LE CONSULAT
La Réorganisation de l’État. — Le Directoire avait laissé la France troublée, ruinée, en proie ‘au brigandage et à l’anarchie., Bonaparte, dès qu il fut le maître, procéda avec une extraordinaire activité à la réorganisation de l’État.
Pour administrer les départements et leurs subdivisions, les arrondissements et les communes, le premier consul institua des préfets, des sous-préfets et des maires, fonctionnaires nommés par lui (1800). Ainsi fut restauré en France le régime d’omnipotence de l’État et la centralisation que les réformateurs de 1789 avaient voulu détruire:
La justice fut réorganisée aussi dès 1800. Bonaparte conserva à peu près le système des tribunaux établi par la Constituante. Mais les juges, au lieu d’être élus, furent nommés par le gouvernement. Pour assurer leur indépendance, on établit en principe qu’ils seraient inamovibles, c 'est-à-dire qu'ils ne pourraient être révoqués.
La situation financière surtout était désastreuse: le 19 brumaire, il y avait dans le trésor public 137,000 francs en tout. Les i impôts n'étaient pas payés ou l’étaient mal. Le gouvernement n’avait plus aucun crédit: la rente sur l’État était tombée à 12 francs. Bonaparte créa, onze jours après le coup d’ État, l'administration des contributions directes, chargée de percevoir les impôts, et composée exclusivement de fonctionnaires nommés par lui. Sur son initiative un groupe de banquiers fonda la Banque de France, qui eut le privilège d'émettre des billets, papier-monnaie qui bientôt ne fut plus distingué de la monnaie d’or et d’argent. Le pays reprit rapidement confiance; les impôts rentrèrent mieux; la rente remonta peu à peu jusqu’à 68 francs.
Pour former ses fonctionnaires et ses officiers Bonaparte réorganisa l’enseignement secondaire. L’ État en eut le monopole. Les Écoles centrales créées par la Convention prirent le nom de lycées et furent soumises à un régime tout militaire (1802).
Pour stimuler le zèle de tous, militaires et civils, le premier consul institua l’ordre de la Légion d’honneur (1802), avec une hiérarchie de légionnaires, officiers, commandeurs, grands of. ficiers.