CARLOVINGIENS. — CHARLEMAGNE. [MO
tion du pape , tout en devenaut chef yisible de l'Église dans les intérêts temporels. Les deux pouvoirs sont donc inséparables, Tun devant servir d'appui à l'autre ; et ils ne sauraient se détruire , vu l'essence
diverse de leur juridiction.
• « Celui des deux pcmyoirs qui prédomine est natureHement le pouvoir pontffîcal , prononçant comme arbitre sur les diiTéreuds des princes, soit entre eux, soit avec leurs peuples* Pensée admirable , qui devança par le fait même les utopies d'un philosoplie plus humain que pratique, et qui pouvait apporter aux massacres de la guerre le remède qu« Ton demande aujourd'hui aux protocoles de la diplomatie (i). 1»
Les lignes qui précèdent résument avec une précision hardie le droit des papes, au moyen âge, dans les questions qui se rattachaient à Tindépendance et à la souveraineté des rois. Alors l'empereur germanique n'était point seulement le chef de l'empire, il était, sous l'égide de l'Église, le chef politique de la chrétienté : élu par le pape- dans la personne de Charlemagne, le premier des empereurs d'origine germa-
chef des croyants ; il ne servait pas à détruire l'indi* vidualité des nations par la monarchie universelle, nuûs , en respectant les institutions de chaque peuple, il mettait d'accord leurs civilisations diverses avec l'intérêt de la religion. C'était réellement le Sainl' Emfnre, chargé, de par le ciel, de rassembler toutes
(1) GéMff Gtnta, tam. Vm.