THÉORICIEN DE L'ÉCOLE
que personne ne Teut jamais. — Pour conforter, ajoute Gennino, ceux qui veulent venir à l'art, je noterai ce qui m'a été enseigné par Agnolo, mon maître, et ce que j'ai' appris de ma propre main' ». À ses yeux, tout essai de réforme dans l'art ne serait guère moins blâmable qu'une bérésie religieuse : en debors des principes établis, point de salut.
L'ouvrage ne devait pas profiter de la découverte de Guttenberg : notre temps seul l'a vu imprimé; mais il en circulait de nombreuses copies, et Gennino a conservé des giottesques un souvenir plus durable que leurs œuvres. Que le temps poursuive et achève sa tâche destructrice; qu'il efface jusqu'à la dernière tant de peintures dont on voit déjà moins la beauté qu'on ne la devine, ce souvenir, impérissable gnace à l'imprimerie, permettra de connaître la règle qu'elles ont suivie, qui en fait le principal mérite, et qui donnerait le moyen peut-être d'en essayer le pastiche*. Quant aux déviations dont Gennino gémissait, et qu'il voulait prévenir, elles devinrent, malgré ses efforts, de plus en plus fréquentes. Une vérité se dégageait à la longue, et devait bientôt frapper tous les yeux : c'est que la majesté simple et grandiose des giottesques était empreinte de trop de raideur et d'auslérito; c'est qu'il était possible de la ramener à des proportions plus humaines, d'y introduire le mouvement, la grâce, l'émotion, la tendresse, en un mol l'âme des Siennois, et par là plus de variété, plus de vie, sans que l'ordre de la composition eftl à en
* Gennino Cennini, Trallato délia pittura^ p. 5. Éd. Tainbroni, Rome, 1821, un Tol. in-8''. C'est la première édition qui en ait été donnée.
* Yoy. Crowe, I, 478; Delaborde. 1, 100-107». Vasari (éd. Lera., If, 157; donne une analyse sommaire du traité de Gennino.