‹ Histoire de Fontaine-FrançaiseChapitre 63 sur 74 · NÉE LE 9 DÉCEMBRE 1729, MORTE LE 9 MAI · texte numérisé non relu

NÉE LE 9 DÉCEMBRE 1729, MORTE LE 9 MAI

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M""" de la Tour-du-Pin, la bienfaitrice de la commune, avait vu, avec le plus grand contentement, la municipalilé lui abandonner gratuitement la place occupée par les tombeaux de son fils et de sa sœur. Nous avons vu aussi qu'elle a su largement reconnaître les marques de rintérêt que la commune lui a témoigné dans ces douloureuses circonstances.

On oublie vite les bienfaits. Les héritiers de la noble et sainte marquise, la providence du pays, ont dû payer sa place au cimetière, quand la population attendait de l'administration municipale de Tépoque qu'elle agît comme avait fait sa devancière au moment de la mort du colonel de la Tour-du-Pin (1).

Mais revenons à l'église et à sa fondation qui remonte certainement à 630, lorsque Amalgaire, duc amovible de Bourgogne, fonda Tabbaye de Bèze qu'il don- . na à son fils Waldelène avec bien des dépendances, entre autres Fontanas où Waldelène, premier abbé de Bèze, aura probablement élevé un autel s'il n'en existait pas auparavant.

Nous avons vu qu'en 865, une église existait à Fontaine. On lit, en elTet, à la bibliothèque nationale, dans un manuscrit latin (17720, charlularhim Bahericenum, p. 44) :

a Isaac, évéque de Langres, donne à Egil, abbé de Flavigny, en 865, deux autels consacrés à l'honneur de

(1) On comprend d'autant moins qu'on ait fait payer la place de M'"* de la Tour-du-Pin qu*on est persuadé que Tespace, occupé aujourd'hui par les tombes de la famille, appartenait aux la Charce, seigneurs de Fontaine, et que c'était te lieu de leur sépulture. Je donne cette note comme je l'ai reçue de M. Louis Magnieux, ancien intendant du château, sans avoir pu en vérifier Texactitude.

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saint Pierre, le prince des apôtres, dans deux églises de la maison de Pierre et à Acellis ; et un autre autel dédié en Thonneur de saint Sulpice, évéque et confesseur (1), autel qui est dans V église de Fontaine {in Eclesia Fontanis), ladite église construite dans le pays des Attories ou Attuariens (inpago attoariensi) et dépendant du bénéfice du droit monacal de Flavigny >.

L'abbaye de Bèze fut brûlée et ravagée par les Sarrasins, en 722» détruite par le feu cinq fois en cinq siècles, et avait besoin d'un réformateur au x'' siècle. Ces faits nous ouvrent une porte pour expliquer la substitution de Flavigny à Bèze pour la desserte de l'église de Fontaine. Peut-être, en ce moment-là, Tabbaye de Bèze n'avait-elle pas un assez grand nombre de moines pour les envoyer desservir les paroisses voisines et révoque de Langres fut-il obligé de s'adresser à une autre abbaye.

Quoi qu'il en soit, une mense fut de bonne heure attachée à l'église de Fontaine pour l'entretien du religieux chargé de la paroisse, car « en 998, Heldric, abbé de Flavigny, accorde à Gérard {miles quidam nomine Girardus) et à ses deux fils, Gérard et Humbert un domaine appartenant à l'abbaye et situé sur le territoire de Fontaine {Fontanas videlicet nuncupatam Attoriensi coniitatis conjacentem) (2).

Cependant cette possession de Téglise de Fontaine

(i) Saint Salpice, dit le Débonnaire, d'une des plus illustres familles du Berry, élevé dans les sciences et la piété, distribua tous ses biens aux pauvres quand il en fut maître. Ordonné prôtre, le roi dotai re II le choisit pour son aumônier et il accompagna partout ce prince même en temps de guerre. En 624 il fut évoque de Bourg et mourut en 644.

(2) Histoire de la maison de Vergy^ de Duchesne. Preuves,

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n'exista pas sans contestation, car Hugues, racontant ce qu'il a fait en qualité d'abbé de Flavigny, dit qu'il a payé trente-cinq sous pour le rachat de Véglise de Fontaine, t In redemptionem ecclesiae de Fontanis, 35 soldes dedi. » Ceci se passait en 1098 et Dora Nicolas de la Salle, dans sa Chronique de V abbaye de Saint- Pierre de Flavigny ^ croit qu'il s'agit de Fontaine-Françoise et traduit en conséquence (1).

En 1154, le pape Anastase IV confirma à l'abbaye de Flavigny la possession de plusieurs églises entre autres celle de Fontaine {ecclesiam sancti Sulpicii de Fontanis) (2).

En 1211, le pape Innocent III confirma encore à l'abbaye de Flavigny la possession de vingt-quatre églises, entre autres celle de Fontaine (3).

Fontaine avec son église est donc un ancien domaine d'abord de l'abbaye de Bèze, puis de l'abbaye de Flavigny, a comme cela est prouvé par le XXI' titre du Cartulaire de Flavigny ».

Cette obédience ne fut érigée en prieuré que lorsqu'il commença d'y avoir des offices perpétuels et en titre au monastère de Flavigny, vers l'an 1300.

Une charte, du mardi après la fête de saint André, 1330, qui se trouve aux archives de la Côte-d'Or (H. 210) est donnée en présence du Révérend Père dom Pois, moine du monastère de Flavigny, prieur de Fontaine- Françoise... « presentibus religioso viro fratre Petro

(1) L'original de cette chronique est conservé aux archives de la Côte-d'Or, manuscrit n® 1 38.

(2) Pérard, page 236.

(3) Archives de la Côte-d'Or, H. 487.

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dom Pois, monaco dicti monasterii(deFlavigny) priore de FonsFranceoîses ».

Mais les nouveaux prieurs ne gardèrent pas longtemps les charges exclusives de leur bénéfice : « Au mois d'août 1318, par transaction, le Prieur de Fontaine cède, quitte et délaisse au Recteur de la paroisse (le desservant, curé ou vicaire) tant pour lui que pour ses successeurs, moyennant dix livres tournois de pension annuelle et perpétuelle, toutes les offrandes des oblations et tous les droits qui lui appartiennent du patronage de l'église paroissiale, à la réserve des dixmes, terres, prés, cens, etc. (1).

Cette pièce me semble la vraie charte de l'établissement des curés de Fontaine-Française. Jusque-là, le prieur avait pu se faire aider dans ses fonctions curiales par des prêtres séculiers ; mais ce n'est qu'en 1318 que ces prêtres obtiennent une position à peu près indépendante du prieur et peuvent prendre le titre de curé. A la vérité, le prieur n'abandonnant au curé que les oblations des fidèles, ne se montre pas généreux; d'autres curés primitifs, en pareil cas, abandonnèrent le quart des dixmes au curé pour lui permettre de vivre.

Voici donc, à partir de 1318, quelle fut la situation respective du Prieur et du Curé, Le prieur conserva le titre de curé primitif et son bénéfice fut composé des dixmes, de terres, prés, cens, etc., sur Fontaine, sans compter son patronage sur d'autres églises (2).

(1) Archives de la Côle-d'Or.

(2) Un prieuré était un bénéfice. Le titulaire n*habitait pas toujours son prieuré. Il en prenait ordinairement possession le jour de la fête patronale. Il nommait le curé desservant et fixait sa cote- part daas les revenus.

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Le curé de Fontaine, au contraire, n*eut d'abord pour vivre que les offrandes et les oblations en usage et les droits casuels^ sur lesquels il devait payer au prieur une pension annuelle de dix livreB en signe de dépendance.

« Dans un chapitre tenu à Flavigny, en 1273, le droit de présentation aux cures fut cédé à l'abbé seul par les moines qui se réservèrent cependant les quatre cures de Flavigny, Vitteaux, Fontaine et Venarey (1). »

Courtépée ajoute : « les quatre prieurés de Saint- Germain-la-Feuille, de Chanceaux, de Fontaine-FrançoisCy de Grignon et même celui de Saint-Georges, sont claustraux et tenus par des religieux. »

Un jugement rendu par le parlement de Dôle, en faveur de Dom Etienne Pardessus, prieur de Saint-Sulpice de Fontaine, le 12 avril 1564, prouve également que ce prieuré était office claustral (2). Mais nous ne trouvons nulle part qu'il était l'office claustral du prieur de Fontaine.

Courtépée dit encore (3) que les bénédictins de Flavigny ont desservi l'église de Fontaine jusqu'en 1611. La transaction de 1318 paraît en opposition avec cette affirmation. Peut-être y eut il des intérims qui furent remplis par les prieurs jusqu'en 1611. En tous cas il y eut des prieurs de Fontaine jusqu'à la révolution de 1789. Jacques de Val, en 1636, moine de Flavigny, bénédictin, était prieur de Fontaine et le dernier, Dom Zacharie Merle, prêtre religieux bénédictin des Blancs- Manteaux, prit possession du prieuré en 1783.

(1) Description du duché de Bourgogne, art. Flavigny.

(2) Histoire de sainte Reine^ page 21î, Ansard, 4783.

(3) Courtépée, art. de Fontaine- Française.

444 IIISTOIRE DE POïn'AINE-FflANÇA.lSE

Le prieuré de Fontaine, dont les bâtiments se trouvaient où est aujourd'hui le presbytère, possédait de grands privilèges reconnus par un acte de 1634. Déjà en 1591, le 15 février, il avait été établi un compte de ce prieuré et de ses annexes pour les années 1589 et 1590. Malheureusementje n'ai pu retrouver ces comptes qui sont seulement rappelés dans Tacte de 1634 (1).

Cet acte présentait alors, d'abord à Tévôque le candidat à la cure et fixait sa cote-part dans les revenus ; plus tard, comme on Ta vu, l'abbé de Flavigny reprit pour la plus grande partie ses droits de patronage.

D'autre part le prieur élait chargé d'entrenir le chœur de l'église et le clocher, les bâtiments du prieuré, les granges et dépendances.

Tous les seigneurs de Fontaine ont doté son église; Antoine d'Arnault, lui-même, fait, en novembre 1657, sur la terre de Fontaine, une donation annuelle de 90 livres (2) ; Antoine d'Arnault était cependant prolestant.

La voûte de la nef qui ne s'étendait alors que de cinq travées, c'est-à-dire jusqu'aux 3" piliers, à 23%66 du chœur, était effondrée depuis plusieurs années. On ne pouvait sans danger y laisser pénétrer les fidèles, le chœur seul élait en bon état. La communauté fit à grands frais consolider cette voûte, et, en automne 1728, les travaux étaient assez avancés pour que, sans crainte d'accidents, on pût reprendre le cours régulier des offices. Cet état de choses est constaté par un certificat du 3 novembre 1728, dressé par messire Morelet, prê-

(1) Archives du château de Fontaine.

(2) Ibid.

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fre, prieur, curé de Fontaine, qui certifie que « la nef a été mise en sûreté et que Ton peut sans crainte, avec le bon plaisir de M. Gagne, grand vicaire et officiai de Mg^ Févêque de Langres, y dire la messe jusqu'au mois d'avril 1729, temps auquel on pourra continuer les réparations. »

a Par autorisation spéciale, M. Antoine-Bernard Gagne, doyen de l'église de Saint-Etienne de Dijon, vicaire général et officiai de Tévêque duc de Langres, et pair de France, Tinterdit prononcé sur l'église de Fontaine est levé jusqu'à la fête de Pâques de Tannée 1729, temps auquel on promet de travailler efficacement aux réparations urgentes de la dite église.

« Donné à Dijon, le 6 novembre 1728.

« Signé : Gagne, vicaire général. »

Dans leurs remontrances aux États généraux du pays et du duché de Bourgogne ^ en 1735, les habitants de Fontaine exposent entre autres faits de pauvreté..., ff par un autre surcroît de malheur la nef de leur église est tombée en ruines par vétusté, le rétablissement est à leur charge et n'ayant pu y pourvoir jusqu'à présent, ladite église est interdite et les services ne se font que dans le chœur où les pauvres suppliants ne sont pas en sûreté de leur vie et courent risque à tous moments d'être écrasés sous les ruines de la dite église dont le rétablissement, pour ce qui peut être à leur charge, leur coûtera plus de 12.000 livres, sans qu'ils aient aucun fonds, pour y fournir, en sorte qu'ils seront obligés d'imposer sur eux la somme nécessaire pour pourvoir aux dites réparations... et que le culte et le service de Dieu est préférable à toutes choses... »

446 HISTOnUE DE rOfCTAINfe-FRANÇAISE

Les habitants n'oblinrent aucun secours des Etats de Bourgogne. Cependant, tant la foi était grande et la pratique de la religion observée, des mesures furent prises pour reconstruire la nef. Des dons, des emprunts, des sacrifices de tous genres permirent aux habitants de relever leur édifice, mais quelle différence avec ce qui était démoli...

On a bien voulu faire du roman, du plein cintre, mais tellement simple, tellement nu que cette grande nef n'a aucun caractère, aucun cachet et n'appartient à aucune époque.

La première pierre de cette construction fut solennellement posée et bénite le 12 mai 1739.

Voici la teneur du procès-verbal qui en fut dressé :

« L'an mil sept cent trente-neuf, le douzième de may, à dix heures du matin, à Tissue de la messe, je soussigné, Nicolas Billard, prestre, curé de Fontaine-Françoise, certifie avoir fait, en vertu du pouvoir qui m'en a esté accordé par M" Tévesque de Lengres, la bénédiction de la première pierre de la nef de l'église du dit Fontaine qui a esté bastie par M. Jacques Redart, entrepreneur, avec son fils et M. Vincent Debian, aux frais et dépens des sieurs habitants de Fontaine-Françoise etFontenelle, leur anexe, en l'honneur de Dieu et de saint Sulpice, patron titulaire de la dite église, assisté de maître Jean-Baptiste Ardouhin, prestre familier et chapelain de la chapelle des Gevrey, érigée à côté de la nef de la dite église, de maître Dominique Brouhot, notaire royal et recepveur en exercice de la fabrique de la dite église, maître Jean-Baptiste Fay le jeune, marchand, controlleur d'icelle aussy en exercice, en présence desquels la première pierre a esté posée au nom de la Très Sainte Trinité et de Saint Sulpice au

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premier demi-pilier qui sera à gauche en. entrant en la dite église (1) par maître Claude Jacquinot, marchand de fer à Dijon, bienfaiteur de cette église, dont et de quoy nous avons dressé le présent procès-verbal et nous sommes soussignés avec les sieurs Ardouhin et Fay le jeune et autres.

« Signé, Bouchot, Fay, Claudon, Fourcault, Abraham Redard, Biot, Pichanget, Gosthiot, Ardouhin, prestre et Billard, curé (2). »

La nef fut reconstruite en 1739 sur cinq travées, ainsi que le constate le procès-verbal de la pose de la première pierre du 12 mai 1739. Mais la voûte ne fut refaite qu'en 1777, alors qu'on allongea l'église de deux travées, c'est-à-dire de deux fois la largeur de la tribune qui paraît être de cette époque.

J'ai toujours entendu dire que c'est M. de Saint-Jullien qui a subvenu aux frais de cet allongement et de Tédification du portail.

Il y avait alors trois prêtres à Fontaine, servis par un seul domestique. Le curé, prieur de Saint-Sulpice, le desservant de Notre-Dame et delà chapelle desGevrey et un vicaire.

Sous forme de capitation^ un droit de deux livres par enfant était perçu par le curé sur les habitants.

Les grandes personnes payaient trois livres. Il ne m'a pas été possible de découvrir quand a commencé est impôt ni quand il a pris fm.

Des difficultés étant survenues, au milieu duxvm«siè-

(4) C'est aujourd'hui le 3* pilier à gauche en entrant, Téglise ayant été allongée de deux travées en 4777.

{%) Registre de l'état civil de Fontaine.

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cle, sur le prélèvement de la dtme due au curé, un procès s'ensuivit :

Par arrêt du 12 avril 17G9, de la Cour des Aydes de Paris, le curé de Fontaine est autorisé, pour l'avenir, à percevoir la dlme à raison de 24 gerbes 2 sur 303 journaux de terre, au lieu de la percevoir» comme il le faisait ci-devant, sur la semée de huit érainettes d'un boisseau comble et sur 344 journaux 1 quartier 1/2 de terre.

« Ordonne en outre, ledit arrêt, que le curé de Fontaine percevra la dixme, toujours à raison de 24 gerbes 2, sur 80 arpents de terre pour remplacer à la dite cure le dixième de la dixme sensuelle qu'elle prenait sur 800 journaux de terre et bois autrefois (1). »

L'église de Fontaine a dû être érigée en doyennépeix après rétablissement d'un évêché à Dijon (1731). En 1790 le titre de doyen fut aboli, mais l'évêque de Dijon, MQ"^ Rivet, le rétablit en 1854, non seulement à Fontaine, mais dans tout le diocèse.

Déjà en 1802, par suite d'accord entre les autorités civiles et religieuses, le diocèse de Dijon fut formé du département de la Côte-d'Or et de celui de la Haute- Marne (jusqu'en 1822), alors le département de la Côted'Or fut canoniquement divisé en 36 cantons religieux correspondant aux 36 cantons civils.

Il y eut 4 archiprêtrés, celui de Dijon compris, 14 doyennés, dont Fontaine-Française faisait partie.

 Fontaine-Française, comme dans bien d'autres paroisses, il existait de singulières coutumes. Ainsi sur les anciens registres de l'état civil, et on peut dire jusqu'à la fin du siècle dernier, on remarque que lesveu-

(4) Archives du départemeni, E, 992. Titres de la Baroooie.

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ves étaient loin d'attendre dix mois, comme la loi le veut aujourd'hui, pour convoler en de nouvelles noces. On trouve, en effet, des actes de mariage faits dès le lendemain de l'inhumation du premier ou du second mari. 11 suffisait, pour que le mariage pût avoir lieu, que la veuve déclarât au prêtre célébrant et jurât : quelle n'est pas grosse...

Les sages-femmes, appelées autrefois matrones, étaient nommées par les femmes mariées, dans Véglise et par élection. Le dimanche, avant la réunion, le curé l'annonçait au prône et en fixait l'heure qui était habituellement à l'issue des vêpres. Les femmes seréunisgaient alors à Téglise, on votait non sans que souvent il y eût discussion passant à la dispute et à quelques soufflets échangés.

La matrone choisie était acclamée et elle pouvait entrer aussitôt en fonction.

L'église de Fontaine a servi, comme on le sait, de sépulture à dix des combattants du 5 juin 1595.

Elle renferme les sépultures de plusieurs seigneurs, de nombreux prêtres et de diverses personnes de distinction.

La plus ancienne est celle de Philiberte de Vergy, fille de Jehan I de Vergy, « sénéchaux de Bourgongne », morte en 4318.

La pierre tombale de Philiberte de Vergy, qui était au chœur de l'église, a été transportée dans la chapelle des (îevrey, lorsque M. le comte de Chabrillan a doté, en 1857, l'église du pavage du chœur en marbre de Fouvent, remplaçant ainsi d'anciennes dalles tombales qui devaient être dans un complet état de vétusté.

La tombe des deux frères jumeaux, dits les Gevrey,

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fils (le Jehan III de LoDgvy,qai se trouve dans la chapelle de leur nom, porte en gothique Tinscription suivante : a Cy gisentdiscrettes personnes mestres Gérard et Dymoinche Gevrey» frères germains, prostrés chanoines de ChampUtte, lesquels ont fait refondre (rebâtir) cette chapelle, lequel aîné trépassa le lO" jour du moys de janvier et ledit Dymoinche, le 28" jour da mois de apvril 1525. Priez Dieu pour euk. »

Dans le xvT siècle, les frères Hugon, Tun, Jean II, chevalier et l'autre prieur de S^t-Sulpice, ont leur sépulture dans Téglise de Fontaine, dont ils furent les restaurateurs et les bienfaiteurs.

Cette iamille Hugon, qui devait être de haute origine, s'établit à Fontaine au xin* siècle. Elle quitta le pays lorsque Louis XI fit la conquête du duché de Bourgogne en 1477.

On lit dans ï Histoire d'Autrey par l'abbé Mouton: « Les Uugon ayant quitté Fontaine et ayant laissé pour marque de leur antiquité honorable la peinture de Jean II es Vun des vantaux du tableau sur le grand autel et celle du sieur son frère prieur de Fontaine- Françoise es V une des maîtresses verrières ayant à côté de lui^ peintes les armes quils portaient : d'azur à trois bris d'huis ou gonds d'argent, de plus, une fondation en ladite église, assignée par Jean Hugon, sur une faux de pré appelée la faux des deux épées, acquise du prix que Jean Hugon y gagna de son temps, par ses armes, duquel prix il acheta un pré qu'il donna pour la rétribution de ladite fondation (1). »

(t] Préliminaires sur les deux familles Hugon défendues, à propos d'un procès, par Tripart et Berryer. Besançon, imprimerie Jacquio, p. 3, 4866.

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Catherine d'Ârnault, épouse de Jacques de Mazel, seigneur de Fontaine, fut inhumée dans le chœur de Féglise, le 30 novembre 1691, ainsi que le constatent les registres de Fétat civil, alors tenus par les curés.

Presque tous les curés, jusqu'au xviii* siècle, entre autres messire Prudent Labotte, Jehan Labotte le Vieil, Buvée, docteur en théologie, Minard, Morelet, etc., reposent dans notre égUse.

Les Labotte portaient d'argent à la branche de laurier de sinople issant d'une botte de sable, accompagnée en pointe d'un croissant d'or et de dextre et de sénestre de deux étoiles de même.

A côté des pierres tombales de Philiberte de Vergy et des frères Gevrey, on trouve, dans la chapelle des Gevrey et très bien conservée, la pierre tombale qui porte l'inscription suivante :

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