PLAN DE RÉSISTANCE DE FOUQUET
« Il faudroit, dit Fouquet dans la prévision de sa disgrâce, voir sous main tous ceux que l'alliance, l'amitié et la reconnoissance obligent d'être dans nos intérêts, pour s'en assurer, et les engager de plus en plus à savoir d'eux jusqu'où ils voudroient aller. »
11 ajoute : « Quand on auroit bien pris ses mesures, qu'il se fust passé environ ce temps de trois mois à obtenir de petits soulagements dans ma prison , le premier pas seroitde faire que M. le comte de Cbarrost allast à Calais, qu'il mist sa garnison en bon estât, qu'il fistréparer sa place et s'y tinst sans en partir pourquoy que ce fust. Si le marquis de Charrost n'estoit pointen quartier de sa charge de capitaine des gardes, il seretireroit aussi à Calais avec mousieur son père, et y mèneroit ma fille, laquelle il faudroit que Mme du Plessis- Bellière fist souvenir en cette occasion de toutes les obligations qu'elle m'a, de l'honneur qu'elle peut acquérir en tenant par ses caresses, par ses prières et par sa conduite, monsieur son beau-père et son mari dans mes intérests, sans qu'il entrasten aucun tempérament là-dessus.
« Si M. de Bar, qui est homme de grand mérite, qui a beaucoup d'honneur et de fidélité, qui a eu autrefois la même protection de nous, et qui m'a donné des paroles formelles de son amitié, vouloit aussi se tenir dans la citadelle d'Amiens, et y mettre un peu de monde extraordinaire et de munitions, sans rien faire néanmoins que de confirmer M. le comte de Charrost, de s'asseurer encore de ses amis et du cré-
et qu'il n'admette contre le surintendant.
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dit qu'il (i) a au Havre, et sur M. de Montdejeu, gouverneur d'Arras.
« Je ne double point que M"* du Plessis- Bel Hère n'obtinst de M. de Bar toutce que dessus, au moins pour l'extérieur, et à plus forte raison de M. le marquis de Créqui, que je souhaiterois de faire le mesme personnage et se tenir dans sa place. Je suis assuré que M. de Feuquières feroit de mesme au moindre mot qu'on lui en diroit.
« M. le marquis de Créqui pourroit faire souvenir M. Fabert des paroles formelles qu'il m'a données et à luy, parescrit (2), d'estre dans mes intérests ; et la marque qu'il faudroit lui en demander, s'il persistoit en cette volonté, seroit que luy et M. de Fabert escrivissent à Son Eminence en ma faveur fort pressant ment, pour obtenir ma liberté, qu'il promist d'estre ma caution de rien entreprendre, et, s'il ne pouvoit rien obtenir, qu'il insinuast que tous les gouverneurs cy-dessus nommez donneroient aussi leur parole pour moi. Et, en cas que M. Fabert ne voulust pas pousser l'affaire et s'engager si avant, M. le marquis de Créqui pourroit agir et faire des efforts en son nom, et de tous lesdits gouverneurs, par lettres et se tenans dans leurs places.
« Peut-estre M. d'Estrades ne refuseroit pas aussi une première tentative.
« Je n'ay point dit cy-dessus la première ebose de toutes par où il faudroit commencer, mais fort secret-
(1) M'a dit avoir sur M. de Be/lebrune, gouverneur de Hesdin. Mots effacés et remplaces par cettx qui suivent.
(1) Par écrit. Tou jours le même système pour s'assurer detgeoê.