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Samsios à l'aide d'un petit nombre de Gaulois et de Gascons , cette diversion dëcida la victoire. Au bruit
des clameurs lamentables qui s'élevaient de leurs tentes , et à la vue des flammes qui dévoraient le
camp, les Arabes prirent la fuite, laissant le champ de bataille couvert d'une multitude de cadavres, parmi lesquels se trouva celui de leur cheT Abdérame. Le butin fut immense; les richesses accumidées dans le camp des Sarrasins étaient celles de l'Afrique^ de l'Espagne et de l'Aquitaine. S'il faut ajouter Coi à une tradition populaire , ce mémorable triomphe mérita à Charles, vainqueur, le surnom de Martel (Karl le Marteau) y parce qu'il avait écrasé ses ennemis comme avecnne massue. Cor, dit la chronique de Saint-Denis, comme le marliaus debvise et froisse le fer et 1* acier et tous les autres métaux, aussi froissoU^il et brisait par la hataille tous ces ennemis et tous ces estranges nn^ dons. La bataille de Poitiers sauva la GaïUe et arrêta l'invasion des Arabes.
La portion méridionale du royaume de Bourgogne et la Provence refusaient de reconnaître la suprématie des Francs et l'autorité de Charles Marte) . Le maire du palais se montra disposé à taire la guerre aux peuples de ces deux contrées et à les ranger sous son obéissance. Vers le même temps, peu soucieux des droits de son allié le roi Eudes, il contraignit ce prince à lui jurer fidélité et soumission comme sujet, et aie reconnaître pour souverain de Wasconie et d'Aquitaine. Eudes plia sous la violence et devant la force , se réservant en secret de manquer à la foi jurée dès que les Francs
auraient repassé la Loire. Aussi, dès qu'il eut déter- T. m. 7
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miné Charles Martel à retourner en Austrasie^ il réorganisa soudainement la nationalité et l'indépendance
de ses États d'Aquitaine et de Wasconie; et ayant ressaisi sa souveraineté, il guerroya durant quelques mois contre les Arabes , qui toujours envahissaient ou menaçaient la frontière des Pyrénées. Deux ans après il mourut 9 accablé par Tâge , et par les longues fatigues d'une vie aventureuse (ySS ).
Cependant Charles Martel, dès qu'il eut vu le midi de la Gaule échappant encore de ses mains, se mît en devoir de le conquérir une seconde fois : traversant la portion du royaume de Bourgogne qui lui était soumise, il se porta sur Lyon et s'en rendit maître : il s'empara ensuite des villes et des cantons qui élaient situés sur la rive gauche du Rhône , entre ce fleuve et la Durance, et il lui fallut de vigoureux et de longs elforts pour les réduire. Maître d'Avignon , il ne se crut pas , pour le moment du moins, en mesure d'étendre à l'autre bord de la Durance la domination des Francs , et il s'ahstint d'attaquer Arles et Marseille. Mettant à profit la mort d'£udes, son plus redoutable ennemi , il contraignit Hunald, fils de ce prince, à lui jurer soumission et fidélité pour le duché d'Aquitaine ; et il se contenta de cet hommage, ne voulant entreprendre de nouvelles luttes contre un peuple si souvent rebelle à la puissance des Francs , et toujours en état de faire beaucoup de mal aux armées de race germanique, que le Midi avait eu horreur.
11 se tourna contre la Provence, alors gouvernée par Mauronte, Pun des plus illustres chefs de ce pays. Mauronte et ses leudes , hors d'état de résister
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à Charles Martel , appelèrent les Arabes à leur secours , et ces derniers entrèrent eu Provence sous la conduite du vali de Nairbonne , Joussouf-ben-Âbd-
el-Raliman (735). Ces étraiii^es alliés ne demandaient qu'à opprimer les chrétiens des deux causes, ils s'emparèrent d*4rlesy la pillèrent , et se portèrent ensuite du côté du nord , en remontant le Rhône , à la rencontre des généraux de Charles Martel, alors en marche vers la rive droite de la Durance. Les leudes francs épouvantés s'enfuirent sans avoir combattu, et le territoire d* Avignon tomba au pouvoir des Arabes : on assure même que ces derniers étendirent leurs conquêtes jusque sous les murs de Lyon ( 735- 736). C'est ainsi (jiie les Sarrasins pr(»naieiil leur revanche de la déroute de Poitiers. Maitres de la Bourgogne méridionale et de la Provence, ils attendaient, pour envahir de nouveau la Gaule , l'arrivée de renforts considérables que le célèbre Okba, Tun de leurs chefs , se disposait à leur amener du fond de l'Espagne.
Charles Martel sé hâta d'attaquer Joussouf avant
qu'Okba eut réussi à franchir les Pyrénées ( 737 ) : ayant refoulé les Arabes vers Avignon , il assiégea et prit d'assaut cette ville , et fit passer au 111 de i'epee les musulmans qui l'avaient défendue et ceux des habitants qui avaient pris parti pour les Maures ; puis , au heu d'entrer en Provence , il se jeta sur le territoire de la Septimanie , et se dirigea avec la rapidité delà foudre sur Narbonne, (pi il assiégea, liiiormédu péril de cette place, Okba s'empressa de la secourir. Comme son lieutenant approchait avec une armée,
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Charles Martel laissa quelques troupes devant la ville pour en continuer le siège , et se porta au-devant des Arabes : il les rencontra à cinq ou six milles de Narbonne, dans la vallée où coule le petit fleuve de Berre, elles tailla en pièces sans que l'histoire ait recueilli quelques détails précis sur cette nouvelle victoire. Cependant il échoua devant Narbonne, et se vengea de cet échec en livrant aux flammes ou au pillage plusieurs cités de la Septimanie, et entre autres Agathe , Maguelone el Nîmes. Les monumenls de cette dernière ville conservent encore les vestiges de Tincendie qu'alluma Charles Martel. Vers la fin de la même année (737), les Provençaux et leurs alliés reprirent Avignon et en chassèrent les Francs. Deux ans plus tard (739), Charles Martel les fit repentir de leurs attaques et s'empara d'Arles ^ d'où il expulsa les Arabes : ceux-ci se maintinrent dans quelques cantons de la Provence, et pour la plupart se replièrent dans leurs possessions de Septimanie. Ces longues guerres eurent pour résultat d'asseoir en Proveuce * les commencements de la domination carlovingienne , (louiinalion d'abord ])récaire et douteuse, mais qui s'atTermit à mesure que disparaissait du sol de la Gaule l'élément arabe. Sur ces entrefaites ( 737 ) mou« l'Ut Thierry lY, i'antùme royal dont Thistoire connaît à peine le nom.
La vieille famille des rois chevelus, quoique déchue et pour ainsi dire avilie sous le despotisme des maires^ obtenait encore un reste de respect que Charles Martel, (|uelle que fut sa puissance, n'osa entièrement braver. Après la mort de Tiiierry IV , il ne se crut pas