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AU QUATORZIÈME SIÈCLE

le coloris ^ Il en est de môme du peintre évidemment gioUesque qui a représenté, an Campo Santo de Pise, celle légende de Job qu'on atlribue à Francesco de Volterre (1571), mais qui peut tout aussi bien provenir d'un des seize peintres nommés Francesco dont l'existence est constatée à Florence de 1340 à 1587 *. Semble encore procéder d'Orcagna Spinello, dit d'Arezzo, parce qu'il y avait pris naissance, et dont le père était, comme celui de Pétrarque, un gibelin de Florence, un exilé'. Dernier représentant de l'école florentine au quatorzième siècle, il avait reçu les leçons de Jacopo du Gasentino, et il suit les exemples d'Orcagna, en s'inspirant de Dante, sans cesser d'être lîdèle aux doctrines de Giotto, sans dédaigner les Siennois. Hardiesse et largeur d'esprit, tel est son caractère. Quant à son art, plus habile à dessiner qu'à metlre en œuvre, il néglige son dessin, et met dans ses figures animées plus de mouvement et d'aisance que de correction. Tenant de la nature les dons du coloriste, il les gâte par une «ipreté de couleur sensible aujourd'hui encore, malgré les injures du temps. Heureux s'il n'eût emprunté de Técole siennoise surtout les capri-

< Chacun en peut juger par un lableau de S. Dominique, qui a élé très lieureuscment conservé et que Rosini décrit (II, 86). Le$ éditeurs de Vasari (U, 158, n. 1) disent que c*est une œuvre considérable, t stupenda, che svela la mano di un eccellenlc e provetlo maestro. » Ces mêmes éditeurs, du reste, ii'admetlent point, malgré Rosini et Lanzi (I, 36) que Traïni ait été rélève d'Orcagna, et Bonalni (Mem, ined. di Fr, Traîni) opine dans le même sens, ainsi que Rio (I, 28.5). Cf. Crowe, II, 40. Outre Traïni, Lanzi lui donne pour élèves Nello de Vanni et Bernardo Nello.

* Voy. Gualandi, ser. VI, p. 180, et Crowe (I, 393) qui montre les raisons de douter sur Tattribution de ces fresques, et qui en donne la reproduction au trait (I, 384). Elles parurent si belles, dit Rio (I, 296) qu*on les attribua à Giotto.

* Vasari, éd. Leni., II, 185.

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cieuses et fantasliques exagérations qui l'ont fait trèsjustement accuser irétrangeté*.

Divers peintres encore par plus d'un point rappelleront Oi'cagiia et en mémo temps d'autres gioltesques, dont on ne peut dire qu'ils soient les élèves*. Jusque dans le quinzième siècle Técole subsiste, et aussi son nom, tant est profonde l'empreinte laissée par Giotto. Cent ans après sa mort, speclacle peut être unique dans Thistoire de l'art, son dogme est encore la loi vivante. Y croire, s'y conformer, c'est être habile, ou, du moins, le paraître. Jusque dans les temps modernes, on est perlé à juger belles certaines œuvres de la seconde moitié du quatorzième siècle, qui se recommandent surtout parla docilité', copies moins grandioses ou moins gracieuses que les originaux dont on les rapproche, et utiles seulement là où ils ont disparu.

De cette décadence, il semble que les premiers gioltesques eussent déjà le sentiment. Taddeo Gaddi la

< l\ peignait déjà en i548 et encore en 1408. Il mourut, dit-on, plus que nonagénaire. On peut Tétudier au Campo Santo de Pise (légende des ss. Ephesus et Potitus), au palais public de Sienne, œuvre 4o sa vieillesse, cl surtout h San Bliniato a monle, où sa fresque représentant la mort de s. Benoît est le meilleur morceau qui reste de lui. Voy. Crowe, 1,596,11, 10. Cet auteur donne la reproduction de celte dernière fresque et d'une autre qui orne Ste Marie des Anges, à Arezzo. Rosini (II, 170) est très sé?ère pour Spinello, Rio (I, 296-503) très élogieux. Jeanron [I, 458} tient le milieu.

* Ainsi Pietro Gerini et ses deux fils, Lorenzo et Niccolô (1502), qui passent, aux yeux des meilleurs critiques, pour relever d'Antonio de Venise, ce qui ne les empêche pas de rappeler Spinello d'Arezzo, au pinceau duquel le leur s'associa. Ainsi encore Parro Spinello, qui ne meurt qu'en llii, Lorenzo fiicci et son fils, qu'on peut rapprocher de tel ou tel, mais qui sont toujours des giottesques. Voy. Crowe, II, 18; Rio, I, 304.

' Un des désespoirs du critique, dit Crowe (I, 586), est de voir partout des gens qui se piquent d'apprécier Giotto et qui lui attribuent sans sourciller les productions d'artistes du second ou du troisième rang. Cf. Stendhal, p. 77.

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