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assez fort pour prendre le titre de roi et exclure les derniers des Mérovingiens; il se contenta de laisser le trône vacant y cherchant ainsi à préparer plus tard rusurpation de sa race. Pour lui , il ne prit d'autre
nom que celui de prince ou duc des Francs. Les actes publiés sous son gouvernement ne portent point la date de sa principauté , mais celle de Tannée depuis la mort du roi. Ce fut vers celte époque que ce prince récompensa ses soldats en leur conférant des bénéfices ecclésiastiques , instituant ainsi des prêtres militaires qui n'avaient de clerc que la tonsure : faute grave, que Thistoire ne doit pas passer sous silence.
Ce ne fut pas le seul témoignage d'indifférence que Charles Martel donna à TÉglise. L'empereur Léon risaurien, chef de T hérésie des iconoclastes briseimages), venait d'ordonner par un édit qu'on détruisit partout y comme autant dMdoles , les images des églises. Cet édit fit horreur à tous les clirétiens. Le pape Grégoire II et son successeur Grégoire lll, pour avoir fait entendre à l'empereur hérésiarque de justes représentations y furent en butte à des menaces, et attirèrent sur Rome d'abord une flotte impériale que la tempête fit périr, puis les armes de Luitprand^ roi des Lombards , le plus redoutable voisin de la capitale du monde catholique. Les deux papes eurent successivement recours à Charles Martel, etl'invitèrent, au nom désintérêts de l'Église , à venir délivrer Rome de ses ennemis. En échange de ce secours, le souverain pontife Grégoire III offrit au duc d'Austrasie le titre de consul de Rome, celui d'exarque, et lui promit de reconnaitie la suzeraineté des Francs à la
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place des empereurs d'Orient , qui venaient de s'en rendre indignes en propageant l'hérésie. Charles Martel hésita, et se borna à donner au roi des Lombards quelques avertissements pacifiques. Il ne se crut pas la force d*accepter la grande mission qui lui était offerte par le chef de TEglise : ce rôle était réservé à ses fils.
Mais , soit sentiment religieux , soit instinct politique, Charles Martel comprit que , pour arrêter dans leurs incursions les barbares du Nord, le seul moyen était d'adoucir leurs mœurs par le christianisme. Il favorisa donc de tout son pouvoir la prédication de l'Évangile chez Tes Germains. Sous son gouvernement, et comme pour compléter ses victoires, saint Willebrod porta la foi chee les Frisons ^ (jui (urent réunis à l'Austrasie; saint Hubert, évéque de Maëstricht , convertit les idolâtres de la Toxandrie ) les temples et les simulacres du paganisme furent détruits partout où pénétrèrent les armées frauques. C'est surtout au saint évéque Boniface que les nations teutoniques furent redevables des lumières de la religion chrétienne. Ce grand homme (n'hésitons pas à lui donner ce nom) mérita le glorieux titre ài apôtre del JUeinagne. il était né en Angleterre vers l'an 680 ^ Grégoire II l'envoya , en 719, travailler à la conversion des infidèles du Nord ; il remplit sa mission avec un zèle infatigable , renversant les temples des faux dieux, et régénérant par le baptême les sectateurs d'Odin. 11 parcourut successivement la Thuringe , la Hesse , la Frise et la Saxe. Le pape ayant appris les succès de son pieux dévouement , l'appela à Rome ,
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WJttn MORT DE CHABLIS 1U1ITBL. i03
le sacra évéque, et le renvoya en Germanie. Les progrès de la foi fiirentplus rapides encore à son retour; il convertit les peuples de Bavière, et remplit le Nord du bruit de ses travaux apostoliques. Une semblable vie ne pouvait mieux être couronnée que par le martyre : saint Boniface fut tué en 754 par les païens de la Frise , un jour qu'il était en chemin pour donner à de nouveaux chrétiens le sacremeul de la coniirmation.
Charles Martel l'avait depuis longtemps prêché dans la tombe. Cet illustre duc d' Austrasie , doué de toutes les vertus qui font les héros selon le" monde," était loiu de posséder au luénie degré les vertus plus humbles du christianisme. Ce fut pourtant à lui qu*é* chut hi grande mission de sauver la chrétienté des doubles invasions idolàtriques ^ tant il est vrai que , entre les mains de Dieu , nous ne sommes que de pauvres instruments , et qu'aucune gloire ne revient réellement à l'homme. Avant de mourir, le duo des Francs, du consentement des grands, |)artagea son vaste empire entre ses trois filS| Pépin, (iarlonian et Griflbn. Ce dernier n'eut que de faibles portions du territoire; mais Carlouian eut TAustrasie et la Germanie , et Pépin la Meustrie, la Bourgogne et la Provence ( ).