‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 34 sur 74 · SODS JACQUES DE MAZEL ET CATHERINE D'ARNADLT, DE 1677 A · texte numérisé non relu

SODS JACQUES DE MAZEL ET CATHERINE D'ARNADLT, DE 1677 A

▲BMB8 018 MAZBL

. Ils portaient : Ecartelé aux 1 et 4 d'or à aae aigle éployée de sable a deut tètes ; aux 2 et S d*azur à trois étoiles d'or ; sur le tout d*azur à une fleur de lys d'or.

Sur l'origine de Jacques de Mazel^ époux de Cathe* rine d'Ârnault, dame de Fontaine-Française, la communication suivante m'a été faite.

« Le 26 octobre 1765, par devant MM. Garnorant qui en a gardé la minute et Caron, commissaires du roi, notaires au Châtelet de Paris, il a été fait la déclaration suivante pour servir de notoriété,

a Par Pierre Charles de Bouttetde Bréon, écuyer, âgé d'environ quatre-vingts ans :

« Jacques Salomon de Mazel, écuyer, avait épousé Judith de Montglas, ils faisaient profession de la religion prétendue réformée et étaient du Languedoc.

a Leur fils Jacques de Mazel^ de la même religion et même province, a été lieutenant colonel sous les ordres du maréchal de Turenne ; il a épousé la nièce de M. d'Arnault, tante du déclarant et a eu pour fille M"* de Mazel, grand'mère de MM. de la Tour-du-Pin la Charce. »

sous JACQUES DE MÀZBL ET CATHERINE d'ARNAULT 309

Catherine d'Arnault, nièce d'Antoine, son héritière, dame de Fontaine-Française, avait épousé, le 21 novembre 1656, Jacques de Mazel, alors capitaine au régiment du maréchal de Turenne. Il faisait comme son père, profession de la religion prétendue réformée, mais il fit abjuration aux Capucins de Dijon, le 31 janvier 1686. Il mourut seigneur de Fontaine- Française du chef de sa femme, ne laissant qu'une fille, Claude de Mazel, dont il sera question plus loin. En 1670, il fut créé chevalier par Louis XIV.

Peu après la mort de son oncle, Catherine d'Arnault fait sa reprise de fief et le dénombrement de la seigneurie de Fontaine-Française, 1677, savoir :

« Premièrement, la seigneurie dud. Fontaine, en toute justice, haute, moienne et basse, sur tous les habitans dud. lieu, sans aulcune exception.

« Le chasteau est bien basty avec un collombier.

c Ladite seigneurie relève de fief de monsieur l'evesque de Lengres, à cause du comté de Montsaujon.

a La baronnie de Percey-le-Grand, Courchamp et la seigneurie de Fontenelle et la Craye relèvent du fief dud. Fontaine.

« Le bailliage de Chaume dépend de ladite seigneurie en toute souveraineté^ avec une portion de la seigneurie de Fontenelle en moienne et basse justice.

« Appartient à ladite seigneurie environ trois mil arpens de bois a Ventien harpent de Bourgogne.

« Un parc de 40journaulx avec arbres fruitiers qui vaut en moienne année. . 300 livres

c La mettairie de la Borde, 160 journaulx.de terre et 9 faux de pré, donne

par commune année 400 »

A reporter. . . . 700 livres

Report .... 700 livres « La corvée derrière VEsglise et celle

de la Tour d'Antoison, 160 journaulx . 300 a Le dixme de douze gerbes l'une,

six vingt esmines 1.200

« Les vignes, 18 journaulx dont cinq

sur Corchamp 150

« Les prés, 169 faux 1.500

« Le dixme du vin 25 muids . . • 150

a Les estangs (1) 1.800

« Les bois a 100 harpens par chacune année 2.000

« Le four banal 300

<c Les censés et le greffe s'amodyent 200 a Terres d'héritages, prés, maisons,

lods, etc 100

tt Les amendes 80 livres et les gages

des officiers 20 100

« L'éminage et la halle 30

j Corvées dues par diverses maisons

outre le cens en argent . ..... 100

« Les redevances des meix taillables 60

« Le moulin proche le chasteau . . 100

€ Les revenus de Chaume .... 600

« La portion de la seigneurie de Fon-

tenelle 60 «

(( Total 9.450(2)^

Il n'est pas question ici des revenus du fourneau

(1) A cette époque le grand étang n'était qae d'une étendue de su joarnaux trois quarts et treize perches, environ 2 hectares 34 ares. B servait déjà de bief au fourneau remplaçant deux moulins.

(2) Archives du cb&teau.

sots JACQUES DE MAZEL KT CATHERINE d'aRNAULT 311

jgui existait depuis vingt ans environ. Il est probable que le seigneur l'exploitait lui-même et à son propre profit.

! Comme toutes les seigneuries, celle de Fontaine avaU un tribunal composé d'un juge en titre, personnage important, d'un juge suppléant, d'un procureur d'office, d'un substitut du procureur, d'un greffier, d*un sergent ou huissier et de praticiens ou clercs.

€ Les 23 novembre et 18 décembre 1679, reprise et dénombrement du four banal par dame Catherine d'Arnault, femme autorisée de messire Jacques de Mazel, chevalier, colonel de cavalerie, en sa qualité d'héritière universelle testamentaire de feu messire Antoine d'Arnault, son oncle, seigneur de Fontaine, ledit four banal relevant du roi à cause qu'il a été acquis par ledit feu d'Arnaull de défunt Louis de Mellin, écuyer, seigneur de Saint-Seine- la-Tour-sur-Vingeanne, de laquelle seigneurie de Saint-Seine, qui relève du roi, dépendait ledit four.

<c Lequel four consiste (comme revenu) en la vingtième partie (une livre sur vingt) de tout le pain qui s'y cuit par les habitants dudit Fontaine, étant obligé le seigneur de fournir le bois pour le chauffage et payer le gage du fermier, et consiste ledit four en une maison où est ledit four, de la rue d'Aval (1), de huit émines de rente sur la seigneurie de Fontaine, moitié froment et moitié avoine et quatre faulx de pré appelé les Quatre taulx du four, et deux cents arpens appelés le Bois du four (2). »

Jusqu'en 1684,^ époque à laquelle la terre de Fon-

(i) La maison de Tournier, décédé vannier en 4883. {2} Peincedé, t. Vil, page 538, B. 40846,

312 HISTOIRK DE FONT AJNB- FRANÇAISE

taine-Française passa à la maison de la Tour-du-Pio, rien d'important n'est à signaler. Néanmoins il est bon d'indiquer les faits que j'ai recueillis dans les archives du château.

Le 23 novembre 1679, Catherine d'Amaull, autorisée de son mari Jacques de Mazel, fait foi et hommage € à Monsieur Vévêque de Langres », pour reprise de fief de la seigneurie de Fontaine-Française, « à cause du comté de Montsaujon et de la duché-pairie dudit évêque(l) ».

Le 2 janvier 1680, le seigneur de Fontaine, pour éviter une saisie, est obligé de faire reprise du fief de Berthault à cause du four banal qui en dépendait (2j.

La même année, par ordonnance de mai, le roi révoque les privilèges que les habitants de Fontaine- Française et plusieurs autres communautés avaient de se fournir de sel blanc dans les salines du comté de Bourgogne et ordonne par l'article 7 du titre 13 de cette même ordonnance que ces communautés se fourniront dans le grenier à sel de leurs demeures où il leur en serait délivré sur le pied marchand à raison de quatre pintes par année pour chaque personne audessus de l'âge de sept ans.

Les dixmes aliénées payaient encore une forte taxe, bien des seigneurs s'en plaignirent. Jacques de Mazel adressa aussi ses doléances à la Cour des Comptes, le 8 mai 1682. Il eut gain de cause. Une ordonnance de Bouchu, chevalier, conseiller ordinaire du roi, intendant de justice de Bourgogne et Bresse, modère cette taxe et de 940 livres la réduit à 200 (3).

(1 , % et 3) Archives du cbftteau.

f sous JACQUES DE HAZEL ET CATHERINE d'aRNAULT 313

La chapelle du château, délaissée par Antoine d'Ârnault et par Jacques de Mazel qui ne fit son abjuration qu en 1686, deux ans après le mariage de sa fille avec Louis de la Tour-du-Pin, fut de nouveau ouverte, et le 13 novembre 1681, messire Charles- Alexandre de Grignoncourt, clerc du diocèse de Toul, en prend possession et la dessert jusqu'au 19 juillet 1688. Il résigna ses fonctions, à cette date, en faveur de messire Simon Minard, curé de la paroisse de Saint-Sulpice de Fontaine-Française (1).

(1) Archives du château.

Page 1