CHAPITRE VIII LA GUERRE DE
Causes et prétexte de la guerre.— La guerre franco-allemande eut pour cause éssentielle la volonté de Bismarck d’achever l’unité allemande par l’accession des États du sud à la Confédération du Nord: pour y parvenir, il jugea nécessaire et il résolut d’étruffer chez les Allemands du sud l’antipathie contre la Prusse sous un sentiment plus fort, la haine de la France.
L'occasion du confit fut la candidature d’un prince de Hohenzollern, cousin du roi de Prusse, au trône d’Espagne; le prétexte, l'incident créé par Bismarck de la dépêche d’'Ems.
La Candidature Hohenzollern. — Par suite d’une révolution, le trône d’Espagne était vacant depuis 1868. Les Espagnols cherchaient un roi. Brusquement, le 2 juillet 1870, surgit la candidature du prince Léopold de Hohenzollern.
L'opinion publique en France tomba dans le piège et perdit aussitôt tout sang-froid. Il parut à tous qu’un prince prussien régnant en Espagne, la France se trouverait prise entre deux feux et l’on parla de “la reconstitution de l’Empire de Charles- Quint.”
Pourtant ni Napoléon III ni son premier ministre, Émile Ollivier, ne voulaient la guerre. Comme le roi Guillaume ne la voulait pas davantage, une pression diplomatique suffit pour que le prince de Hohenzollern retirât sa candidature, le mardi 12 juillet.
’était un succès pour le gouvernement français; le maintien
de la paix semblait assuré. Maïs pour donner satisfaction à
l'opinion publique toujours très émue, on voulut essayer d’ob-
tenir un succès plus éclatant, et très imprudemment l’on rouvrit
l’affaire. Le 12 juillet au soir, Gramont, ministre des affaires
étrangères, télégraphia à l'ambassadeur français Benedetti de
LA GUERRE DE 1870 AïI
demander au roi Guillaume l’engagement de s'opposer à toute candidature ultérieure du prince Léopold.
La Dépêche d’Ems. — Le roi Guillaume était aux eaux à Ems. Le mercredi 13 juillet, Benedetti lui présenta la demande du gouvernement français: le roi la repoussa “d’un ton assez sérieux.” Toutefois il ajouta qu’il ferait appeler Benedetti pour lui communiquer, dès qu’elle arriverait, la renonciation officielle du prince. La renonciation étant arrivée vers deux heures, le roi fit informer Benedetti par un aide de camp: “Sa Majesté, ajouta l’envoyé, n’avait rien de plus à communiquer à l’ambassadeur.” Benedetti réussit cependant, par le moyen de l’aide de camp, à reprendre la négociation en sorte que le soir, vers six heures, grâce à de mutuelles concessions, tout en maintenant son refus pour l'avenir, le roi avait déclaré “donner son approbation entière et sans réserve” à la renonciation; de son côté, l’ambassadeur s’était déclaré “satisfait” de cette assurance. Une fois encore la paix semblait assurée.
Au même moment, à Berlin, Bismarck préparait de sang-froid la catastrophe. Tandis qu’il dinait avec Moltke et Roon, ministre de la guerre, il reçut du roi un télégramme où celui-ci relatait les incidents du début de la journée jusqu’à l’envoi de l’aide de camp à Benedetti. Prenant un crayon, il biffa la plus grande partie du texte; il ne laïssa subsister que les premières phrases et la dernière: “L’ambassadeur français a demandé à S. M. le roi de l’autoriser à télégraphier à Paris que S. M. à tout jamais s’engageait à ne plus donner son consentement si les Hohenzollern devaient revenir sur leur candidature. Laàdessus S. M. a refusé de recevoir l'ambassadeur français et lui a fait dire par l’aide de camp de service que S. M. n’avait plus rien à lui communiquer.”
Le texte ainsi mutilé fut aussitôt transmis à tous les représentants de la Prusse à l’étranger et aux journaux de Berlin: ceux-ci le publiaient à dix heures du soir en éditions spéciales. Bismarck comptait soulever à la fois Allemands et Français, les uns, convaincus qu’on avait voulu humilier leur roi, les autres, qu'on avait outragé leur ambassadeur.
La Déclaration de guerre. — Les calculs de Bismarck étaient justes. En Allemagne ce fut une explosion de fureur contre la
France. A Paris, le peuple eut le sentiment que “la France avait. été souffletée.”” Le 19 juillet, la déclaration de guerre, datée du 17, était officiellement notifiée à Berlin.
Les Armées. — Tout le dispositif des armées allemandes était arrêté depuis 1868. Dès la fin de juillet, 500,000 hommes étaient concentrés en masses profondes sur un front de moins de 120 kilomètres, entre la Sarre etle Rhin. Ils formaient trois armées. Le roi Guillaume commandait nominalement en chef; la direction réelle appartenait à Moltke.
Du côté français, le maréchal Lebœuf, ministre de la Guerre, affirmait qu’en quinze jours il aurait 350,000 hommes en campagne. Il en réunit à peine 200,000. Ces 200,000 hommes furent disséminés sur un front de plus de 300 kilomètres, de Bâle à Thionville. Formant d’abord une armée unique sous le commandement de Napoléon III, ils furent divisés ensuite en deux armées: l’armée d’Alsace, 67,000 hommes, sous le commandement de Mac-Mahon; l’armée de Lorraine, 130,000 hommes, sous le commandement de Bazaïne.
Wissembourg. Frœschwiller. Forbach. — Le premier choc aboutit à la perte de l’Alsace et à l’invasion de la Lorraine.
Le 3 août, une division de l’armée d’Alsace fut surprise et battue à Wissembourg par la III* armée allemande. Le 6 août, l’armée d'Alsace tout entière était écrasée à Frœschwiller; ses débris évacuèrent en désordre toute l'Alsace. Le même jour, la I armée allemande entrait en Lorraine et battait à Forbach un des corps de l’armée de Bazaiïne.
Les Batailles sous Metz. — Le second choc fut le plus acharné et le plus sanglant. Il aboutit à la perte de la Lorraine et décida du sort de la guerre.
Après Forbach, Bazaine avait ramené ses forces sous Metz; il devait reculer de là sur Verdun et Châlons. Maïs il manœuvra avec une telle lenteur qu’il laissa à Moltke le temps de le tourner et de l’enfermer dans Metz. L’enveloppement fut effectué par la I"° et la II° armée du 14 au 18 août, en trois rencontres, Borny, Rezonville et Saint-Privat.
Le 14 août, la I" armée attaquait audacieusement à Borny. L'attaque fut repoussée, mais le mouvement de retraite se trouva suspendu, et ce fut une journée de perdue pour les Fran-
çais, tandis que la IT° armée, lancée vers Pont-à-Mousson, passait sur la rive gauche de la Moselle pour couper les trois routes par où Bazaine pouvait gagner Verdun.
Le 16 août, par la bataille de Rezonville, la ÎT° armée coupait la route directe de Metz à Verdun. Attaquant avec fureur, mais partout arrêtés, les Allemands, qui avaient l’infériorité du nombre — 66,000 hommes contre 136,000 — risquaient d’être écrasés si les Français, sortant de leurs positions, avaient attaqué à leur tour, mais Bazaine interdit tout mouvement offensif. Bien plus, il resta inactif le 17 août, tandis que les deux armées allemandes achevaient de se concentrer.
Le jeudi 18 août, de Gravelotte à Saint-Privat, fut livrée la plus grande bataille de la guerre. Elle mit aux prises près de 350,000 hommes — 220,000 Allemands, 125,000 Français — avec plus d’un millier de bouches à feu, dont 700 pour les Allemands. Les Français repoussèrent toutes les attaques dirigées contre leur gauche et leur centre. Mais à l’extrême droite, Canrobert, furieusement assailli et ne recevant aucun secours de Bazaine, qui avait cependant toute la garde en réserve, dut évacuer Saint-Privat après une résistance héroïque. La journée coûtait 12,000 hommes aux Français, plus de 20,000 aux Allemands. Mais Bazaïne restait bloqué dans Metz avec la principale et la meilleure armée de la France.
Sedan. — Le troisième choc fut le plus désastreux. Il aboutit à la capitulation de l’empereur et à la chute de l’Empire.
Mac-Mahon avait reconstitué à Châlons une armée de 120,000 hommes. Napoléon voulait avec raison l’employer à couvrir Paris; mais l’impératrice et les ministres lui imposèrent de marcher sur Metz pour débloquer Bazaine. Le succès de la manœuvre dépendait de sa rapidité: or l’armée de Châlons, mise en route le 21 août, flotta pendant dix jours entre Paris et Montmédy, où Bazaine annonçait qu’il allait se porter. Cependant Moltke, par un article imprudent d’un journal parisien, apprenait l'existence de l’armée de Châlons et sa marche sur Montmédy (25 août). La I® et la III° armée, en route sur Paris, reçurent aussitôt l’ordre de monter à toute vitesse vers le nord. Le 30 août, elles surprenaient à Beaumont la droite de l’armée française.
Le jeudi [° septembre, à Sedan, sur la Meuse, l’armée française — 124,000 hommes — se trouva complètement cernée par les deux armées allemandes, mitraillée par plus de 700 pièces. La cavalerie, malgré des charges épiques, ne réussit pas à lui frayer un passage. A cinq heures du soir, après douze heures de lutte, afin d’éviter un inutile massacre — il y avait déjà 17,000 Français tués ou blessés et les munitions manquaient —, Napoléon III fit arborer le drapeau blanc. Moltke exigea la reddition de l’armée et de la place, sans conditions. La capitulation fut signée le 2 septembre.
Le Gouvernement de la Défense nationale. — La capitulation de Sedan eut pour conséquence immédiate le renversement de l'Empire par la révolution parisienne du 4 septembre. La foule envahit le Corps législatif, réclama et proclama la déchéance de Napoléon III. Puis un gouvernement de la Défense nationale fut constitué: composé de onze députés de Paris, parmi lesquels Gambetta, Jules Favre et Jules Ferry; il était présidé par le gouverneur de Paris, le général Trochu. La révolution s'était faite sans qu’une goutte de sang fût versée.
En dehors de l’armée de Bazaine, bloquée dans Metz, il restait à la France 95,000 hommes de troupes régulières dispersés entre Paris et les départements. Pourtant le gouvernement décida de continuer la lutte. Bismarck exigeait comme condition de la paix la cession de l’Alsace et du nord de la Lorraine. “La République, déclara Jules Favre, ne cédera ni un pouce du territoire de la France, ni une pierre de ses forteresses”?
Organisation de la défense. — Le 19 septembre, les Allemands achevaient l’investissement de Paris. Dès lors Paris fut le pivot de la défense nationale et tous les efforts tentés pendant près de cinq mois en province eurent pour but la levée du blocus de la capitale.
Paris était protégé par une enceinte continue et par treize forts détachés. Pour défendre la place, Trochu disposait de 14,000 hommes des équipages de la flotte, soldats d’élite, d’environ $0,000 hommes de troupes de ligne, de 125,000 hommes de gardes mobiles appelés de la province, enfin de la garde nationale, composée de tous les hommes valides et qui finit par compter 350,000 hommes: au total plus de 500,000 hommes.
Mais ce chiffre était un trompe-l’œil; les gardes mobiles et les gardes nationaux, faute d’officiers, faute d’instruction et d’entraînement, n’avaient qu’une médiocre valeur militaire.
Dans les départements, où il restait à peine 25,000 hommes, la résistance semblait impossible. Mais tandis que le gouvernement demeurait dans Paris, un de ses membres, Gambetta, s’échappa en ballon, et gagna Tours pour organiser la défense. Animé d’un patriotisme ardent, incapable de découragement, Gambetta fut l’âme de la défense nationale; il mit tout en œuvre pour rendre à la France l'espoir, la force et la volonté de vaincre. Aïdé d’un ingénieur, M. de Freycinet, et du colonel Thoumas, il improvisa des armées avec une rapidité tout à fait incroyable. En quatre mois, il mit sur pied, arma, équipa, lança à la bataille 600,000 hommes, régiments de marche formés de conscrits, régiments de gardes mobiles, bataillons de mobilisés recrutés parmi les gardes nationaux, avec plus de 1,400 canons.
Capitulation de Metz. — Ces armées improvisées, comme l’armée de Paris, étaient de valeur médiocre. Elles n’avaient pour elles que le nombre, car la plus grande partie des troupes allemandes étaient immobilisées devant Paris et Metz. La stupide et criminelle conduite de Bazaine leur enleva cette dernière chance de succès.
Depuis Saint-Privat, Bazaine n’avait fait aucune tentative sérieuse pour s'ouvrir un passage, et 1l laissait son armée, plus forte que l’armée de blocus, se morfondre dans l’inaction. Sans doute par ambition de jouer un grand rôle politique et de se rendre maître du pouvoir après le renversement de l’Empire, il entra en pourparlers avec Bismarck: celui-ci l’amusa par de vaines négociations, jusqu’au jour où il ne resta plus de vivres dans la place. Le 27 octobre, Bazaine livra Metz, 179,000 hommes exténués, 56 drapeaux, 1570 bouches à feu, 260,000 fusils.
Champigny. — Cependant l’armée de Paris et une armée organisée en province, l’armée de la Loire, se préparaient à faire un vigoureux effort pour se donner la main en brisant la ligne allemande d’investissement.
Dans les premiers jours de novembre, l’armée de la Loire,
commandée par d’Aurelles de Paladines, prenait l'offensive, remportait une franche victoire à Coulmiers (9 novembre) et reprenait Orléans aux Allemands. Par malheur, à ce moment précis, “l’avalanche descendait de Metz” vers la Loire: la IT° armée allemande, rendue libre par la capitulation de Bazaine, arriva juste à temps pour arrêter et repousser l’armée de la Loire à Beaune-la-Rolande (28 novembre) et à Loigny (2 décembre). Les Allemands rentrèrent à Orléans.
Au même moment échouait la “grande sortie” de l’armée de Paris. Le 30 novembre, 100,000 hommes, sous le commandement de Ducrot, passaient la Marne et s’emparaient de Champigny, où ils se maintinrent trois jours. Il fut impossible de percer plus avant. Le 3 décembre, épuisée par deux jours de lutte acharnée et par un froid terrible, l’armée dut rentrer sous Paris, ayant perdu 10,000 hommes.
Les Derniers Combats. — Sans désespérer, Gambetta organisa une nouvelle tentative. Trois armées opérèrent en décembre et en janvier: l’armée du Nord, sous Faïdherbe; la deuxième armée de la Loire, sous Chanzy; l’armée de l'Est, sous Bourbaki.
Chanzy était digne d’être le collaborateur de Gambetta; il avait la même volonté tenace de vaincre, la même foi dans la possibilité de la victoire. Il se “cramponna” sur la rive droite de la Loire, manœuvrant toujours de façon à pouvoir pousser sur Paris si la victoire le favorisait. Dès le 7 décembre, il attaquait à Beaugency et dans une bataille de quatre jours ne reculait pas d’une lieue. Par crainte d’être tourné, il se replia sur le Loir, puis sur la Sarthe, tout en menant une incessante guerre de partisans. Vaïincu au Mans (10-11 janvier) après deux jours de lutte acharnée, il tenta de reformer son armée sur la Mayenne.
Dans le nord, Faidherbe fit preuve de la même ténacité. Il fut vainqueur à Bapaume le 3 janvier. Mais la défaite de Saïint- Quentin (18 janvier) le rejeta sur Cambrai.
L'armée de l’Est — 100,000 hommes concentrés autour de Bourges — avait pour objectif de débloquer Belfort où un chef d’une admirable énergie, Denfert-Rochereau, tenait depuis le 3 novembre. Elle devait ensuite couper les lignes de ravitaille-
ment des Allemands, et les forcer ainsi à reporter la guerre en Alsace. Mais, comme l’armée de Châlons, elle manœuvra avec une telle lenteur qu “elle laissa aux Allemands le temps de s’organiser. Vainqueur à Villersexel (9 janvier), Bourbaki ne put forcer les lignes d'Héricourt (15-17 janvier). Repoussée sur Besançon, puis sur la frontière suisse, prise entre deux armées allemandes, l’armée de l’Est n’échappa à une capitulation qu’en se jetant en Suisse, où elle fut désarmée (1 février 1871).
Cependant pour hâter la reddition de Paris, les Allemands, inquiets de la longeuur de la résistance, avaient entrepris de bombarder la ville. Ils mirent en batterie 240 pièces à longue portée, canons énormes qui, à partir du $ janvier 1871, firent pleuvoir les obus sur les forts et sur les quartiers de la rive gauche de la Seine. En quelques jours Paris reçut 15,000 projectiles qui firent environ 400 victimes. Le bombardement ne servit qu’à exalter plus encore la population. Elle réclama une sortie “torrentielle,” la “trouée en masse.” La sortie fut tentée avec {90,000 hommes, le 19 janvier, vers Buzenval et Montretout, sur les plateaux qui dominent la Seine à l’ouest de Paris. Ce fut un nouvel et sanglant échec.
L'Armistice. — Paris était sous la double menace de la famine et de la révolution. Dans le milieu de décembre, le pain, un mélange gluant et noir de riz, d'avoine, de chènevis, de son, était rationné à 300 grammes; la viande de cheval — elle se vendait 12 francs la livre — à 30 grammes par personne et par jour.
D'autre part les partis révolutionnaires s’agitaient. Déjà le 31 octobre, les gardes nationaux de Belleville avaient tenté de renverser le gouvernement. Après Buzenval, une nouvelle tentative d’insurrection eut lieu le 22 janvier. Connue de Bismarck, elle le rendit intraitable quand, le lendemain :23, Jules Favre vint à Versailles solliciter un armistice pour ravitailler Paris. Il imposa une véritable capitulation, le désarmement des troupes de ligne, l’occupation de tous les forts, une contribution de 200 millions. Le 28 janvier, il fallut accepter ces conditions: la chute de Paris et l’armistice de Versailles marquaient la fin de la guerre.
Dix jours auparavant, à Versailles même, s’était achevée l'unité allemande. Les princes de l’Allemagne du sud étaient
entrés dans la Confédération, qui reçut le titre d’'Empire alle-. mand. La proclamation de l’Empire eut lieu le 18 janvier.
La Paix de Francfort. — Pendant l’armistice, il fut procédé à l’élection d’une Assemblée nationale qui décida de négocier la paix. Les préliminaires de paix, négociés par Thiers et Jules Favre, furent signés le 26 février et ratifiés le 1 mars par l’Assemblée, réunie à Bordeaux.
La France perdait l’Alsace moins Belfort, le nord de la Lorraine avec Metz, au total 1,600,000 Français. Elle devait en outre payer à l'Allemagne cinq milliards. Une armée d’occupation serait maintenue dans le nord et l’est, aux frais de la France, jusqu’au règlement complet de l’indemnité de guerre.
Ces préliminaires furent transformés en paix définitive par le traité de Francfort, le 10 mai 1871. Les Alsaciens-Lorrains avaient en vain protesté solennellement à l’Assemblée nationale, par la voix de leurs députés, contre la cession de leur pays à l'Allemagne: le traité leur reconnut seulement la faculté d’opter individuellement pour la nationalité française. Mais les Allemands décrétèrent que quiconque opterait devrait, au 1° novembre 1872, quitter l’Alsace-Lorraine. 158,000 Alsaciens- Lorrains, le dixième de la population, émigrèrent.