‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 61 sur 74 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

L*ÉOLISE

L'église de Fontaine-Française, située à rextrémité sud du village, au milieu du cimetière, n'ofire absdament rien de remarquable.

Bâtie en partie sur les fondations d'une ancienne église dont le chœur et une chapelle, existant encore aujourd'hui, montrent la marque des xiii* et xiV siècles, elle se compose d'une grande et unique nef formée de sept travées avec une voûte en pierre à plein cintre, du style roman imité sans décoration.

Cette nef a 33'"30 de longueur et 9"50 de largeur. Dans cet espace s'alignent, sur trois rangs, des bancs en bois, vieux, en partie brisés, très irréguliers et produisant un fort vilain effet.

La voûte, haute de 8"'50 à la clef, est supportée de chaque côté par des murs percés de six fenêtres cintrées, sans ornement, et par neuf piliers avec contreforts extérieurs, le tout d'une rare simplicité.

L'ensemble est dénué de tout caractère architectural.

La nef fait suite au chœur et au sanctuaire, dont la voûte en deux travées est d'un tout autre aspect. Ici,

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le Style est roman avec fortes et belles nervures d*arètes reposant, à la retombée, sur des demi-chapiteaux aux angles et sur des chapiteaux entiers avec pilastres au milieu. Cette partie de l'ancienne église all"'40delon* gueur et &^10 de largeur.

A la quatrième travée se trouvent, à droite et à gauche, deux portes: celle de droite donne accès dans une chapelle dite des Gevrey^ du style gothique flamboyant, par conséquent plus récente que le chœur et le sanctuaire, et renfermant la tombe des deux frères jumeaux fils de Jean III de Longvic qui a probablement doté ladite chapelle.

Sur la clef de voûte, à la jonction des nervures, on distingue un écusson portant une étoile ou rose des vents à sept pointes, posée sur une ancre de marine. Od aura sans doute voulu reproduire une partie des armes de Famiral Philibert Chabot, qui épousa, en 1526, M"* de Gevrey de Fontaine, veuve de Jean III de Longvic, mort en 1520.

La pierre tombale des Gevrey est plate et représente en pied, revêtus de leurs habits sacerdotaux, les deux frères sous une sorte de baldaquin gothique, d'une fine découpure, remarquable par sa régularité et sa légèreté, au-dessus duquel on lit en assez gros caractères : Deux frères germains. L'inscription très etîacée que je donne plus loin est en caractères gothiques majeurs et se trouve entre les lignes de l'encadrement. On peut facilement y lire que les deux frères ont été inhumés, Tun, le 10 janvier et l'autre le 28 avril de Tan 1525.

Cette chapelle des Gevrey a eu ses desservants spéciaux, appelés Familiers et ses revenus particuliers. 11 n'y a pas bien longtemps encore qu'on y officiait. Le marguillier Febvre y a reçu le sacrement de ma-

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nage. On peut regretter que M. le curé Rose en ait fait démolir Tautel en 1851 (1).

Espérons qu'un jour cet autel sera rétabli et qu^on rendra à la chapelle des Gevrey sa première destination.

En face, à gauche, se trouvait une chapelle semblable, dite des Douze ApôlreSy où se voyaient toutes leurs statues. Cette chapelle, probablement ruinée au moment de la chute de la grande voûte, n'a pas été relevée ; la porte seule, style roman, avec croix latine, existe encore.

Le clocher, assez bien conservé, est de la même époque que le chœur. Il est lourd, massif, à petits modillons blasonnés, comme la partie ancienne de l'église ; ses quatre fenêtres à plein cintre sont géminées avec colonnettes rondes au milieu et indiquent bien le XIII* siècle ou au plus le commencement du xrv^' (2).

Le coq placé au haut de la croix, formé d'une simple plaque de cuivre découpée, porte différentes dates gravées dans le métal : 1G06, 1727, 1777 et 1853, époques de réparations de l'église et du clocher.

Pour soutenir ce clocher au moment des grosses réparations, on a eu la malheureuse idée de bâtir un mur de refend et de soutènement, percé d'une voûte ogivale tellement étroite et basse que, du bas de l'église, on voit à peine le maître-autel. Ce mur de refend

(1) La table en pierre de cet autel sert aujourd'hui de marche d'escalier dans la maison Frenette (Henri), rue de l'Eglise. . (2) Au moment des troubles, craignant pour leurs titres précietiX, au nombre de 47, les habitants les placèrent le 6 juillet 4697 dans les combles, sur le chœur de l'église, dans un coffre solide avec armature en fer et rosses serrures, comme la porte qui fermait cette cachette.

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est du plus mauvais effet et gâte complètement Tinté* rieur de Tédifice.

Le banc du seigneur était placé au chœur, en face des chantres. Il appartient au château et il est en^ core occupé aujourd'hui par le propriétaire de la terre de Fontaine-Française.

Le chœur, les bancs et la tribune, qui se trouve audessus de la principale porte, peuvent contenir environ 650 personnes, c'est-à-dire près des trois cinquièmes de la population actuelle de Fontaine.

Tout est, je le répète, d'une simplicité remarquable dans notre église. Et cependant M. le curé Dard a fait d'assez grandes dépenses, il y a quelques années, pour réparer et remettre à neuf le maître-autel et les deux petits autels appuyés contre le mur de refend du clocher, l'un à droite, dédié à la vierge Marie, et l'autre, à gauche, dédié à saint Eloi, patron des cultivateurs, des maréchaux et des orfèvres.

Ces travaux, la belle croix et les quatre statues que M. le curé a fait placer au-dessus de la baie ogivale du chœur, ont embelli cette partie de l'église, bien nue et bien mal entretenue auparavant.

M"** la marquise de la Tour-du-Pin est morte, regrettant, m'a-t-elle dit souvent, de n'avoir pas profité du moment de la vente de la maison Claudon, notaire, et de celles donnant sur la place pour achetercesimmeubles et faire construire, € en ce Mew, une 'belle et vaste église remplaçant la vilaine église actuelle:^ qu'elle ne pouvait pas supporter...

L'ancien Chemin de Croix, composé de mauvaises

gravures enluminées renfermées sous verre dans des

cadres en bois sans aucune valeur, a été remplacé, en

1878, aux frais de M"*' de la Tour-du-Pin, par un beau ' 28

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Chemin de croix en peinture à l'huile sur cuivre rouge avec encadrement en bois doré.

Le carrelage du sanctuaire, en marbre de Fouvent, est un don de M. le comte Jules de Chabrillan, qui Ta fait poser vers 1852.

Le retable de l'autel principal, ou maitre-autel, d'une belle architecture, le seul où on officie (quoique les petits autels latéraux soient pourvus de 2>térres consacrées), est orné d'une peinture à l'huile sur toile, représentant saint Sulpice, le patron de la paroisse, sous le vocable duquel elle était placée dès 865, au moment de la donation faite de cet autel à EgH, abbé de Flavigny, par Tévêque de Langres.

Le tabernacle, en bois doré d'un beau fini, a été donné par M. le Marquis de la Tour-du-Pin, à l'occasion du baptême de la grosse cloche dont il était le parrain. Lalampe en cuivre style Louis XIII est également un de ses dons.

Dans la nef il n'y a que trois tableaux sans valeur: Fun d'eux est l'œuvre de M^^veuveLebon. Ce tableau représente la Vierge Immaculée. L'autre, placé en face, est une ancienne toile, la Vierge à la chaise ? Le Christ vis-à-vis la chaire est beaucoup mieux.

Cinq lustres, dons de personnes pieuses, ornent un peu cette nef et font un très bel effet lorsque tous les flambeaux qu'ils portent sont allumés^ ce qui n*a liea que pour les grandes fêtes.

Les ornements et les vases sacrés ne sont pas riches. Ils sont en nombre suffisant pour les besoins de Téglise, mais n'ont rien qui puisse les faire remarquer.

M™® de la Tour-du-Pin a fait don d'une partie de ces ornements, ainsi que de nappes d'autel et beaucoup d'objets de lingerie fine à l'usage du culte.

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l'Église ^ . 435

Il y a environ soixante ans, on voyait encore, sur l'abside, une énorme caisse, remplie de parchemins, papiers divers, titres, etc., qui y avait été placée au moment de la Révolution. On appelait cette caisse le Trésor. Assurément ces papiers avaient de la valeur ; malheureusement les enfants, qui fréquentaient Técole de M. Lyon, y puisaient à volonté. La caisse est déposée dans la chapelle des Gevrey maisles papiers ont fini par disparaître. C'est regrettable car il pouvait se trouver dans ce Trésor des pièces curieuses, intéressant l'histoire de Fontaine, et peut-être des titres qui auraient pu éviter bien des procès soit à la commune, soit aux particuUers.

La sonnerie, composée de quatre cloches, est parfaitement harmonisée et passe pour l'une des plus belles de nos environs.

La plus grosse cloche appelée le Bourdon(l), du poids de 1535 kilogrammes, date de 1846. Le parrain et la marraine sont M. le Marquis Aynard de la Tour-du-Pin et M"*' de Ghabrillan, sa sœur, représentés par M. Louis Magnieux, régisseur, et M'** Borne, fille du maître de forges. Dans Tinscription on lit qu'elle a été fondue par Rozier, sous l'administration de M. Rozat^ maire, M. Rose étant curé-doyen de la paroisse. C'est une singularité remarquable.

La cloche seconde appelée la cloche du Temps^ du poids d'environ 4000 kilog., a été baptisée le mardi 5 juillet 1729, avant midi, par M. Morelet, prêtre, prieur, curé de Fontaine.

Parrain, M. le marquis de la Tour-du-Pin de la

(I) Quand on a fondu cette cloche on s'est servi du métal de Tancienne, dont le parrain avait été François de la Rochefoucault, seigneur de Fontaine-Française en 4649. Elle pesait 4536 kilog.

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Charee, seigneur deFontaine, souverain deChaume, etc. Marraine, M"* Marie-Suzanne de Prévost-Lansac, épouse de haut et puissant seigneur messire Henri de Bourdeille, marquis dudit, etc.

En présence de Jean-Baptiste Ardouhin, prêtre de la chapelle des Gevrey, familier d'icelle, de Pierre Léauté, prêtre vicaire et de deux fabriciens. Elle fut refondue en 1783, bénite par le curé prieur Bellon, sous le nom de Sainte-Anne. Parrain, M. de Saint- JuUien, seigneur de Fontaine, marraine, son épouse Louise-Charlotte de la Tour-du-Pin, représentée par la baronne Poncin.

La 3* cloche appelée cloche du Salul^ ^u poids d'environ 600 kilog., était, d'après le dire des anciens, au château, et on l'aurait donnée et transportée à Téglise lors de la démolition du vieux castel. La dénomination de Salut s'expliquerait facilement. On la sonnait lorsqu'il y avait danger et pour que les habitants se rendissent au château afin de se défendre dans le but du salut général. Elle fut certainement refondue car elle eutaa siècle dernier pour parrain M. de Saint-Jullien et pour marraine dame Barbe Quirot, épouse de M. de Valoux, seigneur d'Orain. Le baptême eut lieu en présence de M. Nicolas Japiot, curé de Chazeuil.

Enfin la ¥ est une petite cloche du poids de 400 à 500 livres, particulièrement destinée à sonner les messes basses. Sur cette cloche on lit en gothique du XVI® siècle, Tinscription suivante :

f 1543. EUT PAREIN JEHAN DE SAQUENEY ESCUYER,

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