‹ Histoire de FlorenceChapitre 67 sur 102 · SIMONE MARTINI · texte numérisé non relu

SIMONE MARTINI

peut nier que, savant dans raristotélisme, il sut se défendre de Tabstraction dans ses peintures; qu'habile aux détails en bon Siennois, il sut ne pas leur subordonner l'ensemble, sans lequel il n'y a, dans l'art, ni style» ni grandeur.

Cette puissante action de Giotto sur les frères Lorenzelti, quelques-uns l'ont pourtant contestée ; personne ne la conteste sur Simone Martini \ le meilleur peutêtre, en tout cas le plus renommé des peintres de Sienne. Quoiqu'il sente le terroir, par l'importance excessive qu'il donne aux ornements, comme par la représentation un peu affectée de la beauté féminine*, il n'était pas venu sans profit à Florence. Il s'y était fait connaître par quelques travaux à Santa-Groce ; il y revint plus tard, chassé de sa patrie par la rivalité triomphante d'Ambrogio Lorenzetti. Déjà Giotto était son maître'; il l'imita dès lors de très près\ Les peintures dont il orna Florence ont été détruites* ou lui sont con-

r indépendance siennoise qui parle ainsi. Voy. aussi dans Rio, I, p. 130, 131, réloge enthousiaste qu'il fait de cet imitateur de Giotto.

' Nous rendons à ce grand peintre son nom ; c'est à tort qu'on l'appelle Simone Memmi, du nom de son beau-père.

« Voy. Ci-owe, II, 35, 58, 60.

' (( Giotto maestro suo. » (Vasari, éd. Lem., II, 87 et n. 4.)

^ i Â?ea contrailisitto la maniera di Giotto. » (Ibid,) La vierge de Simone conservée sur la porte principale intérieure du Gampo Santo de Pise est si bien du style de Giotto, qu'on Ta longtemps attribuée k Stefano. Voy. Rosini, II, 32. — Pour voir comment il passa d'une école k l'autre, on peut comparer la madone qu'il peignit pour les Dominicains d'Orvieto avec celle qu'il donna à l'église Sainte Catherine de Sienne, et dont les quatorze fragments sont en partie au secrétariat du séminaire épiscopal de Pise, les autres à l'Académie des beaux-arts de la même ville (Rio, 1, p. 111). On verra que le contact de l'école florentine avait déjk produit son effet.

' Par exemple, sa passion de la salle capitulaire à San Spirito, peinte en 1332, détruite en 1560 par les moines, et les fresques de S. Ranieri au Campo Santo de Pise. Yoy. sur ce dernier point Yas.-Lem.) U> $5» n. 1.

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