‹ Histoire de FlorenceChapitre 77 sur 102 · SON ROLE INDÉPENDANT DANS L'ÉCOLE · texte numérisé non relu

SON ROLE INDÉPENDANT DANS L'ÉCOLE

En même temps, ce large et judicieux esprit sent bien quMl y a quelque chose à prendre dans l'école siennoise : de là, dans Técole florentine, l'apparition de ce doux et tendre mysticisme qu'il ne pousse jamais jusqu'à raffeclalion, qui s'accentuera davantage dans Masolino et Masaccio, qui trouvera son point culminant dans le bienheureux Angelico de Fiesole*. Nulle part celte alliance peu commune de la douceur et de la force dans Texpression dramatique, n'est plus sensible qu'aux fresques d'Orcagna qu'on admire à Santa Maria Novclla, et au tableau d'autel de la chapelle des Strozzi, qui est, dans le quatorzième siècle, pour l'inspiration, la correction, la conservation, un des plus précieux produits de l'art florentin*. Il a fait, cet art, un pas notable. Si Orcagna relève de Giotlo par le sens du beau, le sentiment de la composition et de ses lois, le naturel et la vérité, la simplicité ferme des lignes, l'unité de l'ensemble, que l'école sncrifiait pour mettre en évidence

les fresques du Campo Santo, mais ce n*est de sa part qu'un doute, qui ne rempèche pas den donner le dessin.

* Crowe, I, 429. Rio (I, 200) trouve (ant de ressemblance entre les draperies d*0rcagna et celles d*Angelico, qu*il ne peut regarder cette ressemblance comme fortuite.

3 Ce tableau est de 1357. Tommaso Shozzl Tavait commandé à Orcagna sous cette condition qu'il serait achevé dans un délai de dix-huit mois. Yoy. le doc. dans Baldinucci, IV, 502. Cf. Crowe, I, 435. Avec ce tableau, il n*y eu a qu'un autre, à Florence, qui soit authentique. Il est dans la chapelle du noviciat de Sunla Croce et représente le même sujet que le précédent. Ces deux tableaux sont d'autant plus précieux qu'ils ont été plus épargnés |)ar le temps que les fresques. On en voit une troisième à Londres, magnifique retable en dix compartiments, mais un peu retouché, qui décorait jadis le mailre-autel de San Pier Maggiore. Voy. Rio, I, 290. Il n'y a plus lieu d'attribuer à Orcagna le tableau, avec portrait de Dante, qui est à gauche en entrant dans S. M. del Fiore. Un doc. trouvé par Ga^e dans les Stanziamenti delV opéra montre que l'auteur est Domenico de Micheline, élève d'Angclico, et qui en reçut la commande le .^0 janvier 1465. Yoy. Gaye, II, préf. v, et Vasari, éd. Lrm , II, 135, n. 4.

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