LE GOUVERNEMENT ET LA SOCIÉTÉ EN
Absolutisme et arbitraire. — La Révolution qui va éclater et d’où la France devait sortir complètement transformée a eu pour causes profondes les vices de l’ancienne organisation politique et sociale.
Politiquement le régime n’avait pas changé depuis Louis XIV. Le roi de France prétendait ne tenir sa couronne que de Dieu: la monarchie était, disait-on, de droit divin. Par suite l'autorité du roi ne pouvait être ni contrôlée, ni limitée par personne sur la terre. Le roi “n’était comptable qu’à Dieu de l'exercice du pouvoir suprême.”
La monarchie était donc absolue. Le roi seul faisait les lois, appelées ordonnances royales; il dépensait à son gré les revenus de l’État, déclarait la guerre, faisait la paix, contractait des alliances quand et comme il lui plaisait.
Tout Français était sujet du roi et entièrement dans sa dépendance. La liberté individuelle n’existait pas: par un ordre.appelé lettre de cachet, le roi pouvait faire emprisonner — sans jugement — qui bon lui semblait. La liberté de religion n’existait pas: la religion du roi, le catholicisme, était obligatoire. La liberté d’écrire n’existait pas: nul livre, nul journal ne devait paraître sans avoir été examiné par une commission royale dite de censure.
Parasitisme. — Bien que la capitale du royaume fût Paris, Louis XVI comme Louis XIV vivait au château de Versailles, entouré d’une Cour brillante et nombreuse, dix-sept ou dix-huit mille personnes, dont seize mille environ attachées à son service personnel ou au service de sa famille et mille à deux mille courtisans sans fonctions définies.
La Cour était devenue de plus en plus odieuse à fa nation