‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 59 sur 74 · MADAMB LA MARQUISE DE LA TOUR-DU-PIN · texte numérisé non relu

MADAMB LA MARQUISE DE LA TOUR-DU-PIN

est destinée aux frais et au service des secours à domicile pour les indigents qui reçoivent gratuitement les soins médicaux et les médicaments.

Beaucoup de riches ornements, bien des meubles de Téglise sont dus à la libéralité de M*"* de la Tour-du-Pin.

Son dernier don est le beau chemin de croix qui orne aujourd'hui les murs si nus de Téglise.

A l'occasion d'alignements, M"° de la Tour-du-Pin a toujours cédé gracieusement et gratuitement à la commune les terrains nécessaires à Télargissement des voies publiques et à l'amélioration des dessertes agricoles.

Tous ces bienfaits perpétueront à jamais son souvenir, et de tous côtés j'entends exprimer Tespoir que ses descendants se feront une gloire de suivre les bons exemples qu'elle leur a donnés.

Le marquis Louis-Gabriel Aynard, fils de M""" la Marquise de la Tour-du-Pin, a laissé aussi parmi nous des souvenirs qui ne s'eflaceront pas. Digne fils de sa mère, il avait reçu d'elle tous les dons, les vertus et les qualités. Je n'entrerai dans aucun détail sur sa vie si bien remplie, elle a été écrite par plusieurs de ceux qui l'avaient connu et apprécié, et le récit de ses derniers moments et de ses obsèques a été rédigé par le comte Jules de Chabrillan, son beau-frère. Je possède une copie de ce récit dans ma bibliothèque.

On me permettra encore, je l'espère, de reproduire les deux articles suivants que j'avais envoyés au journal la Côie-d'Or^ et qui ont été insérés dans son numéro du 22 novembre i^55. Ils rappellent, en quelques mots, ce qu'a été le marquis de la Tour-du-Pin et peignent à grands traits sa vie si pleine de gloire et de

vertu.

« Samedi dernier 17 novembre, ont eu liea, sans pompe, les funérailles de M. le marquis dé la Tourdu-Pin, mort le il, à Marseille. Il y était arrivé depuis quelques jours seulement, couvert de la gloire qu'il avait acquise depuis deux ans en Crimée, où il servait la France, comme volontaire, avec le grade de colonel d'état-major.

« M. de la Tour-du-Pin a été enterré au cimetière de Fontaine-Française au milieu d'un nombreux concours de parents et d'amis. Il avait dit avant sa mort -.je veui être enterré à Fontaine au milieu de mes amis... Noos avons voulu une dernière fois honorer celui qui fat toujours un père pour nous et qui versa si généreusement son sang pour la défense de la justice, du droit et de la religion. Son tombeau sera modeste, maû^ il sera souvent visité par ses concitoyens ; souvent ils iront y pleurer la mort prématurée de l'héroïque capitaine qui n'avait cessé de leur donner pendant sa vie des preuves de son courage, de son désintéressement et de son amitié. . . y>

« On nous écrit encore de Fontaine-Française:

(( Il est des noms dans notre belle patrie qui perpétuent les grandes traditions de la valeur et du dévouement: des cœurs qui sont animés de cet amour bienveillant de Thumanité qui ne fait aucune acception de rang, qui n'admet aucune distinction d'origine. Tel était, dans nos contrées, M. Louis-Gabriel Aynard, marquis de la Tour-du-Pin de Gouvernet de la Charce, colonel d'état-major, commandeur de l'ordre impérial de la Légion d'honneur et commandeur de Tordre royal de Dannebrog de Danemark qui vient de descendre dans la tombe.

<( Je ne vous dirai pas comment, pendant vingt ans,

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t combattu en Afrique au milieu de nos braves lé-

bs ; comment le Danemark, dans sa dernière guerre,

compta parmi ses plus dignes défenseurs ; comment

(, au bruit du canon, sur les rives du Bosphore,

ficité comme une faveur de reprendre du service (1),

comment enfin il a succombé sous le poids de son

répide dévouement à l'âge de 49 ans (2).

It Mais ce que je puis vous dire, ce sont les bien-

Is qu*il répandait sans cesse autour de lui: il n'y

lit pas ici une infortune qu'il ne soulageât, pas un

llbeureux qu'il ne cherchât à consoler; et parmi ceux-

mêmes qui ne se rendaient pas bien compte de la

ûrce de la bienfaisance dont ils étaient l'objet, j'ai

uvent su reconnaître la main protectrice et discrète

ï M. de la Tour-du-Pin.

c Sa perte a donc excité parmi nous des regrets liversels dont la trace ne s'effacera pas plus que le Kivenir de ses inépuisables bienfaits. »

(1) Une surdité prématurée ayait brisé sa carrière miliiaire, et il «it été obligé, par suite de cette infirmité, dequitter le serviceactif.

(2) Un éclat d'obus lui a fait une blessure mortelle à la prise de la ur Malakoff.

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Le lecteur a déjà vu, au chapitre du combat du 5 juin 1505^ que Jacques de Matignon, comte de Thorigny, était un des ancêtres des la Tour-du-Pin de la Charce de Fontaine.

En effet un Goyon ou Guyon de Matignon, descendant de Jacques, dont la famille était originaire de Bretagne, épousa, sous Louis XIV, rhéritière de la principauté de Monaco. Il abandonna son nom, prit celui de sa femme et devint ainsi, parle mariage de la princesse Honorine-Camille- Athénais Grimaldi de Monaco avec le marquis René de la Tour-du-Pin, l'ancêtre de cette dernière famille dont un des descendants, le comte Fortuné de Chabrillan, est actuellement propriétaire de la terre de Fontaine (1),

(4) Guignes de Moretoo (Noir, More), comte de Chabrillan, porte: D'azur à une tour crénelée de cinq pièces, sommée de trois donjons crénelés chacun de trois pièces, le tout d'argent maçonné de sable, la tour ouverte en flanc senestre, à la patte d'ours mouvant du quartier sénestre de la pointe de Técu et touchant à la porte de la tour.

L'écu sommé d'une couronne fleuronnée à toque de gueules, à houppe d'or et tenu par deux lions contournés ayant la môme couronne.

Cimier : Une patte (Tours d'or.

Cri : MoretOTiy Mormon.

Dévise : Antes quebrar que doblar.

(Plutôt rompre que ployer).

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M. Paul Gafïarel a fait paraître, en 1886, une brochure très intéressante à propos de Jacques de Matignon. Avec sa gracieuse autorisation je me plais à la reproduire ici.

La maison de Moreton wi des plos anciennes de France. Elle possède des titres da ifi et du xi* siècles.

C'est le 6 mai 1 430 que de Moreton acquit par échange du dauphin (Loais XI) la seigneurie de ChabriUan» qui fut érigée en marquisat au mois d^octobre 1674.

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