SES PRINCIPAUX CARACTÈRES
énonçait sans détour*. C'était, à vrai dire, dans un estin où Ton avait beaucoup bu, et sans autorité, car es boutades pessimistes d'un contemporain ne sont loint paroles d'évangile; mais plus d'un critique a paragé cette opinion*, et elle n'est pas sans fondement. .es disci[)les de Giotto, s'ils l'avaient valu, l'auraient clipsé, comme il éclipsa Cimabue. Plus remarquables ar l'expression que par la pureté du dessin et l'agencefient des figures, ces deux bases de l'art, ils ont un ravail trop liâtif ; leui*s procédés nous paraissent puérils, larfois déplaisants ; mais n'est-ce pas un peu parce que lous pouvons admirer la science et la force d'un Michelinge, la grâce et la perfection d'un Raphaël? Au démenant, disciples dociles, ils savent ne s'écarter jamais du roit chemin; ils maintiennent ou plutôt ils établissent me tradition vénérée, et ils ne l'exagèrent point : ils l'ont garde de tomber dans la manière; ils ont tous, ilus ou moins, le sentiment du beau, de la convenance, u natureP. Que toutes les œuvres de Giotto vinssent à isparaître, on en aurait une idée par les leurs.
Il faut donc bien comprendre ce mot de décadence. Le ;énie n'étant que l'exception, elle commence après lui ; nais des disciples fidèles peuvent maintenir le statu quo
' Questa arte c venuta e >fiene mancando lutto di. » (Dans la convenalion aire peintres que rapporte Sacchetti, Nov.ioG, p. 236.)
• Bernasconi (Sludi sulla storia delta pUtura ilaliana dei secoli XIV JK, Vérone, 1864-65, 1 vol.) prétend que Florence, dès lors en décaence, y devait rester jusqu'à ce qu'elle eût trouve un bon gouvernement, slui desMedici. A. Sagredo (Arch, stor., 3« série, t. IV, part. 2, p. 144-148) imet à moitié celte assertion étrange et ne la réfute qu'en partie. Rosini ly 165-64) admet la décadence; Jeanron (1,205) la conteste*
> C'est le jugement que Uosini (II, 96) rapporte comme rayant entendu e la bouche mèmedeCanova. M. Delaborde (I, 100) le conGrme dans se» ails essentiels. Cf. Stendhal, p. 78 ; Goindet, p. 53 ; Growe, 1, 3554
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dans Tensemble cl être en progrès pour cerlains détails. C'est surtout la seconde génération des giottesques qui parait faiblir; encore Timitation s'y rend-elle plus iodo{>endante9 ce qui est loin d*élre un mal. N'ayant point connu Giotlo, ces nouveaux peintres ne sont pas gênés par des souvenirs personnels. En somme, on peut dire avec vérité que» séparé de son école, ce puissant génie perdrait une partie de sa gloire. Il n'est pas un météore isolé dans le ciel de l'art. Il a des satellites presque innombrables, qui font reconnaître en lui un des plus grands dans la forte race des éducateurs.
Et comme pour fixer à jamais ses enseignements, pour empêcher qu'en passant de bouche en bouche, de pinceau en pinceau, ils ne devinssent méconnaissables, parut bientôt un peintre qui en confia au parchemin la tradition. En 1347, au déclin de sa vie, Cennino d'Andréa Cennini, natif de Colle dans le val d'Eisa, écrivit un traité de la peinture *. Cent ans après la mort de Giotlo, il obviait aux inûdélilés de la mémoire, pour rendre impossible toute altération nouvelle de la doctrine. Dès le début, il marque les intermédiaires qui le rattachent à la pure source : Âgnolo Gaddi, dont il se déclare le disciple, et Taddeo Gaddi, père d'Âgnolo, fils adoptif de ce Giotlo « qui fit passer l'art de peindre du grec au latin, le ramena au moderne et le montra plus achevé
< Les éditeurs de Vasari admettent (II, 157, n. 1) que Ceunino composa son livre dans la prison des Stinche, où il était détenu pour dettes. Mais des documents prouvent qu'il rivait h Padoue dès 1398, et son nom n est point sur la liste des peintres à Florence. Yoy. la préface de l'édition de son traité publié par les ficres Milanesi, p. vin (// liùro delV arte o Tratlaio délia piltura di Cennino Cennini da Colle di Val d'Eisa, di nuovo pubblicato per cura di Gactano e Carlo Milanesi, Flor., 1559, 1 vol. in-li). L'indication des SUnche est donc probablement une erreur de copie sur un des manuscrits.