TADDEO GADDI
tout ciîs, s'il singe quelque chose, c'est l'œuvre de Giolto. Les premiers disciples d'un maître sont les moins propres à s'émanciper.
Dans le même cas est Taddeo Gaddi ; mais lui, du moins, on peut le juger avec quelque certitude : parmi tant de peintui'cs qui lui sont contestées*, on ne conteste pas, à Santa Croce, la chapelle des Baroncelli. Giotto, dit-on, Pavait tenu sur les fonts baptismaux. Tout au moins le retint-il auprès de sa personne, dès l'âge de douze ans, pendant vingt-quatre années, jusqu'à l'heure de sa propre mort. Il en flt un architecte, en môme temps qu'un peintre : c'est Taddeo qui donna les plans pour reconstruire le Ponte vecchio et le Ponte a Trinita*; c'est lui qui dirigea, son maître mort, les travaux du campanile'^. Il lui emprunte ses meilleuix^s méthodes, l'élégance des formes et des mouvements, la justesse dos proportions, la naïveté, la grâce, la variété des figures, sans le surpasser ou même l'égaler, sauf par le coloris peut-être, qui est chez lui plus frais et plus vif*. Il a moins de simplicité sévère, de délicatesse dans le sentiment, d'imprévu saisissant dans les détails. S'il
en lui un Florentin au-dessus de son rival le Siennois Ugolino. Cf. Rosini, II, i28.
* Notamment les fresques de la chapelle des Espagnols à S. M. Novella. Voy. pour la discussion des temps, des dates et de l'œuvre, Crowe, I, 370-75. Cf. Rosini, II, 97, 115; Bio I, 265; une belle léle de Vierge qui est au Cainpo Santo de Pi^e, et dont lîosini (II, 15) donne la i*epruduction au trait; un tableau d'autel, musée de Berlin, n* 1079, répété au Bi^allo, chambre du commissaire, et que Crowe (I, 5o0) déclare digne de Giotto; les fresques du chœur de l'église San Franc^co, à l'ise; le tableau d'autel conservé à l'Académie des heaux-arls de Florence, Jésus-Christ porté au sépulcre par les apôtres.
^ Voy. Gaye, I, 488.
' (]rowe, 1, 567.
* Vasari, éd. Lcm., II, 120.