U6 ANDREA PISANO
un lucratif emploi du talent. Li comparaison entre les peintres siennois qui restèrent à Sienne et ceux qui émigrèrent à Florence, qui, par conséquent, reçurent de plus près les enseignements de Giotto, est tout à l'avantage de ces derniers. Tels sont, dans la seconde moitié du quatorzième siècle, Andréa Yanni, à qui Simone Martini sert d'intermédiaire, Barna et Giovanni d'Âsciano, son disciple, Taddeo Bartoli, peut-être mémo Biagio de Goro et Luca Tommè^
Et ce n'est pas seulement parmi les voisins Siennob que Giotto faisait école : il lui suffisait de peindre quelque pan de muraille au loin dans la péninsule, pour y trouver bon nombre d'imitateurs. A Naples, à Padoue, les peintres se sentaient transformés comme par une soudaine révélation. A Pise, la sculpture en prit une vie nouvelle. Les disciples de Niccola et de son fils Gio* vanni y ramenaient l'art à sa grossièreté primitive\ Un d'eux, que le hasard avait doué de génie, r^gna, grâce à Giotto, le temps perdu. Andi*ea Pisano n*était point, comme on l'a cru longtemps, le troisième de cette illustre famille. Il avait vu le jour à Pontedera, sur le territoire pisan, de parents obscurs'. Apprenti, puis compagnon sous Giovanni ^, il fut attiré à Florence par
1 Voy. sur cette queue de Técole siennoîse, Growe, U, 112, 156, 158 ; Roftini, II, 185, 190; Rio, I, 142-148. Il est pradent de se tenir toujours en dëflance contre les idées trop systématiques de M. Rio.
' Les sculpteurs n*étaient pas rares. Au milieu du treisième siècle, il n*y en avait pas moins de soixante et un tenant boutique à Sienne. Clcognan donne leur statut de 1292, lequel diffère de celui des peintres. Voy.Storùi délia scuUura, III, 220. Prato, 1823. Les meilleurs, c'étaient Agnolo et Agostmo, qui firent le tombeau de Tévéque Tarlati.
> Cette découverte a été faite par Bonaïni. Voy. ses Memorie inédite di Fra Francesco Tralnt, et Yasari-Lemonnier, U, 55, note.
^ On trouve dans le livre de Fœuvre du dôme de Pise, de iSM à 1505,