‹ Histoire de FranceChapitre 108 sur 192 · PASSAGE DU RHIN · texte numérisé non relu

PASSAGE DU RHIN

Condé avait formé son corps de bataille ; il se mit en communication avecTurenneparMaestricht; le comte de Chavigny réunit les gardes à Tongres et rejoignit le roi à Vizay. On essaya une fausse attaque sur Maestricht : elle ne réussit pas; la place fut laissée sur la gauche; le comte de Chavigny eut ordre de l'observer avec un corps de réserve , tandis que la masso de l'armée se portait sur le Rhin. Le prince de Condé allait toujours àl'avant-garde, et les Hollandais étaient si peu préparés à la résistance que les Français firent une marche de huit jours sans rencontrer même un corps d'observation. Au mois de mai on était déjà sur l'Yssel.

C'était derrière le Rhin que se formait en divisions l'armée hollandaise , sous les ordres du général allemand Wùrtz et du marquis de Monbas, réfugié calviniste français au service de la Hollande ; ces troupes ne s'élevaient pas au delà de quinze mille hommes, mais le fleuve les protégeait comme un grand retranchement. Le prince d'Orange, si froid, si profondément calculateur, savait que, pour reconquérir sa toute-puissance en Hollande , U fallait repousser l'invasion des Français. Il avait besoin de l'ascendant de la victoire pour que le parti militaire saisît la domination sur la bourgeoisie et les marchands.

1^3 juin Orsoi se rendit au roi, BurickàTurenne; le lendemain Condé s'empara de Wesel. Rimberge , Emerick et plusieurs autres places ouvrirent successivement leurs portes. Le 12 juin, l'armée française parut sur la rive gauche du Rhin , près de Tollus ; l'armée hollandaise, sous les ordres du prince d'O-

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