‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 60 sur 74 · LETTRES · texte numérisé non relu

LETTRES

PAft CATRSRINB DE MEDIGIS

HKNRI m BT MARGUERJTB DB NÀVÀRRB (IstnUlM Arcklm ta ffeMMi éi lMtilM4ru(alil)

« M. le comte deChabrillan possède, dans les arcbives de son château de Fontaine-Française (Côte-d'Or), un manuscrit intitulé : « Recueil des lettres originales, écrites par les Roys et Reines de France à Jacques de Matignon, comte de Thorigny, baron de Saint-Lo, prince de Mortagne, maréchal de France, chevalier des ordres du Roy, lieutenant-général en Normandie, gouverneur de Guyenne, maire de Bordeaux, etc., mort en Tannée 1597. » C'est un volume in-folio, le troisième d'une collection dont nous parlerons tout à l'heure. Il est relié en veau fauve, avec le chiffre de Grimaldi-Monaco» couronné, sur les plats. Il contient les lettres adressées au maréchal de Matignon, de 1585 à 1597.

a Comme le maréchal de Matignon fut un des personnages les plus en vueduxvr siècle, qu'il fut mêlé aux affaires diplomatiques, aux intrigues secrètes, et aux opérations militaires, que la reine Catherine de Médicis l'honora de sa confiance, que le parti catholique le compta au nombre de ses membres les plus influents, et que, sur la fin de sa vie, il combattait encore aux côtés de Henri IV, lors dé la charge brillante qu'exécuta ce prince à la bataille de Fontaine-Française, nous avions pensé, à l'aide de ces documents inédits, refaire la biographie de ce guerrier diplomate. Ayant

appris que son Altesse Sérénissime, le prince régnant de Monaco possédait dans ses archives deux volumes de lettres également adressées à Matignon, nous lui avions demandé, ainsi qu'à M. le comte de Ghabrillan, l'autorisation de nous servir des deux volumes de Monaco et du volume de Fontaine-Française. Son Altesse Sérénissime nous a fait savoir que son archiviste préparait justement la publication à laquelle nous avions songé. M. le comte de Ghabrillan, aussitôt informé, a gracieusement mis son manuscrit, qui formait le troisième volume de la collection, dont les deux premiers volumes sont conservés à Monaco, à la disposition de M. l'archiviste de Monaco, et c'est ainsi qu'il nous a fallu renoncer à la publication d'une correspondance inédite, pleine de renseignements curieux, et qui aurait fait honneur à la Société Bourguignonne d'histoire et de géographie.

ce M. le comte de Ghabrillan^ à défaut du manuscrit que des convenances de famille et l'antériorité des travaux entrepris par M. l'archiviste de Monaco, l'obligeaient à communiquer à d'autres personnes, nous a autorisé à publier quelques lettres extraites de la correspondance du maréchal. Ces lettres ont été copiées sur l'original au château de Fontaine-Française, par notre collègue M. Grigne. On jugera, par ces extraits trop courts, de l'importance et de l'intérêt du manuscrit, que doivent prochainement publier d'autres érudits plus heureux que nous ne l'avons été.

« PaulGaffarel. »

424 HISTOIRB DE FONT AlNE-FRÀNÇ AISE

Du !•' février 4585.

Mon cousin ayant pasé par ysi ce porteur qui vient de la Cour, et vous va trouver, je vous ay vouleu fayre ce mot pour vous dire que comme je pensois m'en aller le Roy de Navarre m'a mandé qu'il désiroit me voir ce que luy ay acordé pourveu que ce soyt entre cy et dimanche prochain et verray si sera myeulx conseillé que l'aultre foys qu'il vynt car de changer de langage je ne le puys ny ne le veulx si vous faytes byen et quelque chose d'importanse cela vous aydera à fayre byen isy que je prye à Dyeu m'en faire la grase afin que ce pauvre Royaume qui est si affligé puisse reprandre ses esprits car je ne vys jamais tant de pytyé qu'il y en a isi, je croy que de vostre cous té vous n'en avez pas moyns je prye Dyeu qu'il vous en face sortyr et tous ces maulx et qu'il vous doynt la grase de continuer nostre bonheur. De Nyort, ce premier jour de février 1585. Signé votre bonne cousinjB Caterine.

 mon consynMonsyeurle mareschal deMatygnoo.

[Sans date).

Mon cousin je aysté bien marrye de ce mal qu'aves eu et byen ayse de ce que aves recouvert vôtre bonne santé, laquelle Dyeu vous conserve afin que longuement servyez nostre Roy comme aves tousjours si byen fest le Roy envoyé pardella ce présent porteur pour visiter M. Du Meyne et moy je ayté byen ayse d'avoir ceste

occasion pour vous fayre ce mot et vous prier de vous asseurer que n*auré jeames une meilleure amye ni desire plus votre conservation que je feiz.

Votre bonne cousine Gaterine.

A mon cousin Monsieur le mareschal de Matignon.

7 février 1587.

Mon cousin je vous fais ceste lettre expressément pour vous dire qu'ayant esté adverty que la Royne d'Angleterre a faict en son Royaume arrester les navires et marchandises de mes subjects j'ay ad visé d'en user de mesme àl'endroict des siens et des navires et marchandises qui sont à présent es ports et havres de mon Royaume à eulx appartenants, affîn que mes subjects soient desdommagez des pertes qu'ils pourroyent encourir pour ce regard, au moyen de quoi je vous prie incontinent la présente receue faire arrester et saisir soubs ma main tous les navires et marchandises qui se trouveront à Rourdeaux appartenants aux Angloys et tenir la main que le semblable soit faict aux aultres havres de mon pays de Guienne que besoing sera; ed afSnque les dits Angloys ne se puissent prévaloir d'autres commoditez du bien de mes dits subjects que de celluy qu'ils ont déjà arresté d'aultant qu'aucuns d'iceulx qui ont accoutumé de trafficquer en Angleterre ignorans ce qui est arrivé pourroient continuer leur commerce, vous ferez faire deffences à mes dits subjects de l'exercer avec les dits Angloys ny d'aborder en Angleterre pour quelque cause et occasion que ce soit, sur peine de désobéissance, mais

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parce que c'est chose qui requiert dilligence et qoe j'ay à cœur vous pourvoierez le plus promptement que faire se pourra, m'advertirez de la réception de la présente, et de Tordre que vous aurez donné sur le contenu d'icelle laquelle n'estant pour aultre efféct, je prie Dieu, mon cousin, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde. Escrità Paris ce septième jour de febvrier 4587.

HENRY, et plus bas DENEUFVILLE.

Lesdits Angloys ont aussi arresté de ne payer leurs debtes à mes subjects. Partant vous ferez en conséquence nouvelles deflenses à mes subjects de payer aus dits Angloys ce qu'ils leur peuvent deb voir jusque à ce que j'en aye aultrement ordonné.

A mon cousin le mareschal de Matignon, marescfa&I de France.

30 mars 4588.

Mon cousin, la dame de Plassac désire s'achenÙBer aux beins en Bearn pour sa santé, je vous prie lui accorder ung passeport pour elle son train et ceulx qoi la conduiront puis la ville de Pons jusques aux beins, affm qu'elle face son voyage en toute seureté, et oullre l'obligation que lesdits Plassac et elle vous en auroDt ce me sera beaucoup de contantement de voir que ma recommandation ne leur soit inutile, et sur ce mon cousin je prie Dieu vous avoir en sa garde. DeSaiat Jehaa d'Angely le trentième mars 1538. Votre plus affectionoé cousyn et amy HENRY.

A mon cousin Monsieur le mareschal de Matignon.

(Sans date).

Mon cousin M. de Belièvre vous aura desja faict antandre ce qu'il a fait avec le Roy mon mary avant qu'il arrivât M. de Chantenot étoit venu de sa part qui m'avoit aporté toutes les asseurances de sa bonne volonté que je pouvois désirer comme aussy de la resolution en quoi il est de me voir bien tost avec luy ce qui m'a esté encores confirmé par Frontenac qui m'a parlé de sorte que je panse avoir occasion d'espérer tout bien et de croire que je voire une pronte fin aux longueurs qui m'ont aporté tant de peine, et vous suplie de croire qu'une des occasion qui me fait autant souheter d'estre auprès de luy est le désir de nous voir tous deux bien ensemble, estimant que c'est le bien gênerai et le nostre tous trois en particulier, car l'expérience du passé nous a assez appris combien la mauvaise intelligence de mon mary avec ceux qui tient le lieu que vous soustenez aportoit de mal pour le repos public car estant byen vous en trouverez toutes choses plus faciles à accommoder et le Roy mon mary en sera plushônnoré et respecté et moy plus contante. Le Roy mon mary se plaint par la depaiche de M. de Rêvant de la réponse que luy en a faicte M. de Belièvre ce qui ne m'avoit peu affligée. Toutesfois ayant depuis parlé à M. de Belièvre, il m'a dit n'en avoir occasion je croy qu'il y a des personnes qui ont l'esprit continuellement bandé à inventer de nouveaux sujets pour entretenir et acroitre le mal et moy misérable je porte la peine de tout, or patience j'espère que je trouveray autant de secours en Dieu que j'éprouve de malice aux

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hommes. Je vous supplie faire estât de la voUonté que

j'ay perpétuellement de vous servir et me tenir pour

votre affectionnée et meilleure cousine MARGUEPJTTE.

A mon cousin Monsieur le mareschal de Matignon.

(Sans date).

Mon cousin je vous mercie de la paine que vous avez prise de me faire part de vos nouvautées qui d'isy a dis ans eussent este telles an ce dessert ou ne voules estre et n'abborder si ne vous ont pieu me les flaire voir je trouve ces réglemens si beaux et si magnifiques que je ne puis faire autre chose qu'admirer cette grandeur et an demeurer aussi ravie que le feurent anciennemant les Gaulois entrant à Rome voyant les sénateurs avec leurs barbes vénérables et leurrobbe de pourpre. C'est un grand contentemant à ceux nés comme moy François de voir une si belle espéranse de revoir ancore fleurir la France j e m'asseure qu'on ressent aussy la même joye et pour ne ravoir de noovelles dignes de vous mon cousin je prieray Dieu qall vous ait en sa sainte garde.

Votre plus affectionnée et meilleure cousine MÂR- GUERITTE.

A mon cousin Monsieur le mareschal de Matignon.

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LËTTHES ADRESSÉES AU MAHÉCHAL DE MATIGKON 429

Dans les chapitres suivants, Eglise, Château le

lecteur trouvera des répétitions de diverses parties des chapitres précédents.

C'est à dessein qu'il en a été et qu'il en sera ainsi, parce que ces derniers chapitres, comme celui du Combat du 5 juin 1595, ont déjà fait et pourront encore faire Tobjet de tirages à part, lesquels seraient incomplets si ces répétitions n'existaient pas.

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