‹ Histoire de FlorenceChapitre 63 sur 102 · PÉRIODE D^ÉRUDITION. 43T · texte numérisé non relu

PÉRIODE D^ÉRUDITION. 43T

tences de son Studio^ de son enseignement ofliciel, Florence se faisait donc centre et foyer de la haute culture intellectuelle et littéraire. Ses attiques marchands en portaient le goût au pouvoir, et, par leurs voyages ou leur correspondance, le répandaient dans toute la péninsule. Formés à l'école d'Athènes et de Rome, reconnus supérieurs par le talent et plus d'une fois par le savoir, leur temps vit en eux, non sans surprise, des orateurs plus exercés, des politiques plus habiles, des hommes, en un mot, plus délicats et plus fins que n'étaient ces subtils scolastiques qui vivaient en dehors du monde, ou ces guerriers violents qui n'en connaissaient que les vulgaires brutalités.

Nous n'avons point à suivre, dans cet ouvrage, les progrès de cet heureux mouvement par toute l'Italie. Il suffit d'avoir indiqué la part qu'y prit Florence avant toutes les autres villes et plus qu'aucune d'elles. On peut regretter que l'envahissant esprit d'érudition ait alors ajourné, pour un siècle, toute création originale, car il détournait les Italiens de la plus glorieuse des deux voies où Dante, Pétrarque et Boccace les avaient engagés ; mais s'engager dans l'autre était nécessaire pour retourner, au profit des esprits sans génie, le champ littéraire qu'avaient stérilisé l'ignorance des temps barbares et l'aride savoir du moyen âge. Quand on aura pu jeter la bonne semence dans un sol préparé à la recevoir, germeront et paraîtront de nouveau les précieux fruits de l'invention. Florence, alors, ne sera plus seule à les recueillir. Ses plus illustres enfants rencontreront des rivaux formés à son école. La Renaissance, au seizième siècle, dissémine ses bienfaits, au lieu de les concentrer. i ,

Page 1