ÉTATS D£ CHARLEMAGNE
peuples. Sa ^oire répondait à sa puissance. Une nouvelle ère commençait pour le monde civilisé : on eût dit l'empire d'Auguste et deTrajan ressuscité par le christianisme, et surgissant au milieu des ruines.
Les domaines dont il avait hérité, ceux qu il avait conquis et placés sous sa garde, ne formaient pas un tout homogène, mais conservaient leurs lois, leurs traditions , leurs coutumes , et bien souvent leur nationalité distincte. La plupart de ces États lui obéissaient directement, et ne relevaient que de son épée ; les autres, vassaux ou tributaires, dépendaient de lui, subsistaient sous son protectorat, mais avaient des chefs investis d'une autorité sérieuse, et en possession du droit de les administrer. I^ur subordination à l'égard de Gbarlemagne consistait surtout en ceci, qu'ils étaient tenus de payer un tribut annuel; que leurs princes particuliers rendaient hommage au
« toujours fidèle à moi comme par le pasoé , et attaché à ma personne , « je vous donne ma fille Emma en mariage. •
« AosstlAt y d'après Tordre de Charles et au milieu d'une suite nomhmtse , on lit entrer sa lille, le visage couvert d'une charmante rougeur; elle père la mit de sa main entre les mains d'Eginluird, avec une riche dot, (^ueUiues domaines , l>eaucoup d'or et d'argent, et d'auti^es meubles précieux. »
Malheureusement pour cette romanesque légende , elle semble ne reposer que sur rimagination du chroniqueur; et Thistoire doit d'antant plus ie garder de Paooepter avec confiance qu'Éginhard hii-méme, le.héros du féàt^ n'en fait aucune mention dans ses annales. Peut^tre n'était-il question que d'une nièce ou d'une fille naturelle de Gharlemagne? Quoi qu'il en soit 9 il est impossible d'exclure d'une manière absolue fai légende et la tradition , lorsque l'on veut donner une idée juste de la vie et des meeurs de Charlemugnc ; et le conte naïf au(|ucl nous avons donné place servira du moins à initier le lecteur à Pinipression que les peuples du moyen âge conservaient de ce grand homme.