‹ Histoire de FranceChapitre 11 sur 66 · SAINT LOUIS · texte numérisé non relu

SAINT LOUIS

que la monnaie du roi devrait être acceptée dans toutes les parties du royaume. En 1270 il entreprit une nouvelle croisade et mourut de la peste sous les murs de Tunis

Saint Louis. — Saint Louis est un des personnages que nous connaissons le mieux, grâce en particulier aux récits de Joinville, qui fut son compagnon en Égypte et que le roi honora de son amitié. Il était, dit son biographe, grand, beau à face d’ange, avec une physionomie ouverte, l’air à la fois affable et sérieux. Sous les armes, c'était un superbe soldat dont la bravoure tranquille faisait l'admiration de tous ceux qui combattaient à ses côtés.

Saint Louis fut un chrétien qui s’efforça de pratiquer strictement les enseignements du Christ, et de mettre les actes de sa vie politique aussi bien que de sa vie privée d’accord avec ses croyances. Il se mortifiait comme un anachorète. En mémoire des souffrances du Christ, il portait constamment sur la peau une rude ceinture de crin, le cilice, et le vendredi, jour de la Passion, il se faisait fouetter les épaules avec des chaînettes de fer.

Mais il ne faut pas se représenter saint Louis comme un dévot austère et triste: le pieux roi avait l’humeur enjouée, aimait les libres entretiens; lui-même parlait bien et avec esprit. Sa bonté d’âme ne dégénérait pas non plus en faiblesse; il avait le caractère ferme et même plutôt impérieux.

Saint Louis ne chercha pas comme Philippe Auguste à augmenter la puissance royale par tous les moyens: il avait l’âme trop droite et la conscience trop scrupuleuse. Il n’eut pas d'autre but que de maintenir dans le royaume le droit et la justice, de rester en paix avec les princes chrétiens, et de combattre les infidèles. Il fit deux croisades, mais jamais il n’entreprit de guerre de conquête. A +

Prestige de la royauté française. — La bonté du roi, l’inépuisable charité de son cœur “transpercé de pitié pour les misérables,” selon le mot de son confesseur, son renom de justice, la séduction de ses vertus, l’éclat de sa sainteté contribuèrent plus que des actes politiques à grandir l'autorité royale. L'homme inspirait un respect universel. Henri III se disait fier d’être son vassal “à cause de sa prééminence en chevalerie.”

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