‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 19 sur 32 · J • , PERFIDIE DE TASSILLON · texte numérisé non relu

J • , PERFIDIE DE TASSILLON

mitié du pape Adrien , afin de s'en faire un appui

ou une ressource contre la juste colère du roi : faible et irréflëcbiy autant qu'orgueilleux , il était incapable de soutenir jusqu'au bout les résolutions violentes qu'il embrassait avec imprudence. Après avoir excité Aréghise , il cherchait k le désavouer, et n'épargnait aucune ruse pour donner le change aux ressentiments de Gharlemagne. Or, ce prince avait parfaitement démêlé les trahisons de sou vassal : lorsqu'il fut arrivé à Worms , il rendit compte à l'assemblée générale des Francs des sourdes manoeuvres du duc de Bavière, si souvent rebelle et toujours pardonné ; il ajouta qu*en ce moment même , tout en ayant recours à l'intervention du pape pour faire oublier ses manceuvreSj Tassillon n'en persistait pas moins à ne pas vouloir confirmer ses anciens serments de fidélité, et à dénier aux Francs le tribut annuel imposé à la Bavière. L'as8end>lée générale apprit en même temps que Tassillon venait de conclure une alliance offensive et défensive avec les Huns ou Avares, ses voisins orientaux, les plus redoutables ennemis de la puissance de Gharlemagne en Germanie. £n présence de cette situation , qui n'était pas exempte de dangers , l'assemblée générale décida que Tassillon serait sommé de se rendre à Worms et de justifier sa conduite. Le duc de Bavière, se voyant découvert, refusa d'obtempérer à cet ordre émané de ses pairs, et par ce seul refus il se dédara malveillant et rebelle. -

Gharlemagne n^avait pas coutume de laisser à ses ennemis le temps de respirer, ou d'organiser la résistance* Dès que la diète de Worms eut vu son appel

332 ORLOTiMenou. — ouiuoiâgiib. . iw-m

méconnu par TassiUon , le roi dirigea trois armées sur la Bavière : l'wie, composée de Thuringiens et de Saxons, devait opérer du côté du Danube; l'autre , formée des cootiogents lombards et commandée par le jeune Pépin, roi d'Italie, avait ordre de déboucher en Germanie par la vallée de Trente , et de se porter ensuite vers Tancienne Norique, jusqu'à Boltzen ; la troisième , recrutée en Austrasie , marcba sous la conduite de Charlemagne, et se porta en toute hâte sur le Lech , dans le voisinage d'Augsbourg. Ces formidables armements portèrent la consternation en Bavière ; et Tassilloh , même avant d'avoir combattu , se trouva réduit à l'impuissance. Le malheureux vassal prit le parti de solliciter la clémence du roi. Il vint humblement le trouver dans son camp , confessant sa faute , implorant son pardon, et prêtant hommage comme tributaire. Cliarlemagne eut pitié de lui, reçut ses serments et ceux du peuple de Bavière, et se borna h exiger douze otages , au nombre desquels figurait Tbéodon , fils de ïassillon. Laissant ensuite la Bavière tranquille et soumise, il revint en Austrasie et passa riiiver dans sa métairie d'ingetheim, non loin de Mayence.

Ce (ut dans cette résidence qu'il tint le champ de mai y au retour du printemps de Tannée suivante (788).. Tous les che& vassaux des Francs y furent mandés, et s'y rendirent de Lombardie, de Germanie, des lx>rds du Wéser, du Danube et de l'Elbe. Tassillon ne crut pas pouvoir se dispenser d'y venir comme duc de Bavière : mais en obéissant à son seigneur, il pressentit qu'il allait au-devant d'uncbfr-

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