LETTRÉS FLORENTINS
dits et de lettrés. On vit à Florence des jeunes gens, leurs admirateurs, se réunir dans un couvent des Augus* tins, pour s'entretenir de questions liltéraires et philosophiques : Luigi Marsili, qui enseigna la théologie à Paris, que les Florentins réclamèrent pour évéque, et qui, au cours de ses sermons, citait plus volontiers Sénëque et Virgile que les Pères de TÉglise ; Goluccio Salutati, trente ans chancelier de Florence S rhéteur élégant dans des pièces de chancellerie, homme d'initiative, propagateur du grec, exerçant une action si forte qu'une seule lettre de lui paraissait à Gian Galeazzo Visconti, plus redoutable que mille cavaliers florentins*; Niccolô Niccoli ', trop occupé de corriger les manuscrits dont il faisait collection, pour trouver le loisir d'écrire des œuvres personnelles; Leonardo Bruni, natif d'Arezzo\ mais sujet de Florence, chancelier de la République, secrétaire apostolique sous quatre papes, auteur, en langue italienne, d'utiles vies de Dante et de Pétrarque, et, en langue latine, d'une histoire sensée, quoique trop antique, de Florence. Ce furent ces disciples, moins brillants que leurs maîtres, mais, grâce à eux, plus éclairés qu'eux, qui appelèrent à Florence, en 1596, pour lui confier la chaire de grec, au lieu d'un savant douteux comme Pilate, un vrai savant que bien d'autres suivirent, le célèbre Chrysoloras*.
De plus en plus, malgré les faiblesses et les intermit*
< Nommé chancelier le 25 avril 1375» mort en 1406.
s Âmmirato, XIII, 692.
s Né en 1363, mort en 1447.
* Né en 1569, mort en 1444.
* Voy. 8ur cette renaissance des études, Mézières, passim, Baldelli, vies de Pétraquc et de Boccace, Voigt, Die Wiederbelebung des claukhen AltherthumM.