‹ Histoire de FlorenceChapitre 68 sur 102 · INFÉRIORITÉ DES SIENNOIS · texte numérisé non relu

INFÉRIORITÉ DES SIENNOIS

lestées ^ ; leur filiation n*en est pas moins incontestable, et tel est Tcnlhousiasme de ceux qui les ont vues ou qui les tiennent pour authentiques, que plus d'un a placé Simone au-dessus de Giotto*. L^exagération est évidente; mais le langage de Pétrarque l'excuse : n'a-t-il pas parlé du disciple et du maître dans une même phrase, sans marquer les rangs ^ ? Le goût très vif que devait avoir pour ce peintre si tendre le tendre poète de Laure*, est devenu comme une part de son héritage, que n'ont point répudiée les siècles postérieurs.

Sans rivaux dans l'école siennoise, Ambrogio et Simone relèvent donc de l'école florentine. Sur quelques points ils en améliorent Fart, par exemple sur le choix des modèles et les formes qu'ils leur donnent ; mais ils manquent d'imagination et d'élan pour faire mieux que le maître. Observant comme lui la nature, ils ne l'ont jamais si bien vue, jamais si vivement, et, tout ensemble, si gravement exprimée'. Les peintres qui leur succèdent à Sienne s'attachèrent plus encore à Giotto, et ce fut le salut pour leur médiocrité. Forcés par les discordes civiles à fuir leur patrie, ils étaient irrésistiblement poussés vers la seule ville de Toscane qui eût assez de richesse et de goût pour qu'on y pût trouver

< Comme celles de la chapelle dite des Espagnols, à S. M. Novella. Les éditeurs de Yasari (éd. Lem., U, 87, n. A) croient pourtant qu'elles pour* raient bien être de lui.

' Le P. Délia Valle, Lettere êenesi, l\, 208, dans Rosini, II, 33, 42. Rio (I, 113-115) est enthousiaste.

> Voy. cette phrase dans notre t.III,p.515,n. l.Rio (1, 117)rinterprète mal : Pétrarque ne considère point Simone comme indépendant de Giotto, et c*est le seul nom de Giotlo que suit cette phrase élogieuse : • Cujus inter modernes fama ingens est. §

* Voy. Sonnets 49, 50, 86, éd. Lemonnier, p. 86,87, 135.

* Voy. Delaborde, 1, 54.

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