LA RENAISSANCE
pas seulement à inaugurer la critique des textes en vue de recons tituer dans leur pureté les textes anciens qui, tant de fois recopiés et souvent par des ignorants, avaient subi de nombreuses altérations; certains d’entre eux s’appliquèrent aussi à recueillir dans les ouvrages des Anciens les renseignements sur l’histoire, les mœurs, les usages, les lois, et tentèrent de composer, à l’aide de ces éléments, des tableaux de la vie grecque ou romaine. Le type de ces humanistes érudits fut Guillaume Budé (1467-1540), qui donna dans une étude sur la monnaie romaine, l’45s ef ses divisions, un intéressant essai de reconstitution de la vie antique.
Le Collège de France. — Le fait essentiel de l’histoire de l’humanisme en France fut la création du Collège des trois langues, illustre sous le nom de Collège de France. Cette création prépara en effet la transformation de l’enseignement. L’Université par routine était hostile aux études nouvelles, surtout à l’enseignement du grec et de l’hébreu. Guillaume Budé sut persuader à François [* d’organiser cet enseignement. En 1530, le roi créa trois chaires, où trois “lecteurs royaux’ professèrent le latin, le grec et l’hébreu; de là le nom de Collège des trois langues.
La Renaissance littéraire — L’humanisme engendra une brillante Renaissance littéraire.
L'esprit nouveau, l’admiration de l'Antiquité, le mépris de la superstition et de l’ignorance animent déjà les premières œuvres du seizième siècle, les gracieux poèmes de Clément Marot (1497-1544), les joyeux romans satiriques de Rabelais (1495— 1553), Gargantua et Pantagruel. Dans la seconde moitié du siècle, les écrivains français, plus passionnés encore pour les œuvres grecques et latines, entreprirent de faire revivre les genres littéraires des anciens, poèmes épiques, odes, épîtres, tragédies: c’est à cette tâche que se voua le groupe des poètes de la Pléiade, dont le plus remarquable et le plus illustre fut Ronsard (1524-1585), qui jouit d’une réputation universelle et fut considéré par ses contemporains comme l’émule de Virgile et d'Homère. Quant au grand prosateur Montaigne (1533- 1592), l’auteur des Essais, il avait appris le latin avant le français et toute son œuvre est imprégnée de la pensée antique.