L'ÉCOLE FLORENTINE
souffrir, comme il en souffrait à Sienne. Celle pénétration de récole austère par l'école tendre devait, au quinzième siècle, donner un caraclère nouveau à Tart florentin*. Sans renier son glorieux passé il devint alors plus sensible, et par là supérieur surtout dans Tordre religieux.
On ne dure qn'h la condition de se réformer, sinon de se transformer. Les héritiers deGiotlo avaient, en lui restant fidèles, assuré leurs derrières : c'est pourquoi ils purent pousser en avant, sans mériter le repiXKîhe d'inûdélilé. Tout Tlionneur de cette évolution prudente et mesurée revient à Florence, il n'est pas hors de propos de le constater ici. L'art .florentin a ce suprême mérite d'être lui-même, sans rester le même, soit qu'il veuille peindre, sculpter ou bâtir. Santa Maria del Fiore, son merveilleux campanile, les fresques de Santa Maria Novella et de Santa Croce, ne sont ni l'antique ni le gothique. Rien n'est plus vrai que le mot de Cennino Cennini : Giotto avait ramené l'art du grec au latin, du latin au moderne. C'est par lui que Florence est la grande initiatrice. L'école romaine, qui est l'honneur du seizième siècle, et qu'on préfère à l'école florentine, fut formée par des Florentins ou par des voisins de Florence, formés eux-mêmes à Florence : par Michel-Ange ou par Raphaël. En outre, elle est stérile en tant qu'école : elle n'était rien avant ces deux maîtres incomparables, elle ne sera rien après eux. L'école florentine, au contraire, leur survit comme elle les a précédés; elle reste accessible aux disciples, qui ont tort de la dédaigner, sous prétexte qu'on a fait mieux. Ne serait-il pas sage,
« Voy. sur cette question de judicieuses réflexions de Cicognara, m, 474, et Delaborde, I, 105, 216.