‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 10 sur 74 · POUR DÉSIGNER LES CLIMATS OU LIEUXDITS DU FINAGE · texte numérisé non relu

POUR DÉSIGNER LES CLIMATS OU LIEUXDITS DU FINAGE

DE FONTAINE-FRANÇAISE (i)

Barigaud (en). En Beauregard, Lieu élevé, d'où Toa jouit d* un beau regard, d'une vue étendue.

Belle-Charme. Belle friche sur un tertre élevé.

Berne, de Bernage, baronnage, fossé limite des baronnies.

Bon blé. Dans les anciens titres Belon-Belé, probablement de blé blond qu'on y récoltait (1).

Bois Bâubeht ou Vatibert, En patois baôbaiy bôbert^ bôvert, bois vert. Le b étant employé fréquemment

{\) Il est bien entendu que je ne fais ici qu'un Essai et que je ne saurais affirmer les explications que je donne, car en matière d'étymologie, à moins de preuves, de titres irrécusables, on n'est jamais sûr de ce qu'on avance.

Je dois cependant dire que cet Essai a été revu : \^ Par M. Tabbé Balland, prêtre du diocèse de Langres, étymoloi^iste distingué, qui travaille à un grand ouvrage sur le Sens des mots en Europe; 2° Par M. Henri Corot, de Savoisy, aussi élymologiste et toponomasle érudit, membre de plusieurs sociétés savantes. La toponomaslique est la science de Texplication des noms donnés à diverses parties du sol des communes.

pour le Vj et vice versa. Le terrain humide de ce climat est toujours couvert d'herbe verte.

Borde (La). Léproserie, Maladrerie. On appelait Borde la grange, l'habitation des lépreux. On y faisait des feux de borde pour purifier Tair. Ce nom de fiorde a été donné à beaucoup de fermes isolées. C'était encore un enclos de planches pour parquer les moutons. Ici c'était la léproserie de Fontaine.

Bruyères (les). Ce mot est celtique mais il s'explique facilement. Le sol est siliceux et la bruyère y croissait en abondance.

Cave (la). Lieu où se trouvait le Cellier de la Tour d'Anthoison qui s'élevait dans le jardin actuel de la ferme. Forteresse détruite au xv^ siècle.

Censés (les), du latin census. Terres imposées à des cens, droits qu'on devait payer au seigneur. Les terres censières donnaient un certain droit électif à leurs propriétaires.

Chaire ou Lachaire. Vient de lochèreSy îaiches, terrain ou croissent les plantes appelées Iaiches. En patois loches.

Chalvy. y ienl de calvuSy chauve, lieu inculte, infertile.

Chamots ou Champmots (les). Peut venir du patois champ des mô, des morts. En effet dans ces climats on a trouvé des sépultures anciennes, des ossements humains épars, surtout aux abords de la voie romaine. Au surplus sur le monticule au Nord-Est s'élevaient autrefois les fourches ou signes patibulaires. Le chemin du Foucheroy l'indique encore. Cependant Chamois pourrait encore venir de Ciiarmots, charme, car le langage populaire a eu dans un temps horreur de IV.

Champ Grassot et le Désert. Terre grasse, argileuse,

très compacte .Toute cette partie du territoire jusqu'au bois pouvait bien n*être qu'un désert. 11 y a trente ans n'yai-je pas encore vu une quantité de buissons épars et très étendus.

Champ au Curé. Terré dont le curé jouissait autrefois.

Champ Clair. Probablement que le terrain, ingrat ou mal cultivé, rapportant peu, était clair semé d^épis. Vient peut-être plutôt du nom d'un propriétaire.

Champ de la Tour. C'était la corvée de l'ancienne tour d'Anthoison, du fief de Berthaut. Dans le langage du peuple, tour et château étaient synonymes.

Champ Mion. Lieu à fond marécageux, où, au moment de la passe, se posaient beaucoup de canards sauvages appelés mions dans le pays, parce que leur cri

est mion-mion, mion-mion Telle est l'explication

locale. Cependant ce pourrait être le nom d'un propriétaire.

Champ Moufflé. Lieu où l'on puisait la terre pour faire les mouffles, sorte de vases, de vaisseaux destinés à garantir des flammes les poteries placées dans un four pour les cuire, car il est bon de dire qu'il y avait autrefois plus de vingt potiers à Fontaine.

Champ Lanois. Champ aux noyers, à la noix^ ou à lAulnois^ plantation d'aulnes.

Champs Sébillotes. Probablement du nom de son propriétaire, autrefois commun dans nos contrées.

Charme Chauffour. Ainsi désignée en raison des fours à chaux qu'on y faisait. C'est la charme des chaufourniers.

Charme Sansonnet. On peut croire que ce terrain en friche, couvert de buissons, était fréquenté par les sansonnets, les étourneaux, ou qu'il tenait son nom d'un propriétaire.

Chàrmotte (les). Lieu où croissait le charme. On appelle aussi charme des terres en triche : la charme de Saint-Seine, par exemple. On décharme pour défricher.

Combe a l/l Marosse. En patois combe à la Matrôce^ la matrosse, la maitresse, la Dame de Fontaine. En effet tout ce lieudit, en terres d'excellente qualité, appartenait à la Dame, la Maîtresse de Fontaine. Courtépée dit que les redevances onéreuses s'appelaient Matroce, parce qu'en l'absence des princes on les livrait aux duchesses sur leurs greniers : de là le nom de redevance à la Dame, à la Maîtresse, et par corruption Matrosse. Cela peut encore venir de Matrosse qui signifiait autrefois une double dixme qu'on appliquait quand le souverain ou le seigneur abandonnait la propriété aux habitants, Marosse pourrait s'expliquer par mare, lieu marécageux, mais tel n'est pas le cas ici.

Corne Viennot. Bois de Ghazeuil. Vient de ce que, par jugement du 30 août 1386, la forêt de Velours a été écornée sur Henri de Vienne qui a dû céder trois arpens par un chacun feu aux habitants de Fontaine; de là, Corne de Vienne^ de Viennot, Corne Viennot. Corvée (la grande). Terrain, toujours très fertile, au seigneur où les vassaux faisaient leurs corvées de labourage ou de main-d'œuvre pour semer et récolter gratuitement pour le seigneur.

Cotte de Maille. Lieu où l'on a probablement trouvé une cotte de mailles, sorte de cuirasse, de chemise en acier tissé et à mailles serrées. C'est douteux, cependant cela pourrait être, car pendant des siècles, le territoire de Fontaine a été le théâtre de bien des combats.

-v^'^'fr^

CouRViOTTE (la). Petite courvéôyi^etlte corvée, ou peulêtre métairie, petite ferme, du latin cors^ cour, bassecour, car on y trouve des restes d'habitation.

CouvEROYE (la). Probablement de roye-couverte qui veut dire raie ou aqueduc couvert ; ou de courbe roye, petit cours d'eau courbe.

Croix Bruno. Il faut dire Croix Brunehaut, car elle est placée sur une ancienne route pavée que la reine Brunehaut avait fait construire au vu* siècle, reliaDt Fontaine à Licey où il y avait une abbaye.

Croix Mézières, ou Mazières, d'une croix, d'une chapelle qui aurait été édifiée par lesMazières qui étaient alliés aux Hugon de Fontaine dans le xvir siècle, ou de Maizellerie, léproserie, croix des maizelliers, des lépreux. On donne le nom de Maizières à d'anciens murs, d'anciennes constructions ruinées.

CuRTiLLOTS (les) de Curtily courtily jardins, petits jardins dans des cours ; de cors, cour, habitation. On y voit encore des ruines de construction..

Dklliot (En). Vient de délié, terre qui était liée à un seigneur susceptible de redevance et devenue franche, ou de délioure (liberatus) libre, exempt. Ce serait à peu près la même chose.

Elus. En patois Aileux. Bois et terre des élus, appartenant à des élus. Terre ou bois d'AlleUy de francalleu, terre franche. D'un nom franc et féodal.

Endoussoir (1'). Entonnoirs naturels où l'eau se perd dans les terres. En patois andouzeuXy du latin tnducerCj introduire.

Faulx de Faas (les). Dans toutes nos contrées, le mot Fads veut dire Fée. Ferme de Faâs, moulin de Faâs, lieux hantés par les fées. Mais vient aussi du bas latin fagetelluSy fagus qui signifie foyard, hêtre, bois

de hêtres, habitation dans les hêtres. Faulx de Faâs est la répétition du même mot, fagus^ foyard.

Fayère (la). Carrière, creux où se tenaient les fads, les fées, même étymologie que ci-dessus.

FoucHEROY (le). FouTche-Toy, Fourches du roy. Où étaient les fourches du seigneur ayant le droit de haute justice. Dans bien des localités Foucheroy est un lieu où croît la fougère du latin Félix.

FouRQUE (la). De Fourca, qui veut dire aussi fourche. En vieux français bande, troupe: C'est aussi le nom d'un chemin bifurqué.

Hantes (les). Très bonnes terres où se trouvaient autrefois beaucoup de pépinières renommées. On y entait les arbres, d'où le nom hantes. Doit plutôt venir du latin unda^ ou de terrain aqueux.

Herbues (les) du latin /lerba. Terres franches, douces, assez légères, un peu siliceuses et ne contenant pas de pierres, où l'herbe peut pousser en abondance sans culture.

Homme mort (F). Lieu situé près des fourches ou sur lequel elles s'élevaient au xviir siècle, où on a peutêtre seulement trouvé un cadavre.

LiNGRET (pré). De petite maigre^ herbe fine, peu abondante, ou du nom d'un propriétaire.

LoBRET. Peut-être ^ Loba^ paille de millet, ou de morelle, plante grimpante appelée lobret qui croît dans les terrains frais et marécageux.

LocHÈRES (les). Lieu où les laiches croissent en abondance, du mot bas latin lisca, plante des lieux marécageux.

Marchet-Mony, ou Marchay, vieux terme des anciens manuscrits, pour désigner l'empreinte de la corne du pied des vaches. Un marchety dans nos pays, est

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en efiet un endroit humide, une mare. Mot rappelant les Gaulois qui veut dire fosses, margelles, ancien lieu de sépulture, c'est aussi une mare plus factice que naturelle où Ton recueillait les eaux. Mony est le nom du propriétaire,

Matrosse. Voir combe à la Marosse, page 65.

Meix-rond (le). Meix veut dire jardin. Le Meix rond est en effet un lieu arrondi, terre à jardin. Meix, maise ou manse, veut aussi dire maison, du latin mansio^ dont on a fait en bas latin mansiis.

Manse. Veut dire maison, habitation, de mansio.

Mense. Héritage, ferme, d'un vieux mot Mensenne. C'est aussi une partie d'un bien servant à payer la nourriture ou la table d'un individu, d'une famille.

MiGNEROY (le) ou Mineroiy lieu dont le sol renferme beaucoup de minerai de fer.

MiNGEOTTES (Ics). De Mauges, lieu couvert en tout d'herbe fine que le bétail pouvait manger (??).

Morte vieille. Il y a ici deux étymologies à donner. Ou ce nom vient de ce que le lieu est bas, sans écoulement où Teau reste stagnante. Ces endroits s'appellent mortes dans bien des pays. Ou ce nom peut venir de la proximité du climat où s'élevaient les fourches il y a deux siècles. On y aura peut-être trouvé une vieille femme morte.

Noue de la haie. C'est noue de la haâge^ ou aige qui veut dire bois. C'est en effet une noue entre des bois, dont une partie est défrichée.

Ormoy (1'). Climat emplanté d'ormes, du latin ulmus.

Pagosse (l'étang), ou du Château. Probablement du nom d'un propriétaire qui l'aura cédé au château.

Patte d'oie. Point où plusieurs chemins se réunis-

sent. Ce terme est encore employé dans les Ponts et Chaussées.

Perdriset (en). Terrain à passage de perdrix à pattes jaunes, ou du nom d'un propriétaire.

Perfondevaux. Par le fond de la vallée. Profonde vallée.

Pré Morot. Du nom d'un propriétaire. Au-dessus de la fontaine il y avait en 1593 des bois, arrachés depuis, qui s'appelaient boîs Morot, aussi du nom d'un propriétaire, oudemare, mare, pré dans les marais, bois dans les marais.

Pré d'Ecot. On devrait écrire Pré des Cots ou Quots qui veut dire queue ; terme patois donné, en Franche- Comté à la colchique. On appelle ici cette plante Coue de Prêtre. Ce serait pré près de Teau, écot venant de aguo.

Perrois (en). Veut dire perrière, pierrière, carrière.

Plante-Folie. Climat ingrat, sol brûlant où c'était folie de planter.

Poirier-Crevet. C'est perrière, carrière Crevet, du nom d'un propriétaire.

RHÉNA.U. Raineau, Rainot, raie, petit ruisseau encaissé qui coule dans une rainure.

Rhêtre (le), oureître, aujourd'hui soldat de cavalerie allemand ; autrefois soldat vagabond. On a pu trouver un reître mort dans ce climat (??).

RiBAUT (en). Lieu ou les ribauds (soldats aventuriers, licencieux et redoutables) campaient aux abords de la tour d' Anthoison, dont l'entrée leur était défendue,

hu ou RuPT, de rivus^ ruisseau.

Sargillottes (les). Il faut lire Les Essards Gilotte, bois, broussailles à un propriétaire. Le cadastre en a tronqué la dénomination.

"^Ty^^sgi^f^

Senteret (le). Sentier à travers champs, de Semi4ter, demi-chemin qui conduisait à la forêt.

Taillevant. Bois taillis, élevé à tous les vents.

Terrières (les). Ainsi appelé à cause du fossile nérinée^ en forme de tarrière, de vis, qu'on y trouve abondamment.

Vaite (la). Doit venir de faite, ou de guette. Ce climat est en effet le faîte, le point élevé entre deux anciens ruisseaux et Tétang du Fourneau^ lieu de guet.

Vesseux ou verseux (le). Baisseux, terrain s'abaissant rapidement.

Vie. Voie, route, chemin. En latin via.

Tous les autres noms de lieuxdits n'ont pas besoin d'explication: les Longues Pièces, les Longues Raies, Champ carré, la Garenne, Poirier dame Jeanne, etc. etc., viennent de la forme des champs,de leur situation, du nom de leur propriétaire, ou de toute autre cause facile à distinguer.

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