DERNIERS REPRÉSENTANTS DE L*ÉCOLE
cerLiines parties, il le surpasse par son adresse à distribuer le clair-obscur et, conséquemment, à produire le relief, par le pressentiment qu'il a des perspectives aériennes, et l'heureux effort qui en résulte pour mieux rendre l'atmosphère. Or surpasser Giotto sur quelques points, le suivre de plus près que personne sur les autres et sur les plus importants, c'est un succès que l'austérité des œuvres peut rendre moins sensible à l'œil, mais que la réflexion fait comprendre et que proclame tout juge attentif*.
Ainsi Orcagna achemine l'art vers les splendeurs du quinzième siècle, en tempérant la dureté giottesquc par la grâce siennoise, en risquant cette interprétation murale de Dante où, seul après lui, devait réussir Michel-Ange, en innovant sans rien céder des principes fondamentaux de sévérité, de convenance, de force sans raideur. El toutefois, dans l'ordre des génies comme dans l'ordre des temps, il ne marche qu'après Giotto. La preuve en est que, loin d'être, comme lui, le plus grand des coryphées, il est, dans son indépendance limitée, un disciple, et qu'on se demande si lui-même il en eut*.
Peut-être esl-il permis de regarder comme tels, ou du moins comme profitant de son exemple pour puiser l'inspiration aux mêmes sources, ceux des peintres qui ont su combiner les qualités siennoises avec les qualités florentines. A ce litre, le pisan Traïni relève d'Orcagna, qu'il surpasse, selon Vasari, par l'invention, l'unité,
« Voy. Crowe, I, 42733; Rumohr, II, 215; Rosini, II, 78.
* Rosini (11, 85) donne à Orcagna une école et énumère ses disciples plus ou moins obscurs. M. Delaborde (1, 102) déclare qu'il n*eut point d'imitateurs.