CHAPITRE III
Fontaine, de FontanaSy en raison de la quantité de sources ou de fontaines qui s'y trouvent, est désigné dans Courtépée sous le nom de Fons-GalicuSy Fonfi- Gallicum (1). C'est fort bien, mais comme Fontaine ou FontennCy ainsi écrit dans un grand nombre de titres, n'est réellement devenu français que lors de Tannexion définitive de la Bourgogne à la France, je maintiendrai le seul nom, la seule dénomination de Fontanas ou Fontaine, dont je me servirai jusqu'à l'époque de sa réunion à la France (2).
(1) Fontanœ, suivant la Chronique de Bèze^ 630. Fontet-Francise^ selon un titre de la Commanderie de la Komagne de 4247. Fontana^ Cartulaire de Flavigny^ u« siècle.
(2) Le nom de Fontanas, Fontaines, s'applique bien à notre localité. Ainsi outre la Vingeanne qui traverse les prairies, les ruisseaux suivants, tous pérennes autrefois, arrosent le territoire dans toutes les directions, ce sont : la Torcelle qui sort des étangs, les ruisseaux de Gotiron, de la Borde, de la Combe du Chêne, de Chaume, de Pré Morotet le Rainot.Sans compter une quantité de fontaines jaillissantes, visibles ou invisibles (on en connaît plus de vingt dans les étangs du
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Faut-il dire, comme la plupart des historiens, que Fontaine a une origine qui se perd dans la nuit des temps? Ce qu'il y a de certain, c'est que le ruisseau, formé par cette quantité de sources, connues ou inconnues, qui traversait librement le vallon avant la création des étangs, les gras pâtumges qui le bordaient; l'endroit Irais et agréable, caché qu'il était par les hautes forêts qui devaient l'environner, tout cela a dû être remarqué et le lieu choisi par les Gaulois pour y asseoir une de leurs agglomérations. Des silex taillés intentionnellement, les haches celtiques que j'ai trouvées et d'autres vestiges de même origine, nous le prouvent péremptoirement.
Quant à l'occupation de Fontaine par les Romains, dès leur conquête de la Gaule, elle n'est pas douteuse, pas plus (jue le séjour des Burgondes. Des fragments de poteries rouges, des meules entières ou brisées, des armes, des monnaies ont été trouvées par tout le finage. Une voie pavée venant d'AteSy notre ancienne capitale et traversante prairie et la Corvée, aboutissait au centre actuel, une autre voie partant du même centre, et passant vers la Croix-Bruno, se reliait à la levée romaine de Langres à Genève. Une troisième voie, dont on a trouvé des vestiges indéniables, com-
Château et du Fourneau). Les principales du finage sont celles de Bertbaut, Chaussier, de Builot, du Pont des Carres, du Boulanger, de Deillot, de Pré Morot, du Defoy, de la Borde, du Vesseux, etc., etc. C'est à partir de 1307, quand Jeanne de Bourgogne, fille d'Othon IV, épousa le fils de Philippe le Bel, devenu roi de France sous le nom de Philippe V dit Le Long, que Fontaine, un des sept bourgs du DijoniKiU, prit définitivement la dénomination de Française. Depuis dans tous les actes on trouve Fons-Gallicus, FontanaB-Francisœ, Fonlennefrançoise.
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rnençait près de N.-D., traversait les Charmottes et tombait sur la grande levée à environ cent mètres au levant du premier bois dit des Vieilles Haies. La Corvée est encore traversée par un chemin hérissonné se dirigeant du nord au sud, enfin la proximité de cette grande route militaire de Langres à Genève construite, comme on le sait, Tan 742 de Rome, 12 ans avant J.-C, par Agrippa, gendre d'Auguste et son lieutenant dans les Gaules, vient apporter de noavelles preuves à l'appui de mon opinion (1).
Tous ces témoins du séjour des Romains dans notre pays nous paraisscntirréfutables. Et si Fontaine n'avait pas été un centre, un lieu habité par les Romains, les voies qui y aboutissent n'auraient certainement pas été construites.
Plus tard les Burgondes et les Mérovingiens Pont également habité, occupant toutes les positions prises par les Romains.
La Motte, le monticule de la chapelle Notre-Danae, est un cimetière mérovingien qui renferme des cercueils en pierre, tels que celui queM.Baize (Pierre) a découvert et qu'il a transporté près du pavillon de son grand clos. Ces cercueils se distinguent des romains en ce qu'ils sont plus larges à la tête qu'aux pieds, tandis que ceux de l'époque romaine avaient la forme rectangulaire.
Le petit ruisseau dit le Rainot se rapprochait des habitations mérovingiennes; j'ai recueilli contre le parc des fragments de poteries, d'urnes en terre noi-
(4) Une tuilerie ou au moins de vastes habitations romaines, oot existé sur le bord du chemin qu'on voit entre la remise dite la Charme Robert et le fourneau. On y trouve, sur une certaine étendue, des fragments de tuiles à rebord qui datent bien de cette époque.
ràtre, des scramassaks, etc. On se rappelle que Constance-Chlore, après avoir battu les Germains sous Langres, envoya Tune de leurs colonnes, celle des Attuariens, cultiver les terres des bords de la Bèze, de la Tille et de la Vingeanne. Ce peuple dut se répandre partout où Teau abondait et où les terres étaient le plus faciles à défricher et à cultiver. Ces conditions ne se trouvent-elles pas dans notre vallon ?
Les Romains ayant disparu, les Attuariens et les Burgondes les ont rem placés et ont nécessairement occupé toutes leurs résidences. Ils ont alors fondé des villes, des bourgs et, pour les établir, ils ont naturellement choisi les endroits les plus propices.
Fontaine est dans ce cas ; aussi dans la carte du Pagus Attuariorum (pays des Attuariens) trouve-t-on FonlanaSy mais alors divisé en deux parties : Fonta* nos proprement dit, sur la rive gauche du ruisseau qui existait, comme je Tai dit, avant la création des étangs, et Berthariacum (1) sur la rive droite, c'est-àdire Fontaine et Berthaut, ou la cité Berthaut dont une rue porte encore le nom.
Fontaine, de création gauloise, romaine, plus tard attuarienne, existait donc à coup sûr au m® siècle, et nous verrons bientôt qu'il fut donné à Tabbaye de Bèze lors de sa fondation, en 630.
. (1) Berthariacum^ cité dans la Chronique de Béze, 630, distinct de FontanaSy a eu ses seigneurs particuliers et sa forteresse appelée Tour (tArdhoisoTii démolie vers J446, au moment de la réunion de ce fief à la seigneurie de Fontaine.