‹ Histoire de FranceChapitre 127 sur 192 · RÉVOLTE EN BRETAGNE · texte numérisé non relu

RÉVOLTE EN BRETAGNE

vigne , et les états avaient dû prouver la reconnaissance que leur inspirait un pareil bienfait par une contribution volontaire de deux million* six cent mille . livres, augmentée d'un don gratuit d'égale somme. Or, un an après , les mêmes édits furent rétablis. M. le duc de Chaulnes était alors gouverneur et M. de La va ni in lieutenant général en Bretagne. Le premier crut qu'il viendrait à bout de ce mouvement avec les forces dont il disposait habituellement; mais il n'en fut rien, et le peuple le repoussa chez lui à coup de pierres. Quelque temps après, * le 1 8 juillet, à midi , dit une relation contemporaine , certains particuliers inconnus entrèrent tumultuairementsous les voûtes du palais, enfoncèrent les portes des bureaux du papier timbré, emportèrent tout ce qu'il y avait de papiers,

.brisèrent les timbres Les habitants ayant pris les

armes et s étant promptement transportés sur la place du palais firent une décharge sur les tumultueux, l'un desquels tomba sur la place . » On vit alors que les ressources ordinaires ne suffiraient pas, et on fit marcher cinq mille hommes sur la province, précaution utile qu'avait déjà réclamée le lieutenant général.

surer que je les viens prendre sous ma protection , pourvu qu'ils se désarment et qu'ils se remettent dans leur devoir, et leur promets que je me rendray leur intercesseur auprès du roy. — Eh bien \ reprit le pelloustre, si cella est , donnez-nous un arrest du Parlement pour cela et nous serons contents ; à la charge aussy que vous nous obtiendrez une amnistie pour tout ce que nous venons de faire ; sans quoy nous vous déclarons que nous allons faire main-basse sur tout et que nous sommes résolus de périr plutost que de souffrir davantage. » M. le mareschal leur respoudit, ne voyant pas pouvoir mieux faire , qu'il s'en alloit de ce pas au Parlement pour leur faire donner la satisfaction qu'ils demandoient ; et de fait l'on fut au Parlement, où tout le peuple armé suivit, et Là Ton donna f arrest, etc. »

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« Les troupes , mandait M. de Lavardin à Colbert , seroient plus nécessaires dans la Basse-Bretaigne qu'au Mans. C'est un pays rude et farouche, qui produit des habitants qui lui ressemblent. Ils entendent médiocrement le françois et guère mieux la raison. A l'esgardde ce pays-là, il est à souhaitter que l'autorité y soit soutenue par des forces convenables (i).» Insistant à ce sujet dans une autre dépêche, M. de Lavardin disait de la Bretagne « que c'étoit un pays farouche , dur et rude , où les rayons du soleil n'arrivoient que dans un grand éloignement , et que cette extrémité du monde et du royaume avoit besoin de la justice du prince si elle ne se rendoit promptement digne de sa bonté. » M. de Lavardin ajoutait que trois choses lui semblaient devoir contribuer à l'affermissement de la tranquillité : le ctiangement du Parlement, dont un nouveau semestre allait entrer en service; l'approche de la récolte des blés, qui occuperait les paysans « en éloignant ces rustres des autres pensées où l'oisiveté et l'ivrognerie les jetoient; » enfin l'espoir que l'on fondait sur la réunion des états , où l'on trouverait peut-être quelques remèdes aux maux de la province , dont la misère était plus grande qu'on ne croyait, le commerce n allant point.

De son côté le duc de Chaulnes mandait à Colbert que le seul moyen de prévenir les soulèvements à Rennes était de ruiner entièrement les faubourgs. « Il est un peu violent, mais c'est l'unique, » disait le gouverneur. Dans la même lettre il attribuait tout le mal

(i) Bibliothèque impériale, Mss. 55 .

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