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CHAPITRE XI

FONTAINE-FRANÇAISE SOUS LES SEIGNEURS DE CHABOT-CHARNY DE 4526 à 4638

▲AMES DBS CHABOT-CHAJLNT

Ils portaient: Ecartelé aux 1 et 4 d'or

à trois chabots de gueules posés en pal deux et un, qui est Chabot :

aux S et 3 de gueules à trois écussons d'argent, deux et un, qui est Charny.

Leur devise était: Coneutiut iwgo {{),

Philippe on PhiUbert Chabot, de 1526 à 1543.

Philippe ou Philibert Chabot, né en 1480, était fils de Jacques Chabot, seigneur de Jarnac, et de Madeleine de Luxembourg.

Il était comte de Charny, seigneur de Brion, amiral de France, chevalier des ordres de Saint-Michel et de la Jarretière, capitaine de cinquante lances.

Il fut gouverneur de Bourgogne et de Norniandie, et devint seigneur de Fontaine, deMirebeau, de Pagny par son mariage, comme je l'ai déjà dit, avec Françoise Louise de Longvy en 1526, fille de Jean de Longvy.

Il eut ainsi la baronnie de Longvy, qui passa à Léonor Chabot, son fils aîné, grand écuyer de France et lieutenant du roi en Bourgogne.

(1} Si on m'abaisse je me relève ; si oq m'étreint je me rebiffe.

196 RISTOIRB DE FONTAINB-PRANÇÀISB

Il y a peu d'années, des recherches faites dans les greniers du château amenèrent la découverte de deux écussons : celui du cardinal de Givry et celui de Philibert Chabot. Le dernier a été placé au-dessus de la porte d'entrée de la salle des gardes. Cet écusson porte :

Ecartelé, aux 1 et 4 d'or, à trois chabots de gueules posés en pal deux et un, qui est Chabot ; au 2 d'argent à un lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, la queue fourchue et passée en sautoir qui est Luxembourg ; au 3 de gueules à Tétoile de seize rais d'argent qui est Baux.

Cet écusson est posé sur un ancre symbole de sa dignité d'amiral.

Philippe Chabot avait pris sa devise Conctissus surgOy à la suite de ses malheurs.

Philippe Chabot sut gagner les bonnes grâces du roi (François 1) lorsque celui-ci n'était encore que prince du sang.

Il porta longtemps le nom de Brion^ fut l'un des seigneurs qui défendit Marseille contre l'armée impériale en 1543, et fut fait prisonnier à la bataille de Pavie, avec François I, le 25 janvier 1525, un an juste avant son mariage avec la dame (1) de Fontaine. Il signa la protestation secrète, que fit François I, contre la cession du duché de Bourgogne que l'Espagne exigeait pour sa rançon.

(4 ) Cette ei pression de Dame de Fontaine est tellement enracinée dans le langage local qu'on entend à chaque instant dire : la Dame a dit ceci, la Dame a fait cela, bonjour la Dame ; jamais, chez les anciens ' surtout, on ne se servait d'autre expression pour nommer la propriétaire de la terre de Fontaine.

lONTAINB-FRANÇAISB SOUS LES SEIGNEURS DE GHABOT-GHARNY 197

Il usa alors de son droit d'indire en sa qualité de seigneur haut justicier, pour faire payer, ainsi que cela lui était dû, aux habitants de Fontaine*Française, une partie de sa rançon.

Etant sorti de prison, il fut employé en diverses négociations entre le roi et l'empereur Charles-Quint. Le roi, toujours prisonnier, fit Chabot amiral le 13 mars 4525 et gouverneur de Bourgogne, en reconnaissance de ses services ; ensuite il fut ambassadeur en Angleterre. Quatre ans après, il commanda l'armée en Piémont, y prit quelques places et y eut plusieurs succès.

En 1537, Philippe Chabot acquit des habitants de Renève le pàquier (pré) des Baulières devant Oisilly et il le rattacha à la seigneurie de Fontaine .

La même année, suivant un titre qui existe aux archives du château, la seigneurie et le fief de Berthaut appartenaient à Claudine de Saint-Seine, dame de Fontaine, en partie, à cause de ce fief, ladite dame étant femme de Jacques de Clermont, chevaUer, seigneur de Dampierre, ainsi que cela résulte des lettres patentes du 26 avril 1537, données par Charles, par la divine Clémence, empereur des Romains, toujours Auguste, roy de Germanie, de Castille, duc et comte de Bourgogne, de Charolais, etc., etc. »

Par traité du 9 juillet 4554, c'est-à-dire 47 ans après, les habitants de la rue de Berthaut comententy bien malgré eux, à payer à leur seigneur la taille qu'ils lui contestaient ; ce qui peut surprendre, car ce fief était taillable à volonté (4).

Ce n'est que quatre ans après son mariage avec Françoise de Longvy, le 25 mars 4539, que Philippe

(1] Archives du château.

198 HISTOIRE DB FONTAlNB*FRANÇAlâB

Chabot donna son dénombrement, c'est-à-dire ût foi et hommage de sa terre de Fontaine-Française à Tévêque de Langres, duquel il la tenait comme son suzerain et du comtéde Montsaujony dont ledit évêqueélait seigneur et maître (1). »

On raconte que les fastes de Philippe Chabot avaient offensé la noblesse, alors qu'il n'était que Brion^ et avant même qu'il ne possédât la charge d'amiral. Le connétable de Montmorency et le chancelier Poyet devinrent ses ennemis les plus implacables.

François I l'avait comblé de faveurs. Cependant il Tabandonna au chancelier qui lui fit un inique procès. Ce juge trouva vingl-cinq chefs d'accusation méritant tous la mort. Mais il ne fut condamné qu'à 150,000 livres d'amende, à la privation de toutes ses charges, à la confiscation de ses biens et au bannissement.

Cependant une commission révisa ce jugement, et le roi trompé fit bientôt rentrer Philippe Chabot à la cour : « Hé bien, » lui dit François I, a vanterez-vous encore votre innocence? — « Sire », répondit humblement Taa mirai, j'ai trop appris que nul n'est innocent devant son Dieu et devant son roi ; j'ai du moins cette consolation, que toute la malice de mes ennemis n'a pu me trouver coupable d'aucune infidélité contre V. M, m

Le roi, n'écoutant que son bon cœur, le fit justifier par un arrêt du parlement en 1542 ; mais Chabot, âme et corps trop sensibles, ne se releva pas du chagrin quHl avait éprouvé : il languit quelque temps et mourut le 1«' juin 1543.

Toutes les accusations portées contre lui se réduisaient à deux chefs sérieux, savoir: l"" que l'amiral avait,

(4) Archives da château.

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de son autorité, haussé à son profit les droits perçus sur la pèche du hareng ; ^ et que, dans son gouvernement de Bourgogne, il s'était approprié certains droits réservés pour l'entretien des villes de guerre (1).

Le principal ennemi de Chabot était le chancelier Poyet, qui fut dégradé en 1542.

Je lis dans YHistoire de la monarchie française^ par Moustalonet Méry,1830:

« Cet homme à talents (le chancelier Poyet), qui, de simple avocat s'était élevé à la dignité de chancelier de France, fut immolé à la vengeance de la duchesse d'Etampes, maîtresse du roi, qui ne put jamais lui pardonner d'avoir fait dépouiller de ses charges et condamner au bannissement l'amiral Chabot, auquel elle était alliée. »

Le roi ordonna que les funérailles de Tamiral fussent faites à ses frais et il lui fil élever un mausolée, reconnaissant ainsi tous les services que Chabot avait rendus à la France et à la cause royale.

Il fut inhumé dans l'église des Célestins de Paris. La statue en marbre blanc, qui surmontait le mausolée, le représentait appuyé sur son casque et tenant à la main son sifQet de commandement (2).

Il eut six enfants de son mariage avec Françoise de Longvy.

L'aîné Léonor, lieutenant général de Bourgogne, comte de Charny, grand écuyer de France, comte de Buzançois, sire de Pagny, etc., sauva le duché de Bourgogne des horreurs delà Saint-Barthélémy (1572) en suivant les sages conseils du président Jeannin qui lui dit

(4) Histoire de Pagny.

(%) Boadol, Histoire du canton de Mirebeau,

200 HISTOIRE BB FONTAlNB-PRANÇAISE

que le roi n'avait pu donner des ordres si sanglants. Cbarny l'écouta. Bien lui en prit, car, quelques jours après le roi envoya un courrier pour contremander ses premières dispositions. Chamy était absent de Dijon; il n'y arriva que le 29 août.

Les registres de l'Hôtel de ville portent ce qui suit, à la dite date du 29 août 1572:

« C'est ce jour-là qu'eut lieu à Thôtel de la Sénéchaussée (rue Cbabot-Charny) où Jeannin, alors sim* pie avocat, et qui, comme le plus jeune et le moins qualifié, devait opiner le premier, prit la parole ; et, après avoir inutilement sommé les messagers de donner par écrit les ordres dont ils se disaient porteurs, adjura le comte de surseoir à toute mesure rigoureuse avant d'avoir reçu de nouvelles lettres expresses du roi. >

a Cbabot fut entraîné et les prQtestants sauvés du massacre. Toutefois comme les circonstances nécessitaient des mesures de prudence, Cbabot-Cbarny manda le vicomte-mayeur et lui prescrivit d'arrêter et de mettre en lieu sûr les principaux des réformés. La liste en était toute dressée et chaque échevin s'étant chargé de ceux qui demeuraient sur sa paroisse, la capture fut bientôt faite. On les resserra à l'hôtel de ville, où Cbarny, qui s'en était fait remettre la liste, les fit garder durant une quinzaine de jours, au bout de laquelle il les relâcha après leur avoir fait jurer de revenir à la reUgion catholique. »

Voilà pourquoi deux rues de Dijon portent les noms honorés de Jeannin et de Chabot-Charny. Dans cette dernière, au n° 67, on a placé récemment une inscription rappelant le fait ci-dessus (1).

(4) Ghabot^Brion avait son hôtel personnel où se trouve aujourd'hui la

PONTAiNfrFRANÇAISB SOUS PBS SBIGNEURS DB GHABOT-GHARNY 201

François Chabot, le second, lui succéda ; Jeanne, sa fille cadette, devint abbesse du Paraclet et passa à la religion prétendue réformée. Elle n'en garda pas moins son abbaye, où elle mourut, laissant toujours faire le service divin, mais sans y assister.

La maison de Chabot était une des plus anciennes et des plus illustres du Poitou et d'Anjou. Elle se disait descendue de Ferri Borstel, connétable de Frédéric Barberousse, qui vivait en 1157.

Cependant on lit dont V Histoire de Jonvelle que les comtes de Charny, marquis de Mirebeau, descendaient de Pierre de Baufïremont, seigneur de Charny, conseiller et chambellan de Philippe le Bon, fils de Henri de BaufiTremont et de Jeanne de Vergy.

Philippe Chabot a très peu habité Fontaine, il préférait Pagny. Son oncle, le cardinal de Givry, occupait alors le château, qui, comme on Ta vu, a été réparé et embelli par lui.

Boudot, dans son Histoire de Pagny raconte la légende qui suit: <k Philippe Chabot passait dans son château de Pagny (1) (vers Seurre) tout le temps qui n'était pas employé au service du roi.

€ Il y fit exécuter d'immenses travaux, ainsi que dans sa chapelle située en face du château.

préfecture bâtie en 4750. Sur ce môme emplacement se trouvait aussi l'hôtel du président Fremyot, père de M°>« de Chantai.

(1) Pagny existait au vn^ siècle, comme Fontaine, d'ailleurs, puisque Adalsinde le céda à son frère Wadelène, premier abbé de Bèze, fils du duc amovible Amalagaire.

Le château, dit Courtépée, était l'un des plus forts et des mieux bâtis de la province. 11 existait au x^ siècle, fut reconstruit en 1546 et détruit en 4756. Il ne reste plus que la tour de Vienne, dont on a abattu 80 pieds de mur, et la tour du Colombier.

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<K II était bon, généreux, ami des arts qu*il protégea à l'exemple de son maître.

« C'était un des plus ardents chasseurs de son temps. Son souvenir, sur ce point, est resté populaire dans ces contrées, dont les habitants racontent encore aujourd'hui que leurs ancêtres, chaque nuit qui précédait la fête de Noël, entendaient très distinctement, dans la direction du bois de Chassagne, l'amiral Chabot chassant le cerf dans ses forêts.

ce Chacun pouvait parfaitement distinguer le son du cor, la voix des chiens et même le bruit des chevaux.

« Cette chasse nocturne était une punition divine infligée à l'amiral, parce qu'assistant une fois à la messe de minuit, dans sa chapelle de Pagny, et ayant appris qu'un cerf venait de passer près de là, il quitta le service divin pour aller le chasser.

<r Si le même bruit ne se fait plus entendre aujourd'hui à pareille époque, c'est que le temps que devait durer ce châtiment est expiré. Il a eu lieu, dit-on, pendant 140 ans. »

Philippe Chabot fit rebâtir l'hôtel de Vergy appelé depuis hôtel Chabot ou de la Sénéchaussée, situé dans la rue Chabot-Charny et qui porte aujourd'hui les n* 67 et 71, à Dijon.

Cet hôtel a subi de grands changements depuis sa réédification ; mais il a conservé un air de grandeur et de noblesse qui le fait toujours remarquer. On peut aisément le distinguer aux deux lions en pierre qui surmontent les deux côtés de la principale porte.

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François Chabot, de 1543 à 1599.

François Chabot, chevalier des ordres du roi, capitaine de cinquante hommes d'armes^ de ses ordonnances (1), conseiller en son conseil privé, second fils de Philippe, fut Marquis de Mirebeau, comte de Charny, Baron de Beaumont, seigneur de Brion, de Fontaine- Française, souverain de Chaume, etc. ; sa mère, Jeanne de Longvy, gouverna pendant sa minorité la seigneurie de Fontaine et tous ses autres biens.

Aussitôt après la mort de son mari, elle fit procéder à la confection du terrier de Fontenne et lieux voisins, par E. Martin, notaire, tabellion du roi à Dijon, en août 1543 (2) ; et elle ne manque pas d'accomplir les actes de foi et hommage qu'elle et son fils François devaient à l'évêque de Langres.

En 1544, le titulaire chapelain de la chapelle Saint- Sébastien du château (3) prétendait être en droit de

(1) Cinquante (f hommes d'armes faisaient deux cent cinquante combattants.

Un homme d^arme^ ou une lance, était composé du chevalier portant la lance, d'un écuyer, d'un page et de deui valets qu'on appelait alors gougeats.

Vhistoire anecdote de la monarchie française, Moustalon et Méry, 4830, dit : qu'un homme d'armes, un gentilhomme, était armé de toutes pièces, combattait à cheval et avait à sa suite cmq serviteurs : un écayer portant une ospèce de couteau ou de bayonnette au côté, an page ou varlet qui veillait sur les armes du chevalier et lui présentait son cheval de bataille, et trois archers ou jeunes gentilshommes qui faisaient leurs premières armes pour parvenir au grade dhommes d'armes.

(2) Boudot.

(3) Cette chapelle fut sous le vocable de Notre-Dame avant François Chabot. Elle ne resta pas longtemps sous le vocable de Saint-Sébastien et reyiot à celui de Notre-Dame.

204 HISTOIRB DE FONTAIllE-FllANÇAlSB

jouir de la moitié des dixmes sur le finage de Fontaine, qu'il disait avoir été données parles anciens seigneurs pour dotation de ladite chapelle Saint-Sébastien.

<f L'affaire fut appelée devant le bailly de Fontenne qui rejeta la demande du chapelain, attendu qu'il ne put produire ni litre, ni usage lui donnant raison (1). »

En ce temps les dixmes devaient être déjà considérables, car depuis cent ans on avait fait des défrichements sur une vaste étendue, notamment les quatre cents journaux de bois appelés Bois Morot, près la fontaine de ce nom.

Fontaine-Française, libre de commercer ou négocier

partout sans payer aucun subside, etc , ainsi qu'il

résulte des lettres patentes de 1458 déjà citées^ qui lui octroyaient beaucoup d'autres immunités, se trouvait entravé dans l'exercice de ces dites immunités, par le seigneur de Saint-Seine et d'autres seigneurs, qui imposaient des droits de passage et de ports à leurs marchandises (2).

La dame de Fontaine mit bientôt ordre à ce fâcheux état de choses, et le 6 février 4544, une sommation, qui eut tout son effet, fut faite à Saint-Seine, dans les termes suivants :

a Je Jehan Cuillier, sergent royal, demeurant à Dijon, certifie que en vertu des lectres patentes du Roy notre seigneur interinemans et commissions y attachées impetrée a requête de haulte et puissante dame madame Françoise de Longvy, comtesse de Buzancois et de

(4) ArchiTes du chftteao.

(2) Poar éviter de payer le droit de passage sur le pont situé aa pied de la forteresse de Saint-Seine -la-Tour, les habitants de Fontaine passaient par la ferme du Puits et de là à Âutrey pour aller à Gray.

Charny^ dame de Paigny, Mirebel et Fontenne-Françoise et relicte (veuve) de hault et puissant seigneur messire Philippe Chabot, admirai de France, etc.. L'an mil cinq cens quarante quatre ce vendredy sixiènne jour du mois de febvrier moy estant au lieu de Sainct Seigne sur Vigenne, me suis transporté devant la halle d'illec ou lors accoustumer faire criz publications et aultres exploits de justice es jour de marchier dudit Sainct Seigne auquel lieu jay publié à baulte voix de criz et publication et intelligible le contenu des lectres patentes attachées à cestuy mon rapport dont lecture intelligible en a esté faicte faisant defTense de par le Roy notre seigneur, à tous et à ung chacun en général et en espescial à Symon Thevenin soy disant procureul des seigneur et dame illec Mames Provenie juge audit lieu Challod Moissier et Jehan Gainerot et François Ledenier eulx disant avoir charge dudict Sainct Seigne de maistre des portz et passaiges pour l'imposition foraine, qu'ilz neussent à troubler ou molester, arrester ni travailler les marchands allans et venans es foires et marchifs dudit Fontenne ains (mais) qu'ilz les eussent à laisser joyre et user plainement et paisiblement sans auchung empeschement selon qu'il est mandé par lesdictes lectres patentes y attachées, lesquels mon dict et respondu assavoir ledit Thevenin qu'il entendoit bailler sa réponse selon qu'il trouveroit par conseil et quand aux aultres qu'ilz se garderoient de mesprendre et ce à peinne de amende arbitrairement envers le Roy notre seigneur en cas de contravention présente es choses susdites devant (suivent les noms des dixneuf témoins de diverses paroisses) et plusieurs aultres desdits lieus tesmoings ad ce parmy requis. Et ce je certifie que dessus estre vray et par moy ainsi avoir

206 HISTOIRB DB FONTAlNB-PRANÇAtSB

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esté faict tesmoing mon seing manuel cy mis les an, jour et mois que dessus. Signé Cuillier (1). »

Le fief de Berthaut et le four banal deFontaine appartenaient, je l'ai déjà dit, en 1545, au seigneur de Saint- Seine. Françoise de Longvy lui ayant refusé le droit de prendre du bois pour le chauffage du dit four aa lieu accoutumé de Baubert, c une sentence du 27 février 1545 permet à Jacques de Clermont, seigneur de Saint- Seine, de Berthaut et du four banal de Fontaine, de prendre du bois au bois Vaubert ou Baubert^ dépendant de la seigneurie de Fontaine pour le chaufTage dudit four (2) » .

La partie du bois Vaubert, appelée aujourd'hui le bots du Four, tire ce nom de sa destination.

Qn droit, celui dHndire (3), existait alors. Contesté par les habitants de Fontaine, il fut maintenu par « Procès-verbal du premier octobre 1547, de Robert de Bergieret, docteurde Paris, conseiller au parlement de Dôle, qui a maintenu et mis en possession du droit d'indire à Fontaine, dame de Longvy, relicte (4) de Philippe Chabot, dame dudit Fontaine, et condamné les habitants dudit lieu à payer à ladite dame la somme

(4,2) Archives du château.

(3) Les seigneurs de Fontaine, haut justiciers, Font toujours possédé, ce droit d'indire était le droit qu'avait un seigneur haut-justicier d'imposer à ses sujets, outre les redevances ordinaires, un impôt, une redevance extraordinaire qui, pour l'année d'indictiony doublait l'impôt.

Le droit d'indire ne pouvait être appliqué que pour quatre cas bien déterminés :

4<> Pour le voyage d'outre-mer, 2® Pour nouvelle chevalerie, 3* Pour mariage d'une fille, El 4* pour rançon du seigneur.

(4) Relicte, veuve agissant à ses droits et ceux de son défunt mari.

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de 400 livres pour ledit droit d'indire à raison du mariage du sa fille aînée (1). »

Les dixmes s'amodiaient généralement par année, c'est-à-dire que le seigneur cédait au plus offrant et dernier enchérisseur, reconnu solvable, le droit de lever les dixmes à son profit.

Ainsi, le 27 juin 1551, la dame de Fontaine passe un bail des dixmes de Fontaine, « pour cette année, à Claude Rossillot, moyennant six vingt (cent vingt) hémines par moitié froment et avogne^ mesure dudict Fontenne (2), ledict froment, bon^loyal etmarchand (3)» .

Des lettres patentes du 17 août 1555 ordonnent la convocation^ à Sens, de tous les ecclésiastiques, seigneurs et membres du tiers état du bailliage de Sens, pour concourir à la rédaction des coutumes dudit bailliage.

Le cardinal de Givry, évéque de Langres, le curé et les habitants de Fontaine y furent convoqués.

Le cardinal, en sa qualité de duc et pair de France, comte de Montsaujon, etc., fait répondre « que lesdits duché, comtés, baronnies et seigneuries ne sontaucunementdu bailliage de Sens, ainsressortissent les appellations interjetées de ses officiers en la cour du Parlement de Paris, à cause du privilège de Pairie laquelle est seule supérieure proleste, etc. »

Le procureur du roi, dans une des séances tenues du 3 au 15 novembre 1555, a combattu cette préten-

(4) Archives da château.

(2) La mesure de Fontaine était de 17 litres 377, et l'émine 640 litres.

(3) Archives du château.

tion disant que de toute antiquité le duché de Langres était du bailliage de Sens, « non seulement dès et depuis deux cens et trois cens ans ença ains plus de mil an, comme apperrerapar les anciens registres du dict bailliage, tiltres et chartes estant en la chambre des comptes de Paris (4). »

Le curé et les habitants de Fontaine n'ont pas crn devoir assister à ces réunions ni s'y faire représenter. On a prononcé défaut contre eux, comme contre an grand nombre de seigneurs, de curés et d'habitante, et nous sommes restés soumis à la coutume de Sens (2).

Françoise de Longvy, veuve de Philippe Chabot, était une femme d'un talent supérieur, et il y a lieu de croire qu'elle a donné des ordres pour la tenue des registres paroissiaux, seules bases alors de l'état civil, et malgré cela fort rares à cette époque.

On ne trouve en effet aucune trace de Tétat civil en Europe au moyen âge. Dans les grandes familles, des généalogies, des registres domestiques, des nécrologies et des obituair es ^ suppléaient, jusqu'à un certain point, aux registres publics ; mais pour les autres citoyens, on ne trouvait d'autres preuves des mariages et de la filiation que la possession d'état^ qui, en cas de difficultés, s'établissait par témoins. Les plus anciens registres que l'on trouve à Paris sont de 1515, pour les mariages, dans la paroisse de Saint-Jean-en-Grève, etde 1527, pour les décès, dans celles de Saint-Josse et Saint- Landry.

Fontaine est certainement une des premières pa-

(\ ) Anasiase de Langres.

(2) Plus tard il y eut accord, on rédigea la coutume des bailliages de Sens et de Langres, 4731. Paris, chez les frères Osmont.

FONTAINE-PBANÇAISB SOUS LBS SEIGNEURS DE GHABOT-CHARNY 209

roisses de province qui ait tenu des registres de ce genre (1). Et cependant, en 1539, par son ordonnance, signée àVillers-Colterets, le 40 août, François I^"" avait voulu que Fusage, purement religieux, de la tenue des registres, devint une obligation générale et civile. Mais cette ordonnance, pas plus que celles de 1555, 1572 et 1579, ne furent exécutées, les ecclésiastiques refusant de se soumettre aux officiers civils.

Les archives de la commune renferment un registre, commencé en 1557, par Simon Labotte, prêtre, curé de Fontaine et chapelain du château, qui comprend naissances, baptêmes, mariages, décès et même des notes historiques intercalées entre les actes, notes que j'ai relevées et que je consignerai probablement en partie dans cette histoire.

C'est la date de ce registre qui me permet de supposer que c'est à Tinstigation de Françoise de Longvy qu'est due une innovation si précieuse.

En 1557, la veuve de Philippe Chabot contracta un second mariage avec Jacques de Pérusse, seigneur des Cars. Leur fils, Âmet des Cars, fut évêque de Lisieux, coadjuteur de son frère Charles, évoque de Langres, puis évêque de Metz, enfin cardinal, le 5 juin 1596.

Âmet des Cars, aussi connu sous le nom de cardinal de Givry, mourut en 1612 et fut enterré dans sa cathédrale.

En 1561, les 10 et 14 avril, Françoise de Longvy, en sa qualité de Dame et seigneur de Fontaine, octroie

(0 Eq 4889 Fontaine-Française fait encore, une des premières communes de France, une innovation en plaçant au bureau de la poste aux lettres an cadran marquant uniquement Thenre de Paris*

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aux habitants une charte avec procôs-verbal nominatif 1 « des habitants du dit lieu, que le Meix taillable, dû à la seigneurie, à 60 livres tournois (la livre valait alors 28 francs de notre monnaie) payables en deux termes égaux en carême et à la Saint-Denis; a la suite de cet accord est le dénombrement des détenteurs, taillables à volonté, des meix et maisons affectés à cette taille au nombre de 131, les cotes ou portions de cotes devant être payées suivant Varpentaige et le mesuraige qui ont esté faict par Duriexix, arpenteur (1) ».

Françoise de Longvy, remariée, cessa de s'occuper de la terre de Fontaine, et les actes historiques, comme les autres, sont dès lors établis au nom de François Chabot.

Enpremierlieu,je trouve aux archivesde la Côte-d'Or un procès-verbal, à propos des terres de surséance, concernant Fontaine, par lequel procès-verbal Guillaume de Saulx, chevalier, seigneur de Villefrancon, lieutenant pour le roi très chrétien, au gouvernement du duché de Bourgogne, pour le partage des terres de surséance, en cet état depuis 1442, en exécution d'un article du traité de paix de Cateau-Gambrésis (1559) < entre le roi Henri second et Philippe II », roi d'Espagne, et en vertu de commissions du roi, savoir : « de François second données à Blois le dernier décembre i559 et de Philippe roi des Espagnes données à Bruxelles le iO avril i560, par lequel procès-verbal les députés s'étant assemblés, le til juillet 1560, pour procéder au partage et division des terres de surséance, étant en diflérend entre les deux rois et conférer sur l'exemption des gabelles, droits de forains prétendus par ceux du

(4) Archives du cbâteaa.

FONTAINE-FRANÇAISE SOUS LES SEIGNEURS DE ÇHABOT-CHARNY 21 i

duché ; lesquels s'étant communiqué leur pouvoir au lieu de Mantoche, commencer par ledit Manteche le 22 juillet; Achey, Delain le 23; le 24 Fouvent-la-Ville, le 26 Chaume et Fontaine-Française, sur quoi il fut appointé par les commissaires du roi de France, qu'ils en avertiraient sa majesté pour y être ordonné de son plaisir ; fait à Fontaine-Française le 27 juillet 1560, signé de Saulx, d' Achey, de Vintiménille et Chaillot (4). »

En ce qui nous concerne, il a été décidé que Chaume serait compris dans la Franche-Comté et du Parlement de Dôle, que le château et une petite rue à côté seraient désormais du duché de Bourgogne et par conséquent du royaume de France, ressortissant au parlement et bailliage de Dijon, tandis que le reste du bourg serait soumis au parlement de Dôle, comme Chaume ainsi que la Borde et le fief de Berthaut, qui étaient de la paroisse de Fontenelle.

François Chabot fut marié trois fois :

1*» A Françoise, fille de Jean de Lugny, qui était dame de Lugny ; de ce mariage naquit Catherine, dame de Lugny, qui porta sa terre à Jean de Saulx, vicomte de Tavannes, qu'elle épousa en 1579.

2° A Catherine de Silly, en 1565, fille de Louis de Silly de la Roche-Guyon, dont il eut trois enfants : Jacques, marquis de Mirebeau d'abord, plus tard de Fontaine, Henri , seigneur de Fontaine-Française, mort sans alliance en 1628 et, Charles, prieur de Fontaine-Française, chambrier (2) de l'abbaye de Saint-Bénigne de Dijon.

(4) Archives de la Côte* d'Or, B. 263, liasse 4, cote 78. (i) Oq appelait vulgairement chambrier le propriétaire d'une maison.

3** A Françoise Bernard de Montessus,

De ces trois femmes il eut en tout douze enfants.

Profitant du droit dHndirey maintenu en faveur de sa mère, par sentence du l**' octobre 1547, il demanda et obtint son droit de nouvelle chevalerie^ à Fontaine- Française et en 456611 demanda et aussi obtint son droit de nouvelle chevalerie de Renève, comme il Pavait obtenu de Fontaine. Il était donc seigneur de Renève.

Le 9 janvier 1566, une transaction est faite entre les abbé et religieux de Theuley et François Chabot, par laquelle lesdits abbé et religieux ont cédé au seigneur de Fontaine le droit de justice et juridiction qu'ils avaient dans toute l'étendue d'un canton du finage de Fontaine et les terres nouvellement ascensées sur les habitants de Chaume (1).

PourformerFEtang-Dessus, François Chabot ordonna la construction d'une chaussée en amont de l'étang Pagosse ou du château, chaussée appelée aujourd'hui La Pelle. Elle devait être surélevée, car les habitants de Fontaine, craignant que les propriétés voisines de rétang eussent à souffrir des eaux, adressèrent une requête à leur seigneur pour le supplier de faire abaisser le niveau de cette digiie ou chaussée, qui, demeurant ainsi qu'elle était projetée, noierait leurs propriétés de la Combe du Chêne, de la Combe de Chaume, des Curtillots, etc. Cette pièce, remise au seigneur qui habitait alors le château, est du 7 mai 1566 et porte pour entête : « Requête des habitants de Fontaine- Française à Monseigneur de Brion^ baron et seigneur de Mirebeau et Fontaine-Française. »

Brion écrivit aussitôt en marge de cette requête:

(4) Archives du château.

« Faisant faire la chaussée mentionnée en lad. requête, sera pris garde à Tinconvénient proposé par mesd. sujets, si bien que par ce moyen ils n'en auront point de déplaisir. Fait au chasteau de Fontaine-Françoise le 7 mai 1566, signé Brion (1). »

En 1574, François Chabot prit le premier la qualité de SOUVERAIN DE Chaume, qualité qu'il ne manquait jamais de mettre dans l'énumération de ses titres. En vertu de cette souveraineté, il donna des lettres de grâce à Colette Noèlpour occision (2).

Ce titre ne lui fut pas contesté, ni à ses successeurs, jusqu'à Claude de Mazel, dame de Fontaine, en 1726, époque à laquelle un arrêt du parlement lui défend de se qualifier souveraine de Chaume^ jusqu'à ce qu'elle justifiât de ses titres, ce qu'elle fit en prouvant par toutes le chartes, actes de foi et hommage sur lesquels ce titre était rappelé depuis 155 ans, qu'elle en avait le droit. Depuis cette époque les seigneurs de Fontaine se sont dits souverains de Chaume^ sans qu*aucune observation leur ait été faite.

Le village de Chaume a joui pendant des siècles des mêmes privilèges que Fontaine, et avait entre autre, le sel au prix marchand de sept livres le minot (3), privilège confirmé par plusieurs rois et en dernier lieu par Louis XV en 1723 et 1726 (4). La Gabelle^ ce gros impôt sur le sel, avait été établie dans tout le royaume, par François I, en 1542. La taxe était fixée par feu ou

(1 ) Archives do château.

(2) Occire, action de tuer. Vieux mot inusité.

(3) Le minot du poids de 35 livres dans la généralité de Dijon.

(4) Courtépée.

214 HISTOIRE DE FONTAlNE-FRÀNÇAISE

personne, moyennant une lourde somme, mais les franchises accordées à Fontaine diminuèrent cet impôt de plus de moitié.

François Chabot assista et fut nommé élu, aux Etats de Bourgogne de 4572 à 4578. Cette dignité était aussi recherchée que peut Tétre aujourd'hui celle de député et de sénateur, mais elle n'était pas rétribuée.

Le roi érigea en sa faveur la seigneurie de Mirabeau en marquisat. Tan 4576.

Il fut reçu chevalier du Saint-Esprit au huitième chapitre tenu en V église des Augustins de Paris^ en décembre i585 (4).

En 4573, François Chabot nomma et établit des procureurs généraux à Mirebeau, Montpont, Beaumont et Fontaine-Française (2).

Pendant que toutes ces choses se passaient, les calvinistes, toujours mécontents, appelèrent en 4576 les reitres à leur secours. Ils saccagèrent encore tous nos pays et marchèrent sur Dijon dont ils s'emparèrent mais qu'ils durent bientôt abandonner.

François Chabot vendit, en 4577, à Pierre Le Goux, maître aux comptes de Dijon, l'hôtel de Mailly, rue Verrerie, aujourd'hui l'hôtel Legoux de Saint-Seine (3).

Par mandement de 4578 des grands maîtres enquêteurs et généraux, réformateurs des eaux et forêts du royaume de France, au siège de la Table de Marbre du palais, à Paris, les habitants de Fontaine sont noaintenus dans les droits d'usage qu'ils avaient dans la fo-

(4 ; Boudot, Histoire de Mirebeau.

(2) Archives de Fontaîoe- Française.

(3) Géographie historique de la Côte-d'Or.

rêt de Volors appartenant à Messire de Vienne, sur le finage de Bourberain, d'ailleurs confirmés par un arrêt du 30 août 1586 (1) qu'on lira plus loin.

La même année un arrêt du Parlement de Dôle ordonne aux habitants de Fontaine et Fontenelle ce de faire leurs déclarations et reconnaissances à la suite des déclarations et droits seigneuriaux (2). y>

C'était le moment d'aplanir les difficultés, et il faut avouer que François Chabot y a beaucoup contribué.

En 1580, un arpentage général des bois de Velours est fait entre Henri de Vienne et Anne de Bessey,son épouse, seigneurs de Thil-Chàtel et Bourberain, et raessire François Chabot, ainsi que les habitants de Fontaine-Française; cet arpentage fixe leurs droits respectifs (3).

Un diflérend existant entre Fontaine et Fontenelle par rapport à la prairie, le 4 juillet 1580 un arrêt du Parlement de Dôle maintient aux habitants de Fontaine le droit de mettre en regainune partie de la prairie de Fontaine, contre la Vingeanne et à ceux de Fontenelle le droit de vaine pâture sur cette prairie (4).

En 1586, après discussion, une transaction intervient entre les habitants de Chazeuil et le seigneur de Fontaine pour le droit de champart (d'où champoi, pâturage) dans les bois et terres dudit seigneur. Lesdits habitants devaient lui payer, ainsi qu'au curé, co-dixmier, quinze hémines de grains (5).

Sentence du siège de la Table de Marbre, du8 juil-

(1) Archives de Fontaine-Française et du château.

(2) Archives du château.

(3) Archives de Fontaine- Française.

(4) Archives du château.

(5) Ibid.

216 mSTOIRE DE FONTAINE-FRANÇAISE

let 4580, contre a Henry de Vienne, seigneur et baron de Châzeau.Thil-CbàteletBorberain et Anne de Bessuy, sa femme, défendeurs, pour contrainte des droib des demandeurs.

« François Chabot, seigneur de Fontaine-Françoise, et les manans et habitans dudit lieu, les manans et habitans deBorberain, Christophle de Baujeu, seigneur de Chàzeul et les manans et habitans dudit lieu, ceux de Véronnes les grandes et les petites, Charles des Cars, évesque et duc de Langres, abbé de Tabbaye de Bèze, Jeanne et Marie de Cutigny, etc., etc., demandeurs prétendant au droit d'usage en la forêt de Volors (1). »

On sait que les habitants de Fontaine avaient le droit de temps immémorial de panage, glandée, paisselage dans la forêt de Volor^ Velours, ainsi que de couper les bois nécessaires à leurs constructions et au chauffage.

Ces droits leur furent contestés en 4476. Alors il y eut enquête, procès, enfm en 1486 il fut prouvé que tous ces droits leur étaient acquis el ils en jouirent sans contestation jusqu'en 1586. A cette époque, ces droits leur furent de nouveau contestés. Mais le jugement rendu le 30 août 1586, par la Table de Marbre du Palais de Paris, ordonne, que les habitants de Fontaine auront « premièrement et avant tous autres usagers, une portion des bois de la forêt de Velours en une pièce sur Vadvenue dudit village de Fontaine, le plus proche et commode pour lesdits habitants dans Tancienne portion de Baujeu et ce à raison de trois arpents par

(4) Archives de Fontaine.

rOXTAI^E-FRANÇAlSE SOUS LES SEIGNEURS DE CHABOT-CHARNY 217

feu, mais un seul feu par maison, pour y tirer chauf* aige, pasturaige et panaige, ainsi qu'il est dit en leurs titres et aux charges énoncées (1). »

En 1586, au moment où la guerre civile dite des trois Henri éclatait, et lors de la révocation par Henri III des édits qui étaient favorables aux calvinistes, indépendamment de mil cinq cents lansquenets qui avaient pris leurs quartiers à Fontaine et dans les environs et y exerçaient toutes sortes de déprédations, la grêle et les grandes pluies causèrent en même temps de fortes pertes aux habitants. Aussi les clivures (criblures de blé) étaient-elles très recherchées, le blé étant rare et les récoltes à peu près nulles (2).

En 1588, suivant les rapports du sieur Courtin, commissaire du Parlement de Paris, en exécution de l'arrêt du 30 août 1586, il est accordé aux habitants de Fontaine-Française 600 arpents de bois, savoir : en la Côte-Martin, 286 3/4, en la Grésille 62 et à la Corne Viennot, 251 1/4. Telle est l'origine des bois communaux de Fontaine.

En 1587, plusieurs habitants de Fontaine s'imaginèrent que les bois du seigneur devaient leur appartenir. On cite comme les plus acharnés à le soutenir : Jean Saige, Girard et Hennevard, qui commencèrent un procès. François Chabot dut se défendre, et un arrêt du Parlement de Dôle, du 22 décembre 1587, maintint naturellement le seigneur dans la propriété de ses bois (3).

François Chabot était justicier de Percey-le-Grand,

(4) Archives de Fontaine. C'est la Corne Viennot appartenant depois en toute propriété à la commune, par suite de transaction pour éteindre les droits qu'elle avait dans la forêt de Velours.

(2) Boudot, Histoire de Mirebeau, page ^17.

(3) Archives du chftteau*

et, à cause de ce droit, les 29 septembre et le 11 décembre 1588, les habitants de Percey lui font foi et hommage et lui donilent leur dénombrement.

Pareil dénombrement est donné plus tard, le 4 mars 1618, à Catherine de Siily, veuve de François Chabot, qui reprend de fief cette terre appartenant d'ailleurs aux seigneurs de Fontaine (1).

En 1591, François Chabot fut surpris, dans sa forteresse de Mirebeau, par Guyouvelle, officier de la ligue contre les protestants. Il y fut arrêté et conduit prisonnier à Chaumont où il fut enfermé. L'argent, le biè, les armes furent enlevés et pillés. Il lui en coûta 40.000 écus pour sa rançon (2).

François Chabot avait eu, on le sait déjà, irois fils, l'ainé Jacques fut d'abord marquis de Mirebeau et ne devint seigneur deFontaine-Française qu'en 1628,après la mort sans descendance de son frère Henri, qui en était seigneur par droit de succession.

Si Henri étaitseigneur de Fontaine-Française, il n'en exerçait pas les droits, car jusqu'en 1599, année de la mort de son père, François Chabot, celui-ci seul figure dans les actes, titres et autres documents.

J'arrive à la plus belle page de l'histoire de Fontaine- Française.

La bataille du 5 juin 1595, gagnée par Henri IV sur l'armée espagnole, a fait passer le nom de Fontaine- Française à la postérité, et nous avons le droit d'être fiers d'appartenir à une cité témoin de la valeur que déploya le roi et sa petite armée dans cette journée si heureuse par ses résultats.

(I] Archives du château.

{%) Boudot, Histoire de Mirebeau.

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