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CHAPITRE: X

Le Gouvernement des modérés. — De 1889 à 1890, les modérés, consolidés par leur victoire sur les boulangistes, disposèrent de la majorité dans les deux Chambres. Leurs chefs, Alexandre Ribot, Jules Méline, Charles Dupuy, furent presque constamment ministres. La politique pratiquée fut jusqu’en 1895 celle de la concentration républicaine, c’est-à-dire l’union des radicaux et des modérés contre les partis extrêmes, droite et socialistes.

Les modérés ou progressistes étaient hostiles à de nouvelles réformes, favorables au maintien du concordat, et considéraient la lutte anticléricale comme terminée. Ils suivirent donc une politique conservatrice. Mais ils maintinrent les lois scolaires, dirigées contre le parti catholique.

Les radicaux, d’abord réduits à une minorité impuissante, furent renforcés par les élections de 1893 et de 1898. Ils étaient décidés à reprendre la traditionnelle politique anticléricale, et à poursuivre une politique de réformes, surtout à introduire l’impôt progressif sur le revenu.

À partir de 1895, les chefs radicaux, Henri Brisson, Léon Bourgeois, parvinrent à alterner au ministère avec les progressistes. Pour se maintenir au pouvoir, les progressistes en arrivèrent à pratiquer une politique de conciliation avec la droite, et formèrent un parti de conservation sociale, tandis que les radicaux recherchèrent l’appui des socialistes et constituèrent un parti de réformes sociales.

Parvenus au pouvoir en 1890, les radicaux pratiquèrent une politique de concentration, appuyée sur une majorité exclusivement républicaine de gauche. Le résultat fut d’exclure les progressistes de la coalition.

LA TROISIÈME RÉPUBLIQUE ay

Transformation des partis extremes. — Pendant le passage au pouvoir des modérés, s’opéra une transformation des partis extrêmes.

L’échec des conservateurs en 1889 découragea la fraction purement catholique du parti. Elle résolut de renoncer à la lutte ouverte contre les nouvelles institutions et de se rallier officiellement à la République pour faire adopter une politique favorable à l’Église. La “droite constitutionnelle,” dont le programme parut le 30 mars 1890 dans le Figaro, fut approuvée par Léon XIIT, qui, malgré la protestation des royalistes contre cette intervention du pape dans une question de politique intérieure, recommanda par l’encyclique du 20 février 1892 au clergé et à tous les catholiques de France de reconnaître la République. La droite fut donc coupée en deux tronçons: les conservateurs monarchistes, et les “ralliés.” Les ‘“ralliés” se donnèrent par la suite la qualification de libéraux, mot qui a pris le sens de conservateurs catholiques.

Jusqu'en 1890, les socialistes, décimés par la répression de la Commune, n'avaient joué qu’un rôle insignifiant dans la vie politique du pays. Ils se reconstituèrent lentement et entreprirent une active propagande, qui fut facilitée par le retour des membres de la Commune et par le régime de libertés nouvelles, liberté de presse, de réunion, de syndicat. Leur développement fut pourtant entravé par leur manque d’unité d’action et d'unité de programme. Mais en 1893, les diverses fractions socialistes s’unirent en vue des élections et firent passer près de cinquante députés.

Le Scandale de Panama. — En dehors de la formation des partis nouveaux, la vie politique de 1889 à 1899 fut marquée par trois incidents, dont le dernier eut une portée considérable sur le classement des partis et l’orientation de la politique générale; ce sont le scandale de Panama, la crise anarchiste et l’affaire Dreyfus. |

Une compagnie avait été constituée en 1881 sous la direction de Ferdinand de Lesseps pour creuser un canal à travers l’isthme de Panama. Les dépenses des travaux dépassèrent les devis primitifs dans des proportions excessives. Malgré la multiplicité des emprunts, la Compagnie fut bientôt incapable de faire

face à ses engagements et il fallut procéder à sa dissolution, puis à sa liquidation (février 1889).

L'enquête judiciaire révéla que certains députés et sénateurs étaient compromis pour avoir aidé la Compagnie à obtenir de la Chambre, malgré l’interdiction de la loi, l’autorisation d'émettre des valeurs à lot, etc. Le scandale provoqua une formidable émotion dans le public, et fut exploité par les journaux conservateurs, qui espéraient s’en servir pour les élections de 1893. Les révélations et les dénonciations aboutirent à de nombreuses poursuites judiciaires. Quelques députés et sénateurs, traduits en cour d'assises, furent acquittés par le jury, sauf un ancien ministre des travaux publics (5 décembre 1892). La Chambre nomma deux commissions d'enquête (1892-93, 1897-98) qui se terminèrent par le vote d’un blâme “contre les défaillances de certains magistrats” et contre “l’immixtion. des hommes politiques dans les négociations ou les opérations financières ayant des liens avec les pouvoirs publics.”

Le résultat de cette crise fut de compromettre les chefs des deux partis républicains, modéré et radical, et de faire parvenir au pouvoir des hommes appartenant à une nouvelle génération.

La Crise anarchiste. — L'affaire de Panama était à peine close que les attentats des anarchistes vinrent brusquement absorber l’attention publique.

Les anarchistes étaient très peu nombreux. Ils ne formaient pas un parti et s’abstenaient par principe de participer à l’action électorale; leur doctrine dite /bertaire était propagée par quelques théoriciens tels que Jean Grave dans de nombreux journaux à minuscule tirage. Ils voulaient affranchir l'individu en détruisant la société et se servir, comme moyen d’action, de la propagande par le fait, c’est-à-dire d’explosions, d’attentats, dont le plus célèbre fut l’assassinat à Lyon du président Carnot (24 juin 1894). L'action des anarchistes eut ainsi une répercussion tout à fait disproportionnée avec leur importance. Pour les combattre, le ministère Charles Dupuy présenta deux lois d'exception (décembre 1893 et juillet 1894) qui excluaient du droit commun tout individu suspect d’opinions anarchistes. Ces lois furent votées malgré l’opposition des socialistes et des radicaux, qui voulaient au moins en limiter la portée

et la durée, les qualifiaient de “lois scélérates” et teprochaient de confondre dans la répression socialistes et anarchistes. La crise anarchiste eut donc pour résultat de détruire la concentration républicaine et de provoquer la scission entre les radicaux et les progressistes.

L’Affaire Dreyfus. — Cette scission devait devenir irrémédiable au cours de l'affaire Dreyfus, qui déchaîna les passions des partis et détermina un conflit politique et social d’une violence extrême.

Le 15 octobre 1894, un Israélite, le capitaine d’artillerie Alfred Dreyfus, stagiaire à l'état-major général, fut arrêté, jugé à huis-clos par un conseil de guerre et, malgré ses véhémentes protestations d’innocence, condamné à la déportation à vie et à la dégradation militaire (22 décembre 1894). Il était accusé d’être l’auteur d’une lettre missive dite le #ordereau, ni signée, ni datée, qui annonçait à l’attaché militaire d’une puissance étrangère l’envoi de quatre notes et du projet de manuel de tir de campagne.

En 1897, le vice-président du Sénat, Scheurer-Kestner, et le lieutenant-colonel Picquart, convaincus que le véritable auteur du bordereau était le commandant Esterhazy, entreprirent une ardente campagne pour la revision du procès; Esterhazy, traduit devant un conseil de guerre, fut acquitté. Cet acquittement fut le point de départ d’une agitation retentissante. Le romancier Émile Zola,qui avait déjà pris la défense de Dreyfus, publia, le 13 janvier 1898, dans le journal radical l’ Aurore, sous le titre J'accuse, une lettre au président de la République. Dans un style enflammé, il accusait le premier conseil de guerre d’avoir violé de droit en condamnant l’accusé sur une pièce secrète, le deuxième conseil de guerre, d’“avoir couvert cette illégalité par ordre en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.” Zola, poursuivi en diffamation, fut traduit en cour d’assises, condamné au maximum de la peine, un an de prison et 300 francs d'amende (3 février 1898).

Quelques mois après, un des principaux témoins du procès Dreyfus, le lieutenant-colonel Henry, ayant avoué qu’il avait fabriqué un faux, que le ministre de la guerre avait présenté comme une preuve décisive de culpabilité, fut incarcéré au

Mont-Valérien et s’y suicida. Là-dessus, le ministère Brisson décida de transmettre la demande de revision formulée par Dreyfus à la Cour de Cassation, qui cassa le jugement de 1894 (26 septembre 1898). Renvoyé devant le conseil de guerre de Rennes (septembre 1899), qui le déclara coupable par cinq voix contre deux, en lui accordant le bénéfice des circonstances atténuantes, Dreyfus fut condamné à dix ans de détention, peine qui lui fut remise par le président Loubet.

En 1904, la découverte de faux et de pièces non communiquées à la Cour de Cassation et aux juges de Rennes amena la Cour de Cassation à ordonner une enquête supplémentaire, et à rendre un arrêt (12 juillet 1906) qui annulait le jugement du conseil de guerre de Rennes.

L'affaire Dreyfus provoqua dans le pays une formidable agitation et scinda la France en deux camps. D'un côté, les groupes de droite, tous les partisans du principe d’autorité incarné dans un gouvernement personnel et fort, accusaient leurs adversaires de détruire l’unité de l’armée et du pays. De l’autre côté, les “revisionnistes” reprochaient à leurs adversaires, en proclamant intangible le principe d’autorité, de s'inspirer d’idées cléricales et réactionnaires; ils dirigèrent contre l’état-major et les généraux de violentes attaques qui furent le point de départ du mouvement antimilitariste au début du vingtième siècle.

La Campagne nationaliste. — La lutte au sujet de la revision détermina contre les institutions républicaines une violente campagne nationaliste.

Les nationalistes prétendaient réagir contre les abus de la République parlementaire en lui substituant la République plébiscitaire, et en ramenant l'esprit public vers des préoccupations purement nationales. Ils dénoncèrent les influences étrangères et les agissements supposés des Israélites. La Ligue des Patriotes, fondée par Paul Déroulède, fut en 1898 le noyau du parti nationaliste; transformée et élargie en Ligue de la Patrie Française par l’écrivain Jules Lemaître et le poète François Coppée, elle engloba toutes les fractions de l'opposition antiministérielle et antiparlementaire. Elle s’opposa avec acharnement à toute revision du procès et attaqua avec violence le nouveau président de la République, Émile Loubet, élu par une majorité qui com-

prenait les républicains favorables à Dreyfus (18 février 1899).

Les manifestations hostiles se traduisirent et par des actes de violence contre la personne du président et par une tentative de Déroulède pour entraîner sur l'Élysée les régiments casernés à Reuilly (23 février 1899). La campagne nationaliste fut enrayée par l'énergie déployée par le ministère Waldeck-Rousseau. Les chefs du mouvement, arrêtés pour complot et attentat contre la sûreté de l’État, furent condamnés à l'exil par le Sénat transformé en Haute Cour (février 1900).

Moins encore que les boulangistes, les nationalistes parvinrent à ébranler sérieusement la République. Les élections de 1902 à la Chambre des députés, où ils n’obtinrent qu’une quarantaine de sièges, marquèrent leur échec définitif,

Les Partis au début du XX° siècle. — La crise de l’affaire Dreyfus eut pour résultat un nouveau groupement des partis, les uns favorables à une politique d’action républicaine, les autres hostiles. L'opposition comprit les trois groupes de droite: les nationalistes, l’Action libérale et l'Action française. L’Action libérale fut fondée en 1900 par Jacques Piou et Albert de Mun, pour assurer “la défense et la conquête de toutes les libertés nécessaires à la vie de la nation, en particulier de la liberté religieuse.”

Charles Maurras fonda l'Action française en 1899. Il exposa le programme du “nationalisme intégral” dans l’Enguête sur la Monarchie (1900). Ce programme avait pour but le rétablissement d’une monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée.

Aux droites se joignit une notable fraction des progressistes, qui estimaient que les institutions n’étaient pas menacées par la réaction mais par le socialisme, et ne voulaient pas “s’associer à une politique qui ouvrait les portes du pouvoir aux partisans de la révolution sociale.”

La coalition adverse comprit l’Alliance républicaine démocratique, les radicaux et les socialistes.

L'Alliance républicaine démocratique, fondée, en 1901, contre les menaces du nationalisme et contre les dangers de l’anarchie révolutionnaire, comprenait une fraction des progressistes qui étaient ralliés à la politique religieuse des radi-

caux. Mais ils différaient des partis extrêmes de gauche en ce qu'ils n’admettaient pas que la solution des questions sociales fût systématiquement demandée à l'intervention de l'Etat.

Les radicaux et radicaux-socialistes, constitués définitivement en un parti unique en 1901, formaient, comme par le passé, un parti laïque, démocratique et anticlérical. Ce parti rejetait le libéralisme économique auquel il reprochait de favofiser “la dictature des puissances d’argent” et le “dogmatisme collectiviste” qui, sous couleur d'égalité, engendrait la ‘“neutralisation des initiatives et la restriction des efforts humains.” Les élections de 1901 à 1914 leur donnèrent dans les deux Chambres une majorité sans cesse accrue; ils furent les maîtres du pouvoir et inspirèrent constamment la politique générale.

Les socialistes, divisés en partisans et adversaires de la collaboration avec les partis bourgeois et de la participation ministérielle, soutinrent jusqu’en 190$ les ministères radicaux. À cette date, les diverses fractions du parti tinrent à Paris un “Congrès d’unification des forces socialistes françaises” (23-25 avril 1905). Ce Congrès condamna toute collaboration avec les partis bourgeois et fonda le Parti socialiste unifié, section française de l’Internationale ouvrière, sur les principes suivants: “Entente et action internationale des travailleurs, organisation politique et économique du prolétariat en un parti de classe pour la conquête du pouvoir et la socialisation des moyens de production et d'échange, c’est-à-dire transformation de la société capitaliste en une société collectiviste et communiste.” Le nouveau parti fit de rapides progrès, grâce surtout à l'influence exercée par l’incomparable orateur Jean Jaurès, d’une haute élévation morale et d’une rare puissance intellectuelle. Un petit nombre de socialistes réformistes, favorables à la collaboration gouvernementale, dirigés par Briand et Viviani, formèrent le parti des socialistes dits éxdépendants, dont le programme ne différait guère de celui des radicaux-socialistes.

La Politique d’action républicaine. — La campagne nationaliste amena les partis républicains de gauche à reprendre avec plus d’énergie la politique anticléricale. Elle fut une politique de représailles à l'égard du clergé catholique, dont une partie avait participé aux attaques dirigées contre le régime et le

personnel républicain lors de l’affaire Dreyfus. Comme sous Jules Ferry, elle se traduisit par des mesures législatives, les unes dirigées contre de clergé régulier, les autres relatives à l’enseignement. Elle fut surtout violente de 1900 à 1905, sous les ministères Waldeck-Rousseau et Combes, et elle trouva son expression définitive, son couronnement dans la séparation de l'Eglise et de l’ État.

Waldeck-Rousseau (1 899-1902), ancien opportuniste, se révéla comme un homme d’État habile et tenace, doué d'une éloquence souple et nette. Pour tenir tête aux divers partis d'opposition, il groupa tous les partis de gauche, y compris les socialistes, en un bloc parlementaire. Son ministère, où figurait le socialiste Millerand à côté du général de Galliffet, qui avait pris part à la répression de la Commune. fut appelé le ministère de défense et d’action républicaine.

L'œuvre essentielle de Waldeck-Rousseau fut le vote de la loi du 1° juillet 1901 sur les associations, qui incarnait le principe de la suprématie du pouvoir civil sur le pouvoir religieux. La loi accordait la liberté à toutes les associations, même religieuses, qui pouvaient se former librement sans autorisation ni déclaration préalable. Les congrégations religieuses, à la différence des associations, étaient soumises à un régime exceptionnel. Elles ne pouvaient être autorisées que par une loi, mais, une fois autorisées, il suffisait d’un décret pour fonder un nouvel établissement. Les congrégations non autorisées devaient. dans les trois mois, se mettre en instance d’autorisation.

Les Mesures anticléricales. — La lourde tâche d’appliquer la loi fut assumée par le ministère Combes (1902-1905), qui accentua encore la politique anticléricale du cabinet précédent pour “garantir l’Etàt contre les audaces de la réaction cléricale et césarienne, contre les prétentions hautement affichées par le cléricalisme à la domination de la société civile.” Il fit fermer les établissements congréganistes ouverts postérieurement à la loi du 1 juillet ‘ï9o1, puis ceux qui existaient avant la promulgation de la loi maïs n’avaient pas demandé d’autorisation. Combes obtint ensuite du Parlement le rejet de presque toutes les demandes d’autorisation formulées par les congrégations non autorisées (1903). Enfin, il fit voter la loi du 7 juillet 1904, qui

interdisait l’enseignement à toutes les congrégations autorisées, parce qu’elles inculquaient à une partie de la jeunesse “le mépris de notre société, la haine de nos institutions,” et parce qu'il était nécessaire de réaliser l’unité morale de deux jeunesses, “qui sont séparées moins par la fortune que par l’éducation qu’elles reçoivent.”

L'impitoyable politique anticléricale du ministère Combes suscita un très violent conflit avec le Saint-Siège. Les divergences de vues entre le pape et le gouvernement français au sujet de l’entente préalable sur le choix des évêques, la protestation du pape contre le voyage du président Loubet à Rome, le refus par le gouvernement français de laisser juger par un tribunal du Saint-Siège, le Saint-Office, les évêques de Dijon et de Laval, précipitèrent larupture des relationsdiplomatiques (1904).

La Séparation de l’Église et de l’État. — Le rappel de l’ambassadeur français auprès du Vatican, la remise des passeports au nonce (29 juillet) furent le prélude de la séparation des Églises et de l’État votée après de longs débats (9 décembre 1905), où le rapporteur du projet, Aristide Briand, et le chef de l’opposition, Alexandre Ribot, déployèrent une éloquence inlassable. Cette loi s’inspirait des principes proclamés par la Révolution, d’après lesquels la République garantit le libre exercice du culte, mais ne reconnaît, ne salarie et ne subventionne aucun culte.

En 1 9075 le ministère Clemenceau fit voter deux lois qui attribuaient à l’État, aux départements et aux communes, ainsi qu'aux établissements communaux de bienfaisance et d’assistance, les biens des anciens établissements publics du culte. Les églises et leur mobilier furent laissés gratuitement à la disposition des fidèles.

La loi de séparation enlevait au clergé son caractère officiel et toute autorité légale; le service des cultes cessait d’être un

service public pour devenir une affaire privée. L'Église perdait

ses biens, mais elle recouvrait sa liberté et elle se trouvait plus forte devant l’État qu’elle ne l’avait jamais été. La République ayant abandonné tous ses droits en matière de nominations épiscopales, le Saint-Siège est aujourd’hui le maitre absolu du clergé français.

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