FONTAINE-FRANÇAISE SOUS H. DE SAINT-JULLIEN
365 livres 10 sols; on a dépensé 460 livres. La voûte, suivant le devis, était découverte sur la longueur de deux fers à la quatrième ferme (1).
On avait^de temps immémorial, Thabitude de sonner la grosse cloche pour prévenir les habitants des réunions municipales. Louis Rosat et Fay (2), échevins, ayant refusé de faire sonner la cloche pour les réunions communales, reçurent une sommation de la part des habitants, le 20 février 1776. Us durent se soumettre et cet ancien usage s'est perpétué jusqu'à la Révolution (3).
Il est difficile aux habitants des campagnes de se plier à des innovations, avantageuses ou non : l'habi'* tude, la routine luttent longtemps contre les améliorations.
En 1777, on partagea pour la première fois^ non sans réclamations, cris, menaces, voies de fait, les bois de louage (affouage) par égales portions entre les feux. Ce mot fouage (de focuSy foyer, feu) vient du mot patois /otie, foua pour feu, d*où fouage, affouage.
Par droit fort aiîcien, datant de temps immémorial, on allouait à chaque ménage ou maison une part de futaie au prorata de la surface bâtie ; de sorte que plus on avait de bâtiments, de maisons,^ plus on avait de bois de charpente (Cet usage existe encore dans plu-
(4) Archives du département. Intendance C. 4250.
(2) La famille Fay, Tune des pins anciennes de Fontaine et celle des Biot ont toujours rempli les fonctions publiques, soit par le choix da seigneur soit par celui de leurs concitoyens.
(3) Archives du département. Intendance, G. 4250. Cet usage existe encore à D6leetdansd*autres villes de la Franche-Comté où Ton sonne la grosse cloche pendant un quart d'heure avant chaque réunion du conseil municipal.
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sieurs localités de la Franche-Comté). Ceux qui ne possédaient pas de maison on qui n'avaient que des sortes de masures étaient privés de bois de futaie. C'était illégal et on doit remerder les douze membres du conseil municipal d*avoir mis fin à un tel abus. Us n*y parvinrent pas sans difficultés, mais peu à peu on s'habitua au nouvel usage et les pauvres eurent la même part que les mieux favorisés de la fortune.
Les archives du département renferment une pièce de riutendance, C. 1250, où on lit que de 1764 à 1777, dans notre contrée, il y eut « manque de récoltes, disette de grains. »
lien résulta toutes sortes de calamités : la misère, la maladie, les épidémies, la ruine du pays qui avait contracté de grandes dettes et qui eut toutes les peines du monde à s'acquitter.
Le 22 mai 1780, M. de Saint-Jullien fait foi et hommage à l'évéque de Langres, César Guillaume de la Luzerne, à cause du comté de Montsaujon^ pour les terres de Montormentier, Courchamp et mairie de Sacquenay qu'il avait acquises, savoir : Courchamp, le 2 septembre 1774, de Maillot de Courchamp ; Montormentier et Sacquenay, le 2 novembre 1778, de Philibert Delecey (1).
Voltaire, Ué comme je l'ai dit, avec M"* de Saint- Jullien, venait souvent à Fontaine où il a composé et fait jouer plusieurs comédies sur le théâtre dont le plan et l'emplacement peuvent encore se voir au châ-
(4) Ârchiyes duchftteau. Après la mort de M. de Saint-Jullien, la mairie de Sacquenay, qu'on appelait alors le ch&teau, a été acquise par M. Aman Guillaume de Mercey, aïeul par alliance de Fauteur de cette histoire.
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teaa, ainsi que la loge qu'il occupait ordinairement.
On raconte, dans le pays, que Voltaire eut une liaison avec une certaine F... Je ne sais si ce bruit est fondé ; peut-être certaine ressemblance a-t-elle suffi pour Faccréditer. Quoi qu'il en soit on est convaincu, dans nos pays, que Voltaire a réellement laissé un fils naturel qui aurait eu une certaine position dans la suite.
M. de Saint-JuUien n'a eu qu'un fils de M"' de la Tour-du-Pin, Jean- Victor-François-Auguste, né le 7 septembre 1749, mort à Paris vers 1782.
On met sa mort sur le compte d'une saignée inop* portune qu'avait ordonnée son médecin.
J'ai pu lire, en effet, la note suivante : « M. de Saint- Jullien, fils du fameux receveur général du clergé, est mort à l'âge de trente ans, à Paris, universellement regretté.
« Il a pressenti TefTet d'une saignée qui a précédé sa dernière heure : Assassinez-moi donc puisque vous le voulez, a-t-il dit, en tendant le bras. Le célèbre Bouvard était son médecin (1). »
Par ordre des Elus généraux du 12 novembre 1781, il fut dressé dans toute la Bourgogne un nouvel état général des villes^ bourgs et villages.
Voici, en ce qui concerne Fontaine-Française, un extrait de la déclaration du contrôleur qui est faite, par demandes et par réponses, en 1783 (2).
(4) Extrait de la Chronique scandaleuse, ou mémoire pour servira rEistoire de la génération présente, 4« éditioQ, tome IL Paris, dans oncoia d'où Ton voit tout, 1783, in-So.
(2) Archives du département, C. 2734 .
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