‹ Histoire de France (volume 2)Chapitre 25 sur 32 · W) MKURlft PBIgBS COMTES LBS aiXONS. ii · texte numérisé non relu

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au milieu des débris de la natioD saxonne. Les missionnaires marchaient d'ailleurs à la suite de ses arm^ : il envoya ches les Slaves et chez les Avares des prêtres qui étaient destinésà leur porter l'Évangile^ et à soumettre à la loi chrétienne toute la contrée qui s'étend du lit du Raab jusqu'au confluent du DaniÂe et de la Drave.

Les violences de Charlemagne contre les Saxons s'accrurent en proportion des efforts désespérés de ce peuple^ mais elles laissent subsister une tache sanglante sur la mémoire de ce grand roi. Gardons-nous de les croire légitimes , parce qu'elles avaient pour but et pour fin la propagation du christianisme : l'Évangile ne s'introduit pas chez un peuple par le glaive, mais par l'esprit et par la charité. Les papes n'approuvèrent pas les cruelles sévérités de Charlemagne à l'égard des vaincus. Le vénérable Adrien avait blâmé l'odieuse pénalité qui livrait à la mort les Saxons relaps, et ceux qui s'étaient rendus coupables de divers péchés par ignorance et par fanatisme barbare. Le pape voulait que la pénitence imposée au Saxon qui avait renoncé au christianisme se mesurât moins à la longueur du temps qu'à la sincérité du repentir; il exigeait que la satisfaction demeurât à la discrétion de l'évéque et non à celle du juge séculier, armé d'une loi de mort. Le moine Alcuin écrivait à ce sujet : « La foi, comme la déhnit saint Augustin, est un acte de volonté et non de contrainte. On attire l'homme k la foi , on ne peut l'y forcer : vous pousserez les gens au baptême , vous ne leur ferez pas faire un pas vers la religion. C'est pourquoi ceux qui évan-

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gëlisent les païens doivent user avec les peuples de paroles prudentes et pacifiques... Coamie le lait est pour râge tendre, ainii Ton doit donner des règles plus douces à ces peuples ignorants qui sont dans Fenfance de la toi... Si le joug suave et le fardeau léger du Christ eussent été annoncés à œ peuple in* flexible des Saxons avec autant de persévérance qu'on en a mis à exiger les dîmes et à faire exécuter toute la rigueur des dispositions de Tédit pour les moindres fautes y peut-être n'auraient-ils pas horreur du baptême. .. » Ces conseils ne tombèrent pas sans doute en vain sur les esprits , car on vit bientôt les Saxons placés sous une loi plus douce ; et le second capitur laire , qui fut publié à leur sujet en 797 , ne renouvela aueune des violentes mesures adoptées douce ans auparavant par Charlemague.

Le roi des Francs continua d'hiverner à Aix4a«Gba* pelle , et oe fut là que, renonçant à ses campements militaires de chaque année , il fixa sa résidence habituelle et le siège officiel de son gouvernement. Dans cette vflle, qu'il avait en quelque sorte fondée , il fit bâtir une vaste basilique dédiée à la sainte Vierge , qui surpassait en magnificence tout oe qu'on avait vu de plus splendide jusqu'alors : d'où vint à la cité, qui ne tarda pas à l'entourer, le nom d'Aix-»la-Chapelle. Près de Téglise, Charlemagne se fit construire un palais dont il traça lui-même tous les plans y comme il avait tracé ceux de la basilique. Il ordonna cpie les plus belles pierres fussent employées à la construction de ces édifices , et appela des pays les plus éloignés les ouvriers les plus habiles. Les um^

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MdquM et let oolomim qui avaient embelli Taninen

palais de Ravenne furent apportées à Aix , aiio de servir à romemeDt de la chapelle. Toutes les portes de cet édifice , ainsi que toutes les grilles , étaient de bronze ; les vases et les flambeaux , d'or ou d'ar* gent; la coupole qui décorait le ûdte supportait un dôme plus petit , que les annalistes contemporains disent avoir été revêtu de lames d'or.

Le palais égalait en grandeur les célèbres palais des empereurs romains. I^s troupes nombreuses de la garde de Cbarlemagne pouvaient se mettre à Tabri sous les vastes portiques qui Fentouraient. Tous les ofliciers civils , ecclésiastiques ou militaires attachés à la cour y étaient commodément logés. Les chau-. celleries et les diverses administrations impériales y occupaient des bâtiments particuliers , et enfin il y avait des salles assez vastes pour .que les diflerentes sections des assemblées nationales pussent y tenir leurs séances.

Sur ces entrefaites, la guerre se prolongea durant quelques années en Espagne, avec des succès divers. Le calife Ël-Hakem était aux prises avec ses deux ondes Solyman et Abd*AJlah , que soutenaient les troupes de Louis, roi d'Aquitaine et lieutenant de Chaurlemagne , son père.

Le calife Ël-Hakem remporta une grande victoire sur ses oncles; Solyuian fut tué dans le combat ; Abdalla se soumit^ et se retira à Valence. Eu 799 , les habitants de Majorque et de Minorque reconnurent l'autorité du roi des Francs , qui leur envoya des troupes pour les défendre. Zade f le gouverneur de

448 CARLOVlNGiEKiS. — CHÀRLEMAGNE. [7W-7»il

Barcelone, renonça à la protection de Gharlemag ne

et reconnut El-Hakem; mais le roi d'Aquitaine entra dans la Catalogne ^ s'empara de Lérida dont il démolit les remparts, et, en repartant pour son royaume, laissa son armée autour de Barceloune, dont le duc Guillaume eut ordre de continuèr le si^.

D'autres érënements avaient eu lieu dans le Nord, et ici encore nous empruntons le récit d'Eginliard. « Le printemps, dit*il, était déjà arrivé (798); mais Tarmée ne pouvant encore sortir de ses quartiers d'hiver à cause de la disette de fourrage , les Saxons d'au delà de r£lbe profitant de l'occasion, prirent les officiers du roi qui leur avaient été envoyés pour rendre la justice, et les mirent à mort, en réservant seulement quelques-uns comme pour en porter la nouvelle. Ils tuèrent entre autres Gottschalk, un des officiers du roi , que peu de jours auparavant il avait envoyé à Sie^ried , roi des Danois. En revenant de sa mission, il fut pris et arrêté par les auteurs de la sédition. Le roi, fortement irrité de ces nouvelles, réunit son armée dans le Heu nommé Minden , plaça son camp sur le Wéser, attaqua les traîtres qui avaient violé leur foi, et , vengeant la mort de ses envoyés, il dévasta par le fer et le feu toute la partie de la Saxe qui se trouve entre i'Ëlbe et le Wéser. Les habitants d au delà de l'Elbe, qu'on nomme .Normands, fiers d'avoir pu tuer impunément les officiers rovaux, marchèrent en armes contre les Obotrites. Trasicon, duc de ces derniers, instruit de la révolte des Transalbins, vint au-devant d'eux avec tous les siens dans le lieu nommé Swinden, leur livra un combat et, en fit un immense carnage.

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