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COALITION CONTRE LA FRANCE

de son côté, Frédéric-Guillaume prit l'engagement de renoncer à secourir la Hollande. Il se réserva d'ailleurs, si l'empire d'Allemagne déclarait la guerre à la France, la liberté dont il avait besoin pour remplir ses devoirs de prince allemand. A cet égard ses prévisions ne l'avaient point trompé.

Les principales nations de l'Europe se disaient qu'il était temps de s'unir contre la monarchie française. L'Espagne, lasse de couver sa vengeance, voulait profiter des embarras que la politique de Louis XIV rencontrait sur les bords du Rhin; l'empereur Léopold, impatient de briser le joug que faisait peser* sur lui l'ambition du roi de France, levait enfin le masque et faisait appel à la fidélité de ses peuples. La diète de l'Empire, réunie à Ratisbonne , après quelques hésitations , déclara qu'elle soutiendrait Léopold; elle vota les subsides et les levées d'hommes nécessaires pour entreprendre une guerre nationale. L'empereur et la régente d'Espagne rappelèrent leurs ambassadeurs. Les ducs de Brunswick .et du Lunebourg renoncèrent à la neutralité; l'électeur de Cologne, l'évêque de Munster, malgré leurs bonnes dispositions pour la France, durent céder aux menaces de l'empereur, aux sollicitations de l'Espagne, aux requêtes de la Hollande; l'électeur de Brandebourg, profitant de la clause qui lui permettait de prendre part aux luttes engagées par l'empire d'Allemagne , se hâta de rappeler ses troupes et de les unir aux armées de Léopold. Quant à l'Angleterre, le roi Charles II avait beau l'engager dans les intérêts de fa France, elle hésitait à seconder

cette politique impopulaire; elle ne combattait qu'à t. xiv. 22

regret les Provinces-Unies. Aussi, dès que l'Espagne et l'Empire eurent donné le signal de s'unir contre la France, on vit le peuple anglais se tourner contre Tallié que lui imposait son propre roi , et Charles II se trouva réduit à accorder à la Hollande une paix honorable (9 février 1674). Dans celte situation, une guerre européenne devenait inévitable.

Cependant les représentants des puissances belligérantes continuaient encore de se réunir à Cologne, et faisaient, avec plus ou moins de bonne foi, des tentatives pour rétablir la paix. Bien que l'empereur d'Allemagne eût un représentant au congrès, il n'épargnait rien pour rompre ces conférences. La santé raffermie du jeune roi d'Espagne avait éloigné les cbances d'un partage entre l'Autriche et la France ; Léopoîd ne voyait donc plus dans Louis XIV un amiable copartageant , mais un rival ambitieux qui aspirait à se faire lui-même une large part, en attendant l'événement. Aussi l'empereur ne négligeait aucune occasion d'offenser le roi et de prolonger une guerre qu'il pensait devoir être funeste à ce prince. Il fit enlever, à Cologne même, et conduire prisonnier à Vienne, le prince de Fùrstenberg, représentant de l'évêque au congrès, sous prétexte qu'il était vassal de l'empereur, mais en réalité parce qu'il était ami de la France. Peu de temps après, les ministres autrichiens à Cologne firent arrêter et saisir aux portes de la ville les livrées et les fonds envoyés de France à nos plénipotentiaires. Ce double attentat au droit des gens décida Louis XIV à rappeler ses représentants d'une ville où de pareils actes pouvaient être

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