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Oigitized
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« Pierre, Tune pour le jugement temporel, l'autre « pour le jugemeDt ecclésiastique... Le pape donne à «c l'empereur Tëpëe du jugement flécuUer; Vépée du a jugementecclësiastique a été donnée au pape. . . Siquel- «c qu'un résiste au pape et que celui-k;i ne puisse le « contraindre k Tobéissance par le jugement ecclésia»ce tique 9 l'empereur, ainsi que les autres princes et « juges séculiers^ doivent Ty contraindre par la force « {cogère per proscriptionem) ; »
Que, longtemps avant ravénementdesCarlovingiens au trône des Francs , les papes étaient, de fait et par l'adhésion des peuples, souverains de Rome, et (jue si Pépin et Cbariemagne étendirent le domaine pontifical en donnant et en restituant aux papes Texarchat de Kavenne et les villes qu'avaient usurpées les Lombardsy aucun monument, aucun texte n'indiquent qu'ils le firent sous condition , à titire de concession et en se réservant une souveraineté eHective et définie, d'autres droits enfin que ceux qui résultent d'un protectorat officieux, d'une tutelle respectueuse exercée par un défenseur de l'Église dans l'intérêt de l'Église, et avec le consentement de la papauté ;
Que si Charlema^ne, comme patrice ou comme empereur, crut être réellement suzerain des papes au temporel, cette opinion, dont certaines traditions historiques semblent attester Texistenee, était erronée, n'obtint jamais l'assentiment des souverains pontifes, et né donna lieu à aucun conflit, à aucune résistance , parce qu'elle ne se traduisit jamais par des actes de nature à contrarier ou à limiter l'indépendance de la papauté. Du jour ou, en échange de ses bienfiiits et de
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ses . services y Charlemagne aurait ëlevé la prëtenliQD d*exeroer unesuprématie de fait et de droitaur le gou* vernement pontifical , de ce jour-là , une lutte se serait engagée : mais cette lutte ne se produisit jamais , d'une party à cause de la modération et de la sage piété de Charleuiagne ; de l'autre, parce que les papes, n'entrevoyant aucun danger du c6té de Cbarlemagne et ayant tant obtenu de sa protecdmi et de son épée, ne soulevaient sans nécessité aucun conflit d'attributions et d'indépendance, et ne récompensaient pas leur bienfaiteur en lui témoignant des craintes ou en sus* pectant son pouvoir impérial.
Nous n'ajouterons qu'un mot à ce qui précède.
Dans le capitulaire de Thionville, où Charlemagne , en Tan 806 , régla au seiu de la diète nationale le partage de ses Ëtats entre ses fik ce prince déclara <ju'il faisait cet acte solennel, « afin de prévenir tout sujet de contestation entre ses trois iils , en partageant entre, eux tout le corps de son royaume. » Il fit ensuite une description détaillée de toutes les provinces rangées sous ses lois , en y comprenant le royaume d'Italie ou de Lombardie ; mais il s'abstint d'une manière absolue de faire mention , dans ce partage , du ducbé ,de Rome et des provinces, de l'exarchat alors soumises au saint-siége :ilne donna à aucun de ses enfants le titre d'empereur, comme s'il eût reconnu qu'il ne lui appartenait pas d'en disposer luimême; et certes , si ce titre eût pu entrer dans la part d'un des trois fils, Charlemagne n'aurait pas manqué d'en faire mention , comprenant bien que, par celle omission, hin de pt'éi'enir fout sujet de von-
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teslation entre ses héritiers , il ne faisait qu'ouvrir le ohâmp kl plus vatle alÉ& odiiflito et m% guerres. Ainsi rëlectiotl à rempire romaih-gërmaniquë était un droit que la papauté pouvait revendiquer au nom de Diitt et des peu)des| ainsi les papes n'étaient ni feudataires ni vassaux des empereurs ; ainsi, au contraire, les empereurs prêtaient sennetu de JuiéLitè aux papes , bien que ce sënnent de transforitiât junais l'empire en fief de l'Eglise, et supposât seulement, de la part de ceux qui le prêtaient^ l'obligation et le devoir de défeiMlre le saint-siëge contre ses entiemis.
Cliarlemagne passa l'hiver à Rome (80 1), et y célébra les fêtes de Pâques. La même année , et sàns douto à la prière du pape Léon III, qui aspirait à la pacification de TÉglise , il fit demander la main de Timpératriee Irène. 8i cette uilion avait eu lieu» Fenipire romain se serait trouvé assis sur des bases presque semblables à celles qu'il avait eues au temps de Constantin et de Théodose. De part et d'autre on s'envoya des ambassadeurs ; mais une révolution de palais, qui, peu de mois après, précipita l'impératrice Irène du trône dans l'exil, et appela au gouvemetnent
des Grecs le patrice Nicéphore , fit échouer les vastes plans de Charlemagne et les espérances du chef de l'Église.
L'empereur avait quitté Koine le a/j avril et s'était acheminé vers le Mord, tandis que son fils Pépin, roi d'Italie , faisait la guerre au duc de Béné^ vent et travaillait à réduire à l'obéissance ce vassal rebelle. Charlemagne s'arrêta d'abord à Spolète, puis à Pàvie. Durant son séjour dans celte ville , il
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dresëa quelques capitulaires pour servir de supplément a la loi des Lombards^ qui régissait une gnmde partie des [leuples de Tlbdie septentrionale. Ce fut alors qu'il reçut la nouvelle de plusieurs avantages que son filS| le roi Louis, venait d'obtenir en Espagne, et qui* furent dignement couronnés par le siège et la prise de Barcelone. Le roi d'Aquitaine et sou armée, précédés du clergé qui chantait prooessionnellemefit des hymnes , entrèrent dans cette ville , en chassèrent les Sarrasins, et y laissèrent une garnison chrétienne. Par la possession de Barcelone, la Marche d'Ëspagne et les frontières des Pyrénées furent désormais mises à couvert de tout danj^er du côté des Maures , et les provinces de la Gaule cessèrent d*étre exposées aux attaques de F islamisme.
L'empereur ayant reçu mie ambassade du calife Haroun*aURaschid, fit un pompeux accueil aux en* voyés de ce prince : il les conduisit avec lui à Aix-la- Chapelle , et voulut leur donner tous les spectacles qu'il jugea propres à leur inspirer une haute idée du pays des Francs et de F (Europe. L'éclat des i'étes pompeuses de la religion du Christ , les réceptions scdennelles, les banquets somptueux, les réunions où se pressaient autour de son trône les chefs de dilférentes nations qui reconnaissaient sa domination » rien ne fut épargné. Il voulut aussi les faire jouir des divertissements en usage à cette époque. Lin jour, il mena les ambassadeurs à la chasse des bœub sau* vages (i) qui peuplaient alors les forêts voisines. Un de
(i) le hfffket Faitroek , dit k moiiM de Stint^Gtll > qpiî nmte cette aneodoie. Ces deux e»pèceB d*aiiiiiMait nVxiileat ph» en EtifO|ir.
ces animaux, d'une grandeur énorme, devint furieux , s'avança vers les chasseurs, et inspira un tel effroi aux envoyés du calife , qu ils.prirent la fuite. Charlemagne se dirigea vers le redoutable animal, et d'un coup d epëe il voulut lui abattre la tète ; mais il uumqua son coup, et le bœuf 9 irrité et rendu .plus terrible , courut sur le cheval de Tempereur, brisa sa chaussure, arracha une partie des bandjelettes dont sa jambe était entourée , suivant Fusage des Francs , et froissa de l'extrémité de ses cornes la partie antérieure de la jambe de ce prince. Charlemagne se jouait, pour ainsi dire, du danger qu'il venait de courir. Les ambassadeurs, saisis d'admiration, s'écrièrent : « Nous n'avions vu, avant de. venir en France, que des hommes de terre; maintenant nous voyous des hommes d'or. » L'empereur, en congédiant les envoyé du calife , ordonna que sur toute leur route ils fussent reçus avec honneur par les évéques , les comtes et les abbés, il leur remit pour Haroun de riches présents, parmi lesquels on distinguait des draps de Frise , les plus beaux de ceux que Ton fabriquait alors en £urope , des chevaux de prix, et des chiens de chasse d'une grandeur extraordinaire.
Charlemagne fit construire une flotte destinée à protéger les côtes et les lies de la Méditerranée , et à soumettre, dit-on, la Sicile au nouvel empire d'Occident (802). Peu de temps après, les négociateurs grecs et occidentaux achevèrent de s'entendre au sujet de la limite qui devait séparer l'empire de C(»nslantim>|)l(' <i celui des Francs, il lut convenu ijue le lot de Charlemagiie )mi composerait de toute
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l'Italie jusqu'à rOfTauto et au V ulturne; des territoires qu'habitaient alorales Bavarois , les Huns , les Slaves et les Dalmates ; des Gaules et de l'Espagne. Quant à la Germanie, l'empereur d'Occident y possédait plusieurs pays qui n'avaient jamais été soumis à l'empire romain.
Depuis son couronnement à home jusqu'à la iiu de son règne , Gharlemagne s'occupa sans relâche du gouvernement de ses vastes Etats, de la reforme des abus et de l'établissement de nouvelles lois. Il ajouta quelques articles à la loi salique , et modifia d'autres dispositions de ce code. On doit remarquer ici que, tandis qu'il prenait sur lui le droit de réformer et d'amender la législation de ses peuples , sans se croire forcé de recourir aux lumières et à l'adhésion des assemblées générales, il crut nécessaire de soumettre à la diète des Francs tout ce qui avait pour but d'ajouter ou de retrancher à la vieille loi salique, toujours vénérée et réputée nationale.
Au mois de mars de l'année 8oa, se trouvant à Aixla-Chapelle , Charlemagne inaugura en quelque sorte le gouvernement impérial, en exigeant, par un capitulaire célèbre, serment et hommage de ses peuples; il y était dit : « Le séréuissime et très-chrétien empe- « reur Charles a ordonné que tout homme de son « royaume, ecclésiastique et laïque, chacun selon sa «c profession, qui lui aurait juré précédemment iidélilé « à titre de roi, lui rendit hommage à titre de César. M Ceux (|ui n'auraient encore fait aucune promesse la ' « femnt aujourd'hui, s'ils ont atteint leur douzième «c année. Et cpi'on enseigne publicpiement à lous, de
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(€ manière qu'ils l'en tendent, quelle est la grandeur de « ce serment et tout ce qu'il embrasse. Car il de faut « pas croire, comme plusieurs l'ont pensë jusqu'ici^ a qu'on doive seulement au seigneur empereur la fi- « délité ordinaire, c'est-a-dire de ne pas attenter à sa « vie, de ne pas introduire l'ennemi sur ses terres, etde a ne se rendre complice d'aucune infidélité, soit en y « consentant, soit en ne la dénonçant point; mais il «c faut que tous sachent bien quelles sont les consé- « quences du serment prêté. Les voici : Premièrement, « que chacun prenne soin de se conserver dans le « service de Dieu , selon son intelligence et selon ses « forces; car le seigneur empereur ne peut pas se « charger personneUementdelaconduite de chacun... « Que nul n'ose faire aucune fraude, aucune violence, « aucun tort aux saintes églises de Dieu, aux veuves, « aux orphelins, ni à ceux qui vont en pèlerinage : car a le seigneur empereur est établi pour en être, après « Dieu et ses saints, le gardien et le défenseur... Que a. nul n'ose matiquer au ban de guerre du seigneur « empereur, ou détourner quelqu'un de ceux qui sont « tenus de marcher. Que nul n'ait la témérité de violer « le bail ou le précepte , quel qu'il soit, du seigneur «c empereur, ni de contrarier, empêcher ou diminuer <r ses entreprises, ni de s'opposer en autre chose à sa « volonté et à ses commandements. Que personne «c enfin ne soit assez hardi pour manquer de lui payer « le cens et les autres charges... Tout ce qui vient M d'être dit est contenu au serment impérial. »
Ainsi Gharlemagne ajoutait aux droits de la royauté barbare. D'un côté, il revendiquait l'empire tel que
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l'avait conçu l'antiquité romaine , avec la dictature miliiililre et le droit législatif; de l'autre , il tramait les prérogatives des empereurs chrétiens , il agissait comme Tevéque du dehors et le défenseur de l'Eglise, responsable devant Dieu du salut des hommes. Le saint-empire romain se manifestait aux [leuples avëc sa double itiission et son principe s pour la première fois d'ailleurs , le prince germanique , au lieu de se contenter du serment des bénéficiaires et des ieudes , en exigeait des hommes libres et des arrière-vassâUx. C'était là une tentative monarchique intelligente et vigoureuse; mais elle devait rester inféconde^ et aucune puissance hiunaine ne pouvait désormais empêcher la féodalité de vivre, de porter des fruits, et de s'étendre sur le vieux monde.
Charlemagne tourna de nouveau ses armes du côté delà (iermanieet de laPannonie (8o'i-8o4); il envoya prêcher la foi à Saizbourg , et, pour diminuer les inquiétudes que lui causaient encore les soulèvements de la Saxe, il enleva dans cette contrée dix mille familles qu'il dispersa dans les Gaules. Ces exilés furent remplacés dans leurs pays par des tribus abodrites (habitants du Mecklembourg-Schwérin)qui lui étaient toujours demeurées fidèles. Comme les dix mille Saxons expatriés furent pour la plupart relégués dans la Flandre, on attribua à ces nouveaux habitants l'esprit de révolte que manifestèrent pendant plusieurs siècles les peuples de cette dernière contrée; et un vieux proverbe du moyen âge dit à cette occasion que Charlemagne « d'im seul démon en avait fait deux. »
Celle mesure violente, et (juelques autres résolu-
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lions analogues eurent enfin pour résultat l entier asservissemeot de la Saxe. Cette nation , iodoiiq^tahle jusqu'alors, subit son firein^et n'<^posa aucune résistance à la civilisation chrétienne , dont les progrès étaient ainsi garantis contre ses attaques. Dès. ce moment 9 la Saxe changea de face. Cet immense champ de bataille, que depuis trois siècles les Francs avaient pavé de ruines et d'ossemenISi se couvrit peu à peu de moissons fertiles et de cités opulentes , et devint, avec le temps, le loyer des richesses et la gloire de la Germanie. Au reste, tous les ennemis des Francs ne se plièrent pas au if>ug : ceux à qui la domination de Charlemagne parut trop dure émigrèreut en masse dans les contrées Scandinaves, en Danemark et chez les pirates normands (northmanns), orgueilleusement surnommés Us Rois de mer. Ils portèrent chez ces redoutables h6tes leurs longs ressentiments et leur espoir de vengeance , et nous verrons plus tard cet espoir réalisé et cette haine cruellement assouvie.
La Pannonie fut à son tour traitée avec une rigueur extrême (Bo5); mais, pour la contenir et la. civiliser plus prompttement, Charlemagiie y envoya de nombreux colons francs et bavarois. Vers le même temps et par ses ordres, son jeune filsCUarles entreprit avec succès une expédition contre les Bohémiens.
Poursuivis parles armées IVanques, les Bohémiens cherchèrent vainement un refuge dans les forêts et dans des retraites inaccessibles : le jeune roi ravagea et incendia leur pays durant quarante jours. Il tua Léclio, lem* chef, et il n'abandonna cette contrée, désoléeirpar la guerre, que lorsqu'elle n'oRrit plus de
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ressources pour faire subsister ses troupes et ses clieyum. Après cette rude campagne, le vainqueur Tint faire hommage de sa victoire à son père. 11 trouva l'empereur dans les forêts des Vosges, où ce monarque ëtaît venu chasser. Il le rencontra à Camp, auprès de Bruyère , à peu de distance d'Epinal. Le père et le fils allèrent ensemble à Kemiremont et de là à Thionville où Louis, roi d'Aquitaine, et Pépin, roi d'Italie, s'empressèrent (le se rendre, d'après l'ordre de l'empereur.
Charlemagne n'avait plus besoin de méditer de nouvelles conquêtes (806); elles s'accomplissaient d'ellesmêmes, en quelque sorte : les peuples venaient volontairement se ranger sous ses lois, tellement les forces de son empire étaient disproportionnées avec celles de tous ses voisins. C'est ainsi que les ducs de Venise et de Dalmatie vinrent d'eux-mêmes à sa cour pour lui • faire hommage.
L'empereur, dans sa résidence d'Aix-la-Chapelle, tandis qu'il surveillait les entreprises des barbares, savait aussi, (juand les circonstances semblaient le réclamer, éblouir ses peuples et les étrangers par la pompe et la magnificence de sa cour : c'était surtout lorsqu'il était entouré des grands et des leudes , tant civils qu'ecclésiastiques, réunis daus les plaids nationaux, qu'il étalait aux jours d'apparat une représentation olficiellc destinée à rehausser l'éclat de son gouvernement. Alors on voyait le monarque assis sur un trône élevé, et orné d'or et d'argent; un manteau bleu et blanc flottait souvent sur ses épaules ; un diadème surmonté de rayons ceignait sa tête ; un sceptre, ou plutôt une verge ou baguette d'or, était dais ses
Djgjtized
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mains. L'impératrice portait une couronne au-dessus de son voile : sa couronne, sa robe, les habits des dsam& rangées iiutour d eUe, brillaiaiit de Tédal des perles, des diamants, des rubis, et des autres pierres précieuse que le commerce avait portées dans Vkw occidentale, à Gonstantinople, en Italie, et que la victoire avait dopnées à la France. Les ducs, les comtes et les grands qui entouraient le tr6oe àyaient leurs ceintures ornées d'or , d'argent, et de ces pierres précieuses originaires de TOrient; leurs manteaux, garnis de la fourrure )a plus recherchée , de celle de rhermine, rappelaient leur origine^ les usages de leurs pères, les ioréts qui avaient nourri leurs aïeux. 0e nombreux officiers du palais étaient placés derrière le souverain ; des hérauto jetaient des monnaies d*or en criant : Lai gesse de l'empereur ! et d^s musiciens auxquels on donnait encore souvent le nom de bardes j et des poêles que Ton nommait chantaient, au milieu de ces cours plénières , des hy urnes nationaux en l'honneur du courage, de la vertu, et des héros francs. Ces fêtes duraient pendant plusieurs jours , et les banquets y réunissaient un si grand nombre de personnes que, pour un de ces repas solennels, on faisait rôtir un nombre immense de bœufs. Les convives , dans les intervalles des repas , des plaisirs , des cérémonies ou des affaires , allaient à chevd , en grandes troupes et au bruit des cors , à la chasse des sangliers , des buffles ou des aurochs, dont les forets étaient encore remplies , et dont la poursuite , accompagnée de dangers, convenait à leur courage.
D^ps les temps ordinaires^ on se livrait à la pèche
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ail à des chasses plus tranquilles , telles que celles où l'on employait des faucons ou d'autres oiseaux de proie dretaéa. Les autres divertissements étaient des jeux de balle, de dés ou d'ëchecs. Les Francs, vers le temps de Charlemagne , étaient si passionnés pour ces deux derniers jeux, qu'ils y passaient souvent des nuits entières, et (ju'à l'exemple de leurs ancêtres les (lermains | dont parle Tacite , ils y perdaient quelquefois , comme eux, toute leur fortune et même leur liberté. Cette fureur du jeu étaitsévèremenl défendue parTenipereur.
Le commerce, favorisé par Charlemagne et protégé
parles petits bâtiments qu'il faisait entretenir en grand nombre à l'embouchure d^ fleuves qui parcouraient son empire , procurait facilement aux contrées les plus éloignées des mers ces perles , ces pierres précieuses, ces étoffes d'or ou d'argent qui servaient à l'édat des fêtes privées , à la splendeur des solennités nationales > et à la pompe des cérémonies religieuses.
Ces richesses arrivaient de l'Asie par la Méditerranée, dV)ù elles circulaient dans toute TRurope. Les négociants de Marseille, d'Arles, de Lyon, de tout le grand bassin du Rhône , de toutes ces provinces (|ui , les premières et longtemps avant l'invasion des Francs, avaient reçu la civilisation des Romains , et ceux des rivages d'Italie, allaient à Constantinople , ou dans les porU deTÉgypte , de la Syrie et de l'Asie Mineure, recevoir, des chrétiens de Tempire d'Orient, des musulmans, des califes , les trésors , les étoffes , les épices, les aromates que des caravanes , au travers des déserta de la Mésopotamie et de la Perse, ou des fl^^ttes
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de la mer Rouge , allaient chercher dans la Bactrîane ou au delà de l'Oxus , ou dans le nord de Tlnde , ou sur lès rives occkleDtales de la grande péninsule indienne, ou dans l'île de Ceylan , ou sur les rivages orientaux de l'Afrique équinoxiale.
On avait assee bien conservé Tart d'extraire, de préparer, de fondre , de travailler les métaux. On employait dans un grand nombre d'ouvrages , et avec beaucoup d*habileté, le plomb, le fer et le cuivre; on se servait de l'élaiii qui venait de la Grande-Bretagne ; on faisait en or et en argent des ouvrages qui le disputeraient à ceux des artistes modernes, si un goût plus pur en avait dessiné les formes.
Le fer était façonné en lances et en glaives, dont la trempe était d'une qualité remarquable. On commençait même à le daniasqmmv^ c'est-à-dire à le préparer à la manière des ouvriers de Damas. On fabriquait aussi des socs de charrue et d'autres instruments aratoires; mais l'agriculture était encore bien loin des periectionnements qu'elle a reçus depuis. Les forêts occupaient des espaces immenses, et rendaient la température plus froide et plus variable : les récoltes de toute nature étaient beaucoup plus exposées à ces gelées lardives qui succèdent \\ une grande chaleur, et détruisent dans sa fleur l'espérance d'une année entière.
dépendant l'empereur vieillissait, et déjà peut-être il comprenait qu'aucun de ces fils ne serait assez fort pour porter le poids de son vaste héritage. Il résolut de prévenir les conflits et les querelles qui pouvaient s'élever entre eux après sa'mort, et d'assigner d'à»
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vance à chacun la part à laquelle il aurait droit. Dans ce but, il convoqua à Thionvilleun plaid national, ou
se rendirent les leudes du roi et les grands de la monarchie. Charlemagne et les seigneurs reconnurent qu*il n'était plus possible de prendre pour bases d'un nouveau démembrement les anciens partages opérés par les rois de la première race , et par Charles Martel et Pépin, de glorieuse mémoire.
La monarchie des Francs couvrait à elle seule la moitié de TËurope , et il n'était plus question de faire trois lois au moyen de la INeuslrie, de l'Austrasie et de l'Aquitaine. L'Italie I la Germanie presque tout entières, et plusieurs dépendances de l'ancien diocèse d'illyrie, se trouvaient placées sous le sceplrede Charlemagne, et il importait d'en tenir compte. Charlemagne fit donc une sorte de testament ou de traité de partage (jui fut juré par tous les grands réunis ù la diète de Tiiion- ' ville , et qui fut envoyé à Rome pour y recevoir la sanction du pa[)e. Par cet acte solennel , l'empereur laissait à Charles, son fils aine, la JNeustrie (que Ton voit ici distinguée des autres possessions germaniques), la Thuringe , la Frise , la Souabe septentrionale , et la partie de la liavière au-dessus du Danui)e (jue l'on nomme le Northgowe , c'est-à-dire toute la Germanie jusqu'au cours de ce dei nier fleuve. Pépin devait posséder le reste de la Bavière , le royaume des Lombards, et la partie de l'Âlémanie (pays desSuèves ou Souabe) qui bordait la rive méridionale du Danube. Louis, le plus jeune des trois frères, avait pour sa part l'Aquitaine et la Gascogne ou Wasconie,'Ia Provence, la Septimanie, la Marche d'Espagne, et toute la partie