DERNIÈRE PÉRIODE DE LA DYNASTIE MEROVINGIENNE
NEUSTRIE KT BOUfiûOGHS.
CHILDSiUG lU, rm.
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CABLOMAlf.AfC
PBPlII,diic(747— 710).
AQUITAINE ET WASGÛKII.
HUMALD, duc.
A peiûe Charles Martel eut-il fermé les yeux, que la réactiou se manifesta contre ses actes et sa mémoire. On raconta que l'évéque d'Orléans, £ucher, avait eu une vision durant laquelle , ayant été transiporté dans les enfers, il avait rencontré le vainqueur d'Abdérame dans ce lieu de tortures; et comme Tëvéque demanda pourquoi le duc Charles souffrait de si terribles tourments, un ange lui répondit : « Cest « qu'il a envahi la terre des saints. » La légende ajoute que ce bruit sinistre s'étant répandu, on ouvrit le tombeau de Cbaried Martel, et que sur la pierre vide et calcinée on ne trouva aucun vestige humain, mais seulement un serpent. Plus d'un siècle après la mort de ce prince , un synode d'évéques assemblé à Reims mentionnait , avec une conviction profonde et comme une chose certaine , la damnation de Charles Martel ; et ces récits étranges, circulant parmi les rois et les grands, leur apprenaient que nul ne saurait, sans encourir un châtiment inévitable, por-
ter une main sacrilège sur les droits de l'Eglise.
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Or Griffon, le troisième fils de Charles Martel, protestait contre Texclusion dont il avait été l'objet, et revendiquait pour sa part , non quelques domaines , mais wi royaume. £n face de ses prétentions
et de la réaction qui se produisait dans les rangs du clergé et des peuples, Carloman et Pépin jugèrent à propos de rester unis^ et de se concerter pour maintenir intactes les dernières dispositions de Charles Martel. La révolte de quelques tributeires germaniques, et spécialement celle d'Odilon, duc de Bavière, vint accroître les embarras de leur situation. Bientôt, cependant , ils se déterminèrent à convoquer les grands qui, Tannée précédente, avaient sanctionné le partage prescrit par Charles Martel ; et ils leur demandèrent de ratifier de nouveau le testament politique de Charles, en condamnant solennellement les résistances de leur frère Griffon. Les grands avaient pour coutume de répondre dans le sens des princes qui les interrogeaient, et d'une voix unanime leur assemblée déclara (|ue Griffon réclamait injustement une partie de l'héritage légitime de ses frères. C'était là ce qu'attendaient Carloman et Pépin. Dès qu'ils eurent obtenu Tadhésiou uiiicielie des leudes, ils tournèrent leurs armes contre Griffon , le mirent en fuite, s'emparèrent de sa personne, et le reléguèrent prisonnier dans les Ardennes.
Ils se croyaient à peine en sécurité de ce c6té, qu'une révolte de l'Aquitaine appela leur attention , et les contraignit de diriger leurs troupes vers le Midi. Hunald, fils d'Eudes, avait juré soumission à Charles Martel; mais il prétendait ne s'être engagé
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qu'à son égard , et non envers ses fils el ses successeurs. Celte interprétatioii du serment de Hunald contrariait les droits et les espérances des ducs d'Austrasie et de Neuitrie y et tous deux marchèrent à la rencontre du souverain d'Aquitaine^ se disposant à le traiter en (ëion et en rebelle. La guerre eut lieu avec toute la violence et la barbarie de ces temps» ou nul ne connaissait la pitié. Des provinces , telles que le Berry et le Poitou, furent ravagées par le fer et le feu; et bientôt Hunald se trouva trop heurèux de se soumettre, et d'apaiser ses ennemis en leur jurant fidélité et obéissance. A ce prix , les Francs de Neustrie et d'Austrasie rétrogradèrent par delà la Loire, et l'Aquitaine respira un peu. Carloman et Pépin mirent à profit cette trêve pour conclure un arrangement pa<* cifique, et régler les nouvelles destinées de la Gaule firanque
L'Aquitaine semblait soumise, Grifï'on était dépouillé de son modeste apanage, rien ne faisait obstacle à la puissance des fils privilégiés de Charles Martel. Carloman se maintint en possession de TAustrasie et des tributaires germaniques , sauf à guerroyer contre ceux de ces peuples qui avaient encore secoué le joug des Francs. Les Austrasiens ne contestèrent ni ses droits ni son pouvoir, et il eut soin de cimenter cette autorité naissante en revendiquant l'appui de l'Église. Le clergé et les évéques, nonobstant leurs griefs contre la mémoire de Charles Martel, se prêtèrent à des concessions prudentes : reconnaissant que le chef de T Austrasie n'avait pas la force matérielle de reprendre aux ieudes militaires les abbayes
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et les bénéfices ecolé&ia»tiques dont Charles Martel les avait investis par un coupable abus de la foroet ils consentirent à leur en laisser la possession leur vie durant , moyennant une redevance annuelle^ et avec la promesse qu'à la înort de chaque soldat bén^ ficiaire, les biens de l'Église qu'il détenait indu* ment reviendraient au clergé. Des arrangements plus favorables encore aux droits de Tépiscopal eurent lieu en Neustrie et en bourgogne ^ mais, dans cette grande portion de la Gaule, le duc Pépin , nonobstant les souvenirs de Cbarles Martel , ne se trouva point assez fort pour déposséder du trône les derniers rejetons de la famille de Clovis. Encore dominé par les restes de vénération dont les peuples environnaient ce sang illustre , il se contenta d'être maire du palais^ et lit proclamer roi , sous le nom de Childéric 111 , un jeune prince que les chroniques ont représenté comme fds de Chilpéric il , tandis que d'autres monuments, plus dignes de foi peut-être , le font naître de Thierry iV. On le sortit du cloître où lavait naguère relégué Charles Marlcl , et on ajouta un nom de plus à la liste des rois fainéants , idoles dorées (jue les maires du palais iuontraieiil aux peuples de temps à autre, comme pour justifier leur propre pouvoir (743).
A l'exemple d'Odilon, duc de Bavière , les Alamans ou Souabes (Suèves) avaient repris les armes |)()ur revendiquer leur indépendance, (larloman et Pépin marchèrent à la fois contre les rebelles, et leur apparition soudaine sur les bords du Danube déconcerta les espérances de la Germanie. Plus tard, les
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Francs et les Bavarois se rencontrèrent dans la vallée du Lech, et restèrent quinze jours séparés les uns des autres par le lit du fleuve : à la fin les Francs , impatientés de cette inaction, traversèrent le Lech de nuit y surprirent les troupes d'Odilon et les taillèrent en pièces, àprès cette victoire, ils ravagèrent le pays des Bavarois durant cinquante-deux jours, et ne revinrent en Gaule qu'à la nouvelle d'une seconde guerre suscitée en Aquitaine par Hùnald, le plus opiniâtre de leurs ennemis. Hunald avait franchi la Loire, et livré aux flammes la ville de Chartres et sa célèbre basilique : en apprenant le retour des Francs, il se replia sur l'Aquitaine, sans être poursuivi. Ce ne fut, de la part de Pépin et de Carloman, ni modération ni clémence. Surpris par une révolte des Saxons, ils se voyaient forcés de tourner leurs armes contre ces barbares , et deux ans se passèrent avant qu'il leur fût possible de châtier Hunald. A la téte des Austrasiens , Carloman entra isur le territoire de la Saxe , attaqua et mit en fuite Théodoric , duc de ce pays , et contraignit ce prince de chercher un refuge dans le château de Hochsibourg , faible et dernière espérance. Théodoric, pressé de toutes parts et réduit aux extrémités les plus dures, désarma encore une l'ois les Francs par d'artificieuses promesses et de faux r^ets. Dès qu'il eut acheté la paix, Carloman se tourna contre les Alamans et leur chef Théobald : il traversa les cantons de la Thuringe , franchit le Mein, et fit rentrer dans le devoir les peuplades germani(]ues, toujours rebelles, tou jours vaincues (744-74'^)' Ce fut ensuite le tour de Pépin. Ce véritable clief