‹ Histoire de FlorenceChapitre 72 sur 102 · GIOVANNI DE MILAN. AM · texte numérisé non relu

GIOVANNI DE MILAN. AM

frappe le regard et Tespril, c'est par cette facilité de main que les Italiens appellent bravura^ par la rapidité d'une exécution vraiment décorative et souvent imposante*. Sa gloire, en somme, consiste, si Ton peut dire, à n'être qu'un reflet.

Comme il avait aidé Giotto, il fut aidé à son tour. Jacopo du Casentino et Giovanni de Milan méritent une mention parmi ceux qui travaillèrent sous ses ordres, car ils devinrent eux-mêmes sous-chefs d'école. De chacun d'eux sortit comme une branche de giottesques. D'aptitudes différentes et fort inégales, ils étaient si bien connus de Taddeo, que celui-ci, en leur confiant ses fils, recommandait à Jacopo de guider leur vie, et à Giovanni de développer leur talent*. Jacopo, en effet, ne forma que des giottesques bâtards, depuis Spinello d'Arezzo, qui n'est pas sans valeur, jusqu'à Parri Spinelli et Neri de Bicci, que la critique pourrait, sans dommage pour l'art, laisser dans l'oubli'. Combien n'est pas préférable Giovanni de Milan! De lui procèdent Masaccio et Fra Beato Angelico. Libre imitateur, il modifie son modèle. On reprochait à Taddeo le convenu, la négligence? Giovanni s'astreint au naturel, à un soin minutieux du dessin et du détail, qu'apprendront de lui Giottino et Orcagna. S'il n'améliore pas Tart de la composition, ce qui est le fait du génie, du moins il imite scrupuleusement la réalité, ce que peut toujours le talent; il est studieux des belles formes, dans le

* Voy., sur Taddeo Gaddi, Crowe, I, 558, et Rio, I, 262.

* Vasari, éd. Lem., II, 119.

5 Voy. Crowe, I, 402 ; II, i. Rosini (II, i II) disserte sur les peintures entièrement ou plus qu*à moitié perdues de Jacopo, voûtes et pilastres d*0r San Michèle. Cf. Lanzi, I, 90; Vasari, éd. Lem., II, 179, et n. 2.

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