‹ Histoire de FlorenceChapitre 75 sur 102 · ANTONIO DE VENISE. GIOTTLNO · texte numérisé non relu

ANTONIO DE VENISE. GIOTTLNO

Le principal, tributaire aussi de Taddeo^ fut Antonio de Venise. Il avait étudié l'art à Florence, il revint s'y fixer, quand la jalousie de ses rivaux l'eut chassé de sa patrie*. Il a donc sa place marquée dans cette rapide revue de l'école florentine et giottesque, dont il maintient les traditions d'une main ferme, plus ferme peutêtre qu'Agnolo, son maître direct. En progrès pour l'exécution technique, il sait, en outre, mérite rare, regarder la nature en elle-même et non dans Giotto. 11 est, d'ailleui^, un des peintres qui marquent la transition du quatorzième siècle, où dominent le sentiment et la composition, au quinzième, qui s'attachera surtout à la forme'.

Supérieur aux précédents est sans aucun doute Giotto de maestro Stefano*. Les auteurs l'appellent Maso ou Tommaso de Stefano; mais son surnom deGiottino, que préfère, pour le désigner, la critique d'art, rappelle tout ensemble son nom véritable et ses affinités avec le chef de l'école. Il est un petit Giotto : que ce soit son honneur ! C'est Giotto, non son père, qu'il imite. 11 le dépasserait

' Taddeo Gaddi vivait encore en 1566 (doc. dans Rumohr, Ital. Forschungen^ II, 117), cl la plus uncienne mention authentique d*Ântonio est de 1370 à Sienne. (Milanesi, Doc.san.yl^ 305.)

« Vasari, éd. Lem., H, 172.

^ Ses fresques représentant Tétonnante légende de San Ranieri et dont on peut lire les détails dans Rio (I, 290) sont parmi les plus belles du Campo Sanlo de Pise. Vasari (éd. Lem., Il, 175), Crowe (1, 488), Rio il, 295) les tiennent même pour les plus belles, contrairement à Tavis de Rosini (I, 175). Elles ont été longtemps attribuées à Simone Martini. Si Terreur a été démontrée par Bonaini (Mem, ined. di Fra Francesco Traîni), elle montre du moins le cas qu'on en faisait. Ces fresques furent commencées par un Florentin nommé Andréa en 1377. Sur lesnombreui peintres florentins du nom d* Andréa, voy. Crowe, II, 85.

♦ Son vrai nom est donné par le registre des peintres, où il est inscrit à la date de 1368. Voy. Milanesi, Doc. san, ; Gualandi, ser. 6, p. 182; Vasari, éd. Lem., II, 139, n. 1 ; Crowe, I, 417.

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même, selon Vasari \ cl Giiiberti juge parfaites beaucoup de ses peintures*. Trop peu nous en restent aujourd*hai pour qu*on puisse confirmer ce jugement flatteur. Mais une fresque de Santa Croce^ permet du moins, quoique à moitié détruite, de reconnaître que Giottino obsenail les grandes lois de la composition: qu'il savait, sans les n^liger, donner son attention aux détails, et atteindre ainsi Teffet dramatique, la vérité saisissante. Par ces qualités rares il se rapproche de Giotto, conmie par ses tendances vers le naturalisme, de Giovanni de Milan, qu'il laisse loin derrière lui pour Fart de composer, d'exprimer les choses avec autant de goût que de force, et de les recommander aux yeux par une exécution achevée \ Nul, dans ce temps-là, ne donna à Técole une impulsion plus fidèle aux principes, et, tout ensemble, plus exempte de pédantisme.

Que n'eût pas fait un peintre si heureusement doué,

* « Sua maniera fu molto più bella di qaelb di suo maestro.. . Ebbe Tarte molto più perfeUa che Giotlo e Stefano. » (Yasari, éd. Lem., U, 140.)

' « Poche cose si trovano di lui non siaoo molto perfette. • (Deuxième comm. de Ghiberti, dans Vasari, éd. Lem., I, m).

^ Chapelle des Bardi. Celte fresque représente le miracle de saint SiWestre.

* On cite encore de Giottino la scène de Texpulsion du duc d*Athènes, qui est aux Stinche vecchie (aujourd'hui Accademia (Harmonica, dans Tescellier, via delDiluvio), œuvre qu'il ne faut pas confondre avec celle qui lui fut commandée à Tage de vingUdeux ans, pour le palais du Bargcllo, et dont il ne reste que le portrait du duc et de quelques-uns de ses satellites, mitre en tête. Voy. Crowe, I, 415; Uosini, H, 131. La Pietà du corridor des Offices, que Growc(1, 416) lui attribue, est attribuée par Rumohr (U, 172) à Piero Chelini, peintre du quinzième siècle, ce qui prouve tout au moins que Giottino parait devancer son temps. Lesédileui's deYasari(II, 144,n.t2) appellent ce tableau « opéra vcramenle slupenda. » Growe mentionne encore comme étant de lui la crypte ou voûte funéraire des Strozzi sous la chapelle dcsKspagnols, et des fresques d 'Assise (1, 41 «5, 420). 11 ne parle pas du tableau d<! 1 A&idtMnie des beaux arts (l'apparition de la Vierge ^ Saint-Bernard) que Kosini croit de lui et qu'il reproduit au trait (H, 132), mais que Rio lui conteste (I, 281).

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