CHAPITRE XVII LA POLLITIOUE COLONIAPE
Rivalité de la France et de l’Angleterre. — A l’entente francoanglaise qui avait duré jusque vers 1740, succéda une longue rivalité, déterminée surtout par les questions commerciales et coloniales, de sorte que chacune des grandes guerres continentales, guerre de la Succession d’Autriche et guerre de Sept Ans, se doubla d’une guerre sur mer et aux colonies.
Déjà, de 1689 à 1697 et de 1701 à 1713, on avait vu deux guerres entre les colons français et anglais d'Amérique.
Au début du dix-huitième siècle, après les traités d’'Utrecht, l'empire colonial français comprenait: dans l'Amérique du Nord, le Canada et la Louisiane; dans l’Amérique centrale, plusieurs petites Antilles et la partie occidentale de Saint-Domingue; dans l’Amérique du Sud, la Guyane; en Afrique, le Sénégal; dans l’océan Indien, les établissements de Madagascar, de l’île Bourbon, de l’île de France, et surtout de l’Inde.
L'empire colonial anglais comprenait: dans l’Amérique du Nord, Terre-Neuve et l’Acadie et treize colonies échelonnées sur la côte orientale depuis le Canada jusqu’à la Floride; dans les Antilles, la Jamaïque, la Barbade et Saint-Christophe; dans l'Inde, des établissements sur le golfe du Bengale.
Les Compagnies de commerce. — Si l’on en excepte le Canada français et l'Amérique anglaise, tous les autres établissements coloniaux étaient exploités par des compagnies de commerce.
Les compagnies de commerce étaient constituées par actions. Un certain nombre de particuliers, généralement des commerçants des ports, des banquiers, de riches bourgeois, parfois les municipalités des villes, par exemple en France les municipalités de Lyon, de Rouen, de Bordeaux, de Nantes, de Grenoble, etc., mettaient en commun des capitaux. Ces capitaux servaient à faire construire et à équiper des navires; à payer des
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employés, les uns restant en Europe, les autres, les agents, envoyés sur les lieuxde commerce; enfin à acheter les marchandises. La compagnie se faisait donner en Europe par le gouvernement le monopole du commerce avec le pays qu’elle voulait exploiter, le droit de recruter et d’entretenir des troupes pour la police et la défense des comptoirs qu’elle y fonderait. Dans ce pays, elle obtenait du souverain indigène, généralement à prix d’argent, moyennant le payement d’un tribut annuel et en se reconnaissant vassale, une concession, c’est-à-dire une certaine étendue de territoire où elle établissait un comptoir.
Les Compagnies dans l’Inde. — Les plus importantes de ces compagnies de commerce étaient celles qui faisaient le commerce de l’Inde.
Dans l’Inde, la Compagnie anglaise avait fondé en 1639 sur le golfe du Bengale le comptoir de Madras qui devint bientôt une ville importante et le centre de toutes les opérations de la Compagnie.
» Sur la côte du golfe du Bengale également, au sud de Madras, la Compagnie française avait fondé Pondichéry (1676) qui fut le plus important de ses établissements. Peu après (1688), elle créait Chandernagor sur l’une des embouchures du Gange. En 1719 la Compagnie fut réorganisée par Law. Alors commença pour elle une période de grande prospérité. Elle dut cette prospérité à deux circonstances. D’abord l'alliance qui venait d’être conclue entre la France et l’Angleterre donnait la sécurité sur mer; d'autre part la situation politique dans l’Inde était exceptionnellement favorable à la pénétration des étrangers et au développement de leur influence même politique.
L'Inde avait été tout entière soumise au seizième et au dixseptième siècle à une dynastie musulmane d’origine mongole: de là le nom de Grand Mogol donné au souverain de l’empire hindou. La puissance des Grands Mogols avait atteint son apogée à la fin du dix-septième siècle, avec Aureng Zeb (1658-1707). A sa mort l'empire commença de se démembrer, comme au Moyen Age après Charlemagne s'était démembré l’empire franc. Les fonctionnaires de l’empereur, ses vassaux, — rajahs, nababs, soubabs — s’efforcèrent de se rendre indépendants et entrèrent en lutte les uns contre les autres.
Progrès de la Compagnie française. — Cette situation inspira à quelques agents de la Compagnie française l’idée de transformer son rôle. D’abord on dégagerait la Compagnie de ses liens de vassalité et on la rendrait indépendante dans ses comptoirs. Ensuite elle se mêlerait aux querelles des princes indigènes; elle leur vendrait son appui, le concours de ses soldats, moyennant de grosses sommes d’argent ou des cessions de territoire. La Compagnie se transformerait ainsi peu à peu en un véritable souverain hindou, dont la fortune ne serait plus assurée seulement par les revenus aléatoires du commerce, maïs par la perception régulière des impôts sur les indigènes.
Cette politique nouvelle commença à être pratiquée de 1735 à 1741 par le gouverneur Dumas. Celui-ci créa à la Compagnie une petite armée composée d’indigènes ou cipayes exercés à l’européenne; il la prêta et se fit céder en échange Karikal. Il reçut en outre le titre de Nabab qui faisait de lui et par conséquent de la Compagnie française un grand personnage hindou.
D'autre part, la Compagnie s’emparait peu à peu du commerce d'Inde en Inde, c’est-à-dire dans l’océan Indien.
Au même moment la Compagnie anglaise était réduite à deux comptoirs sur le golfe du Bengale: Madras, à moins de cent cinquante kilomètres de Pondichéry; Calcutta, à vingtcinq kilomètres du comptoir français de Chandernagor. La proximité de leurs établissements avivait les jalousies entre les Compagnies et aurait suffi à elle seule à provoquer un conflit.
Les Colonies d'Amérique. — La rivalité était encore beaucoup plus vive entre les colons anglais et les colons français d'Amérique.
En Amérique c’étaient les colonies anglaises qui étaient sans comparaison les plus importantes et les plus peuplées. Elles étaient au nombre de treize et vers 1740 leur population s'élevait à environ un million d’habitants, actifs et énergiques, la plupart d’origine anglaise.
À la même époque la colonie du Canada, qui depuis Colbert était administrée comme une province française, ne comptait pas quatre-vingt mille habitants. Il est vrai qu’elle possédait deux villes bien fortifiées, Québec et Montréal, et en outre, à l'embouchure du Saint-Laurent, dans l’île du Cap Breton, un
puissant arsenal maritime, Louisbourg, créé à grands frais pour couvrir le Canada du côté de la mer et servir de point d'appui à la flotte française. Quant à la Louisiane, Law en 1717-1718 y avait envoyé quelques milliers de colons; il avait fait jeter à l'embouchure du Mississipi les premières fondations de la Nouvelle-Orléans. Mais la mise en valeur de la colonie était à peine commencée.
Si peu peuplées que fussent les colonies françaises, elles mettaient en péril le développement ultérieur des colonies anglaises parce qu’elles les enveloppaient et leur fermaient l’accès de l’intérieur. Les colons anglais avaient le sentiment très net de cette situation et du péril qu’elle présentait pour eux; dans l'Amérique du Nord comme dans l’Inde un conflit était inévitable entre la France et l’Angleterre.
Les Antilles. — Rivaux dans l'Amérique du Nord et aux Indes, Français et Anglais se trouvaient encore en concurrence aux Antilles. Les uns et les autres s’y étaient établis au dixseptième siècle pendant les guerres contre l'Espagne, et y pratiquaient toutes sortes de cultures riches et rémunératrices: tabac, coton, cacao, indigo, et surtout canne à sucre. À l’exemple des Espagnols, pour travailler sur leurs plantations ils importaient des noirs d'Afrique. Le sucre et les esclaves étaient les deux principales matières du commerce des “Îles.” Mais depuis la renaissance commerciale qui avait suivi le système de Law, les Français avaient distancé tous leurs concurrents. En 1760 un Anglais écrivait: “Les Français fournissent tous les marchés étrangers avec leur sucre, à la ruine presque complète de nos colonies de sucre, comme la Jamaïque et la Barbade.” Le port de Nantes qui faisait le commerce des Îles était en pleine prospérité.
Les Anglais voyaient cette prospérité se développer à leurs dépens et s’enirritaient. Aussi industriels, commerçants, armateurs, colons, tous se trouvaient d’accord pour demander qu’on fit la guerre à la France et qu’on les débarrassât d’une concurrence ruineuse.
Le Conflit de 1743 à 1748. — La lutte s’engagea indirectement; elle débuta par une guerre anglo-espagnole, que les commerçants anglais imposèrent à Walpole, parce que les Espagnols
prétendaient empêcher leur contrebande dans les colonies espagnoles de l’Amérique du Sud. D'autre part, l'Angleterre soutenait Marie-Thérèse sur le continent. La France, alliée de l'Espagne et adversaire de Marie-Thérèse, se trouva entraînée à la guerre contre l’Angleterre. Louis XV la déclara en 1744.
Il n’y eut dans l’Amérique du Nord qu’un épisode important, la prise de Louisbourg par les colons anglais (1745). Les coups les plus retentissants furent frappés dans l’Inde par Dupleix et La Bourdonnais.
Mahé de La Bourdonnais, un marin de Saint-Malo, devenu gouverneur de l’Île de France, en avait fait une des plus riches possessions de la Compagnie; il y avait d’autre part, avec ses seules ressources, construit et armé une flotte de guerre. Dupleix venait de succéder à Dumas dans le gouvernement général de l’Inde française (1741). Il voulut, avec le concours des vaisseaux de La Bourdonnais, détruire Madras. La Bourdonnais s’empara de la ville; mais au lieu de la détruire comme Dubpleix lui en avait donné l’ordre, il la laissa se racheter, moyennant dix millions. La ville ainsi sauvée fut rendue aux Anglais à la paix d’Aix-la-Chapelle en échange de Louisbourg (1748).
Les Conquêtes de Dupleix. — Aussitôt la paix signée, Dupleix reprit la politique inaugurée par Dumas et pendant six ans environ, de 1747 à 1754, il en poursuivit l’application avec une rare audace et une inlassable activité. Nul mieux que lui ne connaissait l’Inde, où il avait séjourné presque continuellement depuis 1716.
Deux successions, celle du Carnatic et celle du Décan, le plus puissant des États de la péninsule, disputées par plusieurs prétendants, donnèrent à Dupleix l’occasion d’agir. Les deux prétendants qu’il soutint triomphèrent. En reconnaissance de ce concours, le souverain du Carnatic reconnut la suzeraineté de la Compagnie; le souverain du Décan se plaça sous son protectorat et lui céda le pays des Circars (1749-1751). Les tribus des Mahrattes se déclarèrent à leur tour vassales de la Compagnie.
En 1754, les pays appartenant directement à la Compagnie ou placés sous son influence occupaient toute la largeur de l’Inde péninsulaire, du golfe de Bengale au golfe d'Oman, et couvraient
une superficie deux fois égale à celle de la France; on y comptait trente millions d’habitants. Ces résultats extraordinaires avaient été obtenus’ avec de faibles moyens, moins de deux mille Européens et trois ou quatre mille cipayes. Le principal lieutenant de Dupleix, Bussy, un admirable soldat, avait À diverses reprises, à la tête de quelques centaines d'hommes, mis en déroute des dizaines de milliers d’indigènes. Mais la véritable force de Dupleix avait été sa parfaite connaïssance des Hindous et ses talents diplomatiques. Les efforts de la Compagnie anglaise pour entraver son action avaient presque partout échoué.
La Perte de l’Inde. — Par malheur la politique de Dupleix coûtait cher. Aussi elle mécontenta les actionnaires français qui entendaient faire du commerce, non pas la guerre, toucher des dividendes, non pas conquérir des provinces. D'autre part, les Anglais se plaignaient aigrement à Versailles et déclaraient que les entreprises de Dupleix amèneraiïent inévitablement la reprise des hostilités. Louis XV et ses ministres voulaient la paix. Dupleix, méconnu du gouvernement, qui le considérait comme un ambitieux dangereux et sans scrupules, fut donc rappelé et remplacé par un gouverneur ignorant, Godeheu. Celuici, à peine arrivé dans l’Inde, signa avec le gouverneur anglais un traité par lequel les deux Compagnies s’engageaient à renoncer à tous leurs protectorats et droits de suzeraineté sur les princes indigènes. Ce traité, en apparence équitable, était la pire duperie pour la Compagnie française. D'un trait de plume, celle-ci renonçait à l’Inde péninsulaire. Au contraire, la Compagnie anglaise, renonçant à tout, ne perdait rien, parce qu’elle ne possédait rien, hors ses comptoirs (26 septembre 1754).
Ce terrible sacrifice fait à la paix n’empêcha pas la guerre d’éclater l’année suivante. Les Anglais la commencèrent sans la déclarer, par un coup de brigandage; ils saisirent tous les navires français qui se trouvaient dans leurs ports et tous ceux que l’amiral Boscawen, avec la flotte de guerre, rencontra en haute mer.
Après beaucoup d’hésitations, le gouvernement français envoya dans l’Inde au secours de la Compagnie trois mille hommes commandés par un officier irlandais au service de la France,
Lally-Tollendal (1758). Celui-ci était brave, mais brutal, inintelligent, plein de mépris pour les croyances et les sentiments traditionnels des Hindous, qu’il tratait de “misérables noirs.” Ses violences lui aliénèrent toutes les populations que Dupleix, quelques années avant, avait su gagner à la cause française. D'autre part, Lally-Tollendal ne reçut pas de renforts. Il finit par être bloqué dans Pondichéry, et, après une défense héroïque de cinq mois, il dut capituler (1761). La capitulation de Pondichéry marquait la fin de la domination française dans l’Inde péninsulaire. Les Anglais avaient déjà commencé à s'étendre dans l’Inde continentale, et avant même la capitulation de Pondichéry, le gouverneur Clive, reprenant pour le compte de la Compagnie anglaise la politique de Dupleix, avait réussi à s'emparer du Bengale.
La Perte du Canada. — Dans l’Amérique du Nord, la paix d’Aïx-la-Chapelle était apparue à tous comme une simple trêve: en effet, elle ne réglait même pas la question des frontières contestées entre le Canada et les colonies anglaises. Cette question avait une gravité particulière dans la vallée de l'Ohio. Cette vallée était la route directe du Canada à la Louisiane. Les Français tenaient donc à en rester les maîtres, et, à partir de 1749, ils la jalonnèrent de forts. C'était dans cette même vallée que les Anglais voulaient percer la ligne d’investissement que les colonies françaises traçaient autour d’eux. Pour s’assurer un débouché vers l’Ohio, ils élevèrent un fort qu’ils appelèrent le fort Nécessité, et ils essayèrent en 1754 d'empêcher la construction du fort Duquesne élevé tout en face par les Français. Ce fut l’occasion d’un combat et le début des hostilités alors que les gouvernements de France et d'Angleterre se croyaient toujours en paix.
Les Anglais, poussés par le La ministre William Pitt, firent pour s'emparer du Canada un puissant effort, auquel concoururent les colons et la métropole. Ils mirent en ligne, pendant plusieurs années, 60,000 hommes. Au Canada, les Français avaient à couvrir une frontière de plusieurs centaines de lieues, à armer vingt forts, avec 5,300 hommes de troupes de ligne, 2,000 hommes des compagnies de la marine et 3,000 miliciens où paysans mobilisés; au total, 10,300 hommes. Point de chaus-
sures, à peine de vivres, de rares munitions. Mais pour mettre en œuvre ces faibles ressources, il y avait un grand homme de guerre, le marquis de Montcalm, un précurseur des hardis généraux de la Révolution. Attaqué simultanément sur trois points, aux deux extrémités de sa ligne de défense, sur l'Ohio et à l’estuaire du Saint-Laurent, puis au centre sur le lac Champlain, il fit victorieusement front partout, jusqu’à 1758. Mais les Anglais s'emparèrent de Louisbourg (25 juillet 1758) et envoyèrent sans cesse de nouvelles troupes. Une armée que commandait un général audacieux, Wolfe, fut amenée par bateaux jusque sous les murs de Québec. Le 13 septembre 1759, dans une suprême bataille où Montcalm et Wolfe furent tués, les miliciens français ne purent pas tenir contre les réguliers anglais. Un lieutenant de Montcalm, le chevalier de Lévis, se défendit encore avec habileté dans Montréal jusqu’en 1760. Mais il fallut finalement mettre bas les armes et livrer le pays aux Anglais.
| La Guerre maritime. — En même temps qu’en Inde et au Canada, la guerre anglo-française s’était déroulée dans les mers d'Europe. Après une victoire des vaisseaux de La Galisson-
. nière devant Minorque, et l’enlèvement de Fort-Mahon, point d'appui des Anglais aux Baléares (mai-juin 17656), la guerre navale, par suite de l’incapacité des amiraux français, n’avait été marquée que par des défaites.
En 1759, un projet de débarquement en Angleterre, qui nécessitait la concentration des esczdres françaises dans la Manche, n’eut d’autre conséquence que leur destruction en détail avant qu’elles eussent pu se joindre, aux batailles de Lagos sur la côte d’Espagne (17 août 1759) et de Belle-Ile sur la côte bretonne (20 novembre 1759): les pertes pour les deux journées montaient à soixante-quatre navires.
Traité de Paris. — La ruine de la marine française, la perte du Canada, puis de l’Inde, n’amenèrent pas cependant la fin des hostilités.
La guerre se prolongea par suite de l'intervention de l'Espagne. Le duc de Choiseul, en effet, avait amené les Bourbons d’Espagne et de Naples à s’allier avec Louis XV (1761); ce fut ce qu’on appela le pacte de famille. Cette alliance n'eut d’autre
résultat que de rendre complète la ruine de l’empire colonial français. Car les Espagnols s’étant vu enlever la Floride par l'Angleterre, Louis XV leur céda en dédommagement le dernier lambeau de l'Amérique française, la Louisiane.
La paix fut signée en 1763. Par le traité de Paris, Louis XV abandonnaït aux Anglais le Canada et tous les territoires de la rive gauche du Mississipi. Il renonçait à toute prétention politique sur l’Inde. Cinq villes, Pondichéry, Chandernagor, Karikal, Yanaon et Mahé, étaient rendues à la Compagnie, à condition qu’elles resteraient à perpétuité démantelées et que la France n’y entretiendrait jamais de garnison. Les Anglais se faisaient en outre céder la plupart des îles possédées par la France aux Antilles et les établissements créés jadis par Richelieu et Colbert sur la côte du Sénégal en Afrique.
Ainsi la France, qui, en 1753, était en voie d’acquérir le plus bel empire du monde, se voyait dix ans plus tard fermer le monde et rejeter dans l’étroite Europe. Le traité de Paris est le plus désastreux que la France ait jamais subi. Il marque une date dans l’histoire universelle; il est l’acte de naissance de la puissance “mondiale” de l’Angleterre.