si beau, qui est au Vatican, est bien rœuTte de Boccace.
* SeniL^ I, 5. Pétrarque, consolant Boccace de sa pauTreté, ?a ju8qu*à lui proposer de partager en frère aTCC lui.